CRITIQUE : Drôles de Dindes (Free Birds)


Mission Dindons

Critique du Film d'Animation

Après une brève digression vers le cinéma « live action » avec Jonah Hex, Jimmy Hayward, le papa de Horton, revient à l’animation avec Drôles de Dindes. À l’instar d’un film comme Les Cinq Légendes, le film de Hayward revisite une des coutumes les plus célèbres outre-Atlantique : Thanksgiving. Une tradition très connue en France même si nous ne la célébrons pas. Au départ, une fête chrétienne pendant laquelle on remerciait Dieu pour les bonheurs survenus durant l’année, elle est devenue laïque. Thanksgiving est indissociable de la fameuse dinde que l’on consomme lors de cette fête. C’est ainsi que Hayward décide de poser l’intrigue de Drôles de Dindes : deux dindons remontent le temps pour changer la tradition de Thanksgiving et sauvegarder la survie de leur espèce.

Drôles de Dindes amène un panel culturel franchement drôle permettant une succulente double lecture pour petits et grands.

Drôles de Dindes nous introduit deux dindons aux mœurs et au milieu diamétralement opposé : Reggie et Jake. L’un est pantouflard, gracié par le Président des États-Unis, il coule des jours heureux à regarder des sitcoms abrutissantes en mangeant des pizzas. L’autre est un soldat au QI d’huître qui ne rêve que de servir la cause de sa race. Duo de choc, doublé en original par Owen Wilson et Woody Harrelson, qui rappellera les meilleurs buddy movies du cinéma comme Mel Gibson et Danny Glover pour L’arme Fatale. D’ailleurs, référence culturelle oblige, on se délectera de quelques répliques cultes à l’image du soldat obligé de force à rattraper les dindons qui s’exclamera, dépité : « À deux semaines de la retraite… » ou encore une tribu indienne en face d'une armée de dindons où le chef des indiens s'écriera : « On dirait les Angry Birds ! » Drôles de Dindes amène un panel culturel franchement drôle permettant une succulente double lecture pour petits et grands. Avec une galerie de personnages extrêmement drôles, le film de Hayward s’impose comme une nouvelle référence de l’absurde animé depuis que Shrek a décidé de tirer sa révérence. Transposant ses héros en 1863, Drôles de Dindes démontre une valeur historique de très bel acabit, on se régale de constater l’évolution de l’humanité au travers la combativité des dindons. On se surprendra à rire de sujets sur lesquels il ne faudrait pas comme la famine, la ségrégation, l’anorexie, la cécité, la trisomie, la narcolepsie ou encore la maltraitance animale. Un pari osé qui trouvera grâce à nos yeux puisqu’il mettra en affront deux valeurs essentielles au bon développement de la pensée de nos enfants : la cervelle contre les muscles.

Le film de Hayward s’impose comme une nouvelle référence de l’absurde animé depuis que Shrek a décidé de tirer sa révérence.

Côté animation, le film est propre. Sorti des studios Reel FX Creative (qui ne comptaient jusqu’alors qu’un court-métrage de Kung-Fu Panda dans ses productions), on y sent une volonté de plaire au public amenant une animation et un absurde similaire à Shrek. Surfer sur les clés d’un succès interplanétaire pour se faire un nom est louable d’autant plus que Drôles de Dindes propose vraiment une trame scénaristique et des ressorts comiques peu conventionnels. L’ambiance dans les forêts rappellera, encore une fois, Shrek. La relation ambiguë entre Reggie et Jenny où l’un tentera de vaincre ses phobies pour conquérir le cœur de sa bien-aimée est à mettre directement en opposition avec Shrek tentant de retrouver Fiona dans le quatrième opus. La couleur bleue du fils hargneux du chef des dindons indigènes qui tente d’imposer sa supériorité pourra être vue comme un pastiche des Na’vi de chez James Cameron. Ce n'est d'ailleurs pas anodin si l'un des héros s'appelle Jake et que son parcours au sein de la tribu sera calamiteux jusque dans son final. Avatar au pays des dindons ? C'est possible et ça a été fait ! Comme cité plus haut, Drôles de Dindes propose une critique acerbe et drôle de la culture historique et artistique de tout un pays. Jimmy Hayward a parfaitement compris l’attente du public d’aujourd’hui envers ce genre d’histoire loufoque. N’ayez aucune crainte à devoir débourser une somme colossale pour inviter toute votre petite famille au cinéma (bon là c'est du DTV, mais vous comprenez l'idée) : Drôles de Dindes rentrera honorablement dans vos frais.

Drôles de Dindes offre une comédie animée absurde de haute volée. On ne s’était pas autant amusé devant un dessins-animés depuis l’avènement de Shrek en 2001. De bien beaux dindons, à consommer sans modération, farcis aux éclats de rire assurés.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails du Film d'Animation Drôles de Dindes (Free Birds)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film d'Animation Genre Dessins Animés
Version Direct To Video Durée 92 '
Sortie 02/01/2015 Reprise -
Réalisateur Jimmy Hayward Compositeur Dominic Lewis
Casting Woody harrelson - Owen Wilson - Keith David - Colm Meaney - Amy Poehler - George Takei
Synopsis Deux dindes de milieux opposés doivent faire équipe pour remonter le temps et changer le cours de l'histoire : enlever la dinde des menus pour de bon !

Par Anthony Verschueren