Critique La Vengeance de Lady Morgan

La Vengeance de Lady Morgan
Avec Lady Morgan, nous nous imprégnons de l’univers cinématographique gothique italien des années 60. Âge d’or de ce sous-genre fantastique immortaliser par Danse Macabre réalisé par Anthonio Margheriti avec Barbara Steele dans son son plus...

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Avec Lady Morgan, nous nous imprégnons de l’univers cinématographique gothique italien des années 60. Âge d’or de ce sous-genre fantastique immortaliser par Danse Macabre réalisé par Anthonio Margheriti avec Barbara Steele dans son plus célèbre rôle, La Vengeance de Lady Morgan arrive malheureusement en bout de course, en 1965 plus précisément, où les producteurs ayant bien épuisé le filon auront desséché toute aura charismatique de cet univers fantasmagorique.

Exhumé des tréfonds poussiéreux d’un placard, Artus Films remet dans la lumière ce petit film sans aucun budget, pierre angulaire du final pathétique du fantastique gothique italien. Bien plus concerné par la suite pour le Giallo ou le western spaghetti, Lady Morgan est le produit typique complètement bâclé, n’ayant jamais eu le plaisir de goûter aux salles de projection. Car le long-métrage de Massimo Pupillo n’est jamais sorti de sa salle de montage, juste éparpillé dans l’Europe par quelques VHS de bien mauvaise qualité. Loin d’être un navet en tout point, Lady Morgan est un film intéressant par l’essai de sauvetage du réalisateur qui, par son travail, arrondit les angles d’un produit formaté. Mis en image dans un noir et blanc léché, La Vengeance de Lady Morgan conte le destin de la jeune et jolie Susan, qui promise à Lord Harald Morgan, épouse Pierre, son amour de toujours. Peu de temps après, celui-ci meurt dans un tragique accident. Susan doit donc se marier avec Morgan. Elle vient vivre à son château, servie par des domestiques plus qu’inquiétants. Avec l’aide du Comte, ceux-ci harcèlent Susan, qui finit par se suicider. Morgan parvient alors à hériter de sa fortune, qu’il convoitait. Mais Lady Morgan revient d’entre les morts pour assouvir sa vengeance.

Le long-métrage de Massimo Pupillo est divisé en deux parties. La première durant presque 45 min établit le complot de Lord Morgan et ses acolytes pour faire chavirer Susan dans la folie. Renvoyant perpétuellement au Rebecca d’Alfred Hitchcock, le film se bâtit comme un thriller psychologique. Le long-métrage pour masquer tant bien mal le vide régnant dans ses décors, se concentre essentiellement sur ses personnages à la caractérisation forcée. Ainsi le Lord Morgan, interprété par Paul Muller, est un être fallacieux et avide de fortune, faisant tout pour atteindre son but machiavélique. Personnage central du film, l’acteur suisse envahit l’écran et par ce regard perfide, donnera plusieurs fois froid dans le dos. À ses côtés, le majordome interprété par le gigantesque Gordon Mitchel. De par son visage sculpter dans la pierre, il inquiétera et hantera ce château vide par une présence silencieuse et énigmatique. Aux côtés des hommes et dans le but d’endormir la naïve Susan, Erika Blanc se dévouera à être l’aguichante domestique, prenant source dans ses charmes pour tirer son épingle du jeu.

Barbara Nelli est cette jeune et fragile Susan. De ses joues rondes et son regard de poupée, elle prendra son envol dans la deuxième partie, à défaut, malgré elle, de sa carrière cinématographique tout entière. Le deuxième acte est des plus fantomatiques tirant dans l’excentricité d’effets spéciaux fort pertinents pour l’époque. Hantant les couloirs du château et le cimeterre brumeux environnant, Lady Morgan s’amusera dans un élan de rédemption à déchaîner les enfers. D’un minimalisme formel dû à la pauvreté du budget, l’essentiel est là, par des claquements de portes, départs de feu ou possession des corps. Certaines œuvres fantastiques des années 80 chères à Spielberg ou autres consorts italiens ne démordraient pas de certaines références plausibles. En dépit de la ruine du film, ces effets nourrissent le rythme d’un final épileptique, pris dans les tourments d’un montage sans queue ni tête, travailler dans le seul but de forcer la durée.

Mélancolique jusqu’au bout laissant peu de place à tout manichéisme, le film se conclura dans un flou totale, une image de ce château hanté indéfiniment par des êtres reflets d’une société devenant surconsommatrice, sorte de vampire avide de besoins et de richesse. Le seul petit message digne d’intérêt de ce film longtemps oublié, retrouvé et édité par cette fameuse bande d’Artus Films, dont le DVD est une véritable mine d’or en terme de bonus. À savourer, une interview de Paul Muller, très vieux monsieur revenant sur ses souvenirs de carrière à défaut du film en lui-même, et surtout une interview de Massimo Pupillo, que l’on pensait mort au début des années 80, et qui réapparait par miracle en 1996 lors d’une soirée à son honneur. 30 minutes d’entretien fabuleux datant de 18ans d’un artisan du cinéma aux souvenirs impérissables.

Informations

Détails du Film La Vengeance de Lady Morgan
Origine Italie Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Fantastique
Version Cinéma Durée 82 '
Sortie 16/12/1965 Reprise -
Réalisateur Massimo Pupillo Compositeur
Casting Erika Blanc - Paul Muller - Barbara Nelli - Gordon Mitchel
Synopsis Alors qu’elle est promise à Sir Harald Morgan (Paul Muller), la jeune et jolie Susan épouse Pierre, son amour de toujours. Peu de temps après, celui-ci meurt dans un tragique accident. Susan doit donc se marier avec Morgan. Elle vient vivre à son château, servie par des domestiques plus qu’inquiétants. Avec l’aide du Comte, ceux-ci harcèlent Susan, qui finit par se suicider. Morgan parvient alors à hériter de sa fortune, qu’il convoitait. Mais Lady Morgan revient d’entre les morts pour assouvir sa vengeance…

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