Critique Le Crocodile du Botswanga

Le Crocodile du Botswanga
Le Crocodile du Botswanga est un second film nettement mieux maîtrisé pour Fabrice Éboué et Lionel Steketee. L’humoriste ne décolère pas face à la société qui est la nôtre et entend bien exploser ses failles face à un ridicule des temps modernes...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Fabrice Éboué, Thomas Ngijol et Lionel Steketee reviennent en force juste après le succès, discutable, de Case Départ. Officiant une fois de plus aux postes de scénariste, réalisateur et acteur, Éboué continue d’apporter un humour noir et ravageur qui lui est propre dans cette nouvelle histoire empreinte de dictature, ségrégation et de crocodiles. On y suit les déboires d’un agent sportif scrupuleux qui décide de vendre son poulain à une équipe de football en Afrique, les crocodiles du Botswanga. Bien évidemment, les choses ne se passeront pas du tout comme prévu et le lieu singulier sera propice à diverses vannes grasses et délectables.

Le Crocodile du Botswanga est un condensé de ce que peut proposer Fabrice Éboué sur scène.

Le Crocodile du Botswanga est un condensé de ce que peut proposer Fabrice Éboué sur scène. Il sort grandit de l’expérience Case Départ qui avait énormément de séquences qui méritaient d’être mieux réfléchies. Ce second long métrage pour l’humoriste lui permet de s’amuser sans concession avec son camarade de jeu, Thomas Ngijol, qui est hilarant dans le rôle du dictateur Bobo Babimbi. Éboué crache sans détour sur la France actuelle tournant en dérision une République dictatoriale qui n’est pas si éloignée de la nôtre. On rira de bon cœur face à la colonie de crocodiles en possession du dictateur qui portent des noms singuliers qui parleront à tous ; voir un Africain nommer ses animaux aux dents pointues Jean-Marie ou Marine a sérieusement de quoi faire hurler de rire. Éboué lance dans le grand bain certaines humoristes contemporaines qui étonnent par leur autodérision. Claudia Tagbo est délectable en épouse "tortionnairement soumise". Mentionnons aussi le caméo d’Amelle Chahbi en prostitué brésilienne qui permet au film de s’ouvrir sous les meilleurs auspices. Eboué a toujours eu un humour noir qui ne prend aucune pincette pour cogner sur n’importe qui et n’importe quoi. Le Crocodile du Botswanga tape sur le nazisme (on ne se remet toujours pas du radio réveil Hitler-Chat), le racisme, la misogynie, le SIDA, la France bourgeoise et colonialiste, les classes militaires, les safaris…et s’étend par-delà un panel culturel et musical commun où le président du Botswanga est un fan absolu de Jacques Brel et Henri Salvadore. Le film tourne en ridicule une époque malheureusement bien réelle, le constat est savoureusement drôle (avec en exemple type : la rose Mitterrand qui devient une brosse à toilette), mais fait peur également. « Pour des raisons de nuisances sonores, je vous demande de couper la musique…mais la fête continue ! Démocratie ! » reste probablement la meilleure réplique du film pouvant appuyer les propos d’Éboué constatant le monde contradictoire dans lequel on vit.

Le Crocodile du Botswanga est un second film nettement mieux maîtrisé.

Vu la présence quasi constante de Fabrice Éboué à l’écran, il faut tout de même attribuer une solide direction à Lionel Steketee. Artisan dans l’ombre d'Éboué, il signe une réalisation efficace, rythmée et ose des plans atypiques par moment. Elle s’appuie sur une bande-son constamment présente qui souligne un effet absurde de très bel acabit. Préparez-vous à rire aux larmes, l’hymne national du Botswanga n’est autre que la célèbre chanson paillarde : Un Dimanche Matin. Un bien beau paysage donc qu’on reprochera, tout de même, de ne pas tenir la distance sur son intégralité. Le Crocodile du Botswanga souffre du même problème, à une échelle moindre, rencontré sur Case Départ : il s’essouffle pendant une bonne vingtaine de minutes. L’humour absurde qui fait les armes du film ressent inévitablement le besoin de recharger ses batteries pour nous offrir un final grandiloquent, pour ne pas dire grand-guignolesque, à l’image de son ouverture charismatique. Seulement, et c’est là où il se différencie nettement avec Case Départ, ces quelques minutes de flottement ne nous font pas décrocher de l’œuvre pour autant. Les personnages sont suffisamment intéressants pour qu’on daigne accepter de les suivre sans pour autant qu’ils nous fassent rire aux larmes.

Le Crocodile du Botswanga est un second film nettement mieux maîtrisé pour Fabrice Éboué et Lionel Steketee. L’humoriste ne décolère pas face à la société qui est la nôtre et entend bien exploser ses failles face à un ridicule des temps modernes qu’on valide entièrement.

Informations

Détails du Film Le Crocodile du Botswanga
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 88 '
Sortie 19/02/2014 Reprise -
Réalisateur Fabrice Eboué - Lionel Steketee Compositeur Guillaume Roussel
Casting Fabrice Eboué - Eriq Ebouaney - Thomas Ngijol - Claudia Tagbo - Ibrahim Koma - Franck De La Personne
Synopsis Leslie Konda, jeune footballeur français talentueux, repéré à son adolescence par Didier, un agent de faible envergure qui a su le prendre sous sa coupe, vient de signer son premier contrat d’attaquant dans un grand club espagnol. Dans le même temps, sa notoriété grandissante et ses origines du Botswanga, petit état pauvre d’Afrique centrale, lui valent une invitation par le Président de la République en personne : Bobo Babimbi, un passionné de football, fraîchement installé au pouvoir après un coup d’état militaire. Leslie se rend donc pour la première fois dans le pays de ses ancêtres accompagné par Didier pour être décoré par le Président Bobo qui s’avère rapidement, malgré ses grands discours humanistes, être un dictateur mégalomane et paranoïaque sous l’influence néfaste de son épouse. À peine ont-ils débarqué que Bobo conclut un deal crapuleux avec Didier : faire pression sur son joueur afin que celui-ci joue pour l’équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga.

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