Critique The Thing

The Thing (1982)
The Thing permet à John Carpenter de distiller tout son savoir-faire dans un film mêlant science-fiction, angoisse, peur, horreur et huis clos. Véritable machine huilée pour Big John, la paranoïa ambiante qui habitera les personnages ne quittera...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

À peine sorti du coup de poing fulgurant que fut New York 1997, John Carpenter enchaînait avec son projet The Thing. Inspiré de la nouvelle La Bête d’un Autre Monde de John W. Campbell et remake du film La Chose d’un Autre Monde de Christian Nyby, Big John signe en 1982 ce qui deviendra par la suite l’adaptation la plus fidèle de l’œuvre de Campbell. Très fortement marqué par ce récit dès son plus jeune âge, Carpenter prit soin de bien soigner son bébé en amont en décidant notamment de confier l’écriture du scénario à Bill Lancaster (fils de l’immense Burt). The Thing signe la seconde collaboration entre Kurt Russell et John Carpenter. L’action prend place dans une base américaine au cœur de l’Antarctique où les réfugiés vont tomber sur une entité extraterrestre métamorphe bien décidée à décimer tout être vivant croisant son chemin.

Film culte, chef-d’œuvre de science-fiction flirtant avec le survival horrifique, The Thing a acquis un statut d’œuvre culte lors de sa sortie vidéo l’imposant encore aujourd’hui comme un des incontournables de la filmographie de Big John. Pourtant, les chiffres de box-office étaient loin d’être reluisants en 1982 avec à peine plus de 500 000 entrées en France et rapportant seulement un peu plus de 19 millions de dollars en Amérique du Nord pour un budget de 15 millions. L’année suivante il est même nommé aux Razzie Awards pour la pire bande originale signée de la main du maître Ennio Morricone. The Thing est d’ailleurs l’un des rares films où Carpenter n’a pas composé la musique. On y retrouve quelques sons additionnels qu’il a rajoutés pour les besoins de l’œuvre, mais l’ensemble des gros morceaux on les doit à Morricone. Il y livre des compositions angoissantes, bien loin de l’étiquette de western qui lui sied, par ailleurs, très bien, offrant une dimension claustrophobe totale au film. Il faut dire que Carpenter joue énormément sur les contrastes qui subsistent entre les interminables étendues de neiges extérieures avec le petit cocon de la station. Ce sentiment d’insécurité qui règne n’offrant aucune échappatoire aux personnages quel que soit le lieu où ils se trouvent démontre tout le talent de Carpenter à savoir créer des atmosphères intelligemment réfléchies d’autant plus que presque tout le film fut tourné en studio. Il faut dire que nous sommes en pleine époque où notre enfant terrible de Carthage est en pleine expansion de son art. Toujours désireux de garder une étiquette fortement indépendante au sein de ses œuvres, John Carpenter possède cette aura incroyable de savoir rallier un public large à sa cause.

Film culte, chef-d’œuvre de science-fiction flirtant avec le survival horrifique, The Thing a acquis un statut d’œuvre culte lors de sa sortie vidéo l’imposant encore aujourd’hui comme un des incontournables de la filmographie de Big John.

The Thing envoie un Kurt Russell beaucoup moins expansif et excentrique que son personnage de Snake Plissken l’année précédente pour Escape From New York démontrant une palette solide confirmant que c’est un acteur de talent sur lequel on peut compter. A noter que les acteurs Nick Nolte et Jeff Bridges ont tous deux refusé le rôle de Mac Ready tenu par Russell. Au-delà du casting qui fait parfaitement l’affaire, la star du film reste cette créature extraterrestre. N’ayant jamais de visage à proprement parlé puisqu’elle se métamorphose en prenant l’apparence de ses victimes, on lui doit tout de même une magnifique identité signée Rob Bottin. L’excellent créateur des effets spéciaux de Hurlements offre à Carpenter des scènes d’anthologies offrant des fusions de corps à se tordre dans son canapé et qui se sont bonifiées avec le temps leur permettant de ne pas être ridicules aujourd’hui. Les effets spéciaux sont calibrés et dirigés d’une main de maître mettant minable beaucoup de film de genre actuel transpirant l’artifice informatique (le CGI aura la peau de nos fabuleux artisans du cinéma). Plus qu’un simple film de SF et d’épouvante, The Thing s’est ancré dans une culture populaire où des hommages et autres références lui sont régulièrement faits. On pourra notamment citer The Faculty de Robert Rodriguez qui détourne, à sa manière, la fameuse scène du test des échantillons de sang. South Park qui s’inspirera également de la même scène culte pour connaître lequel des enfants a infecté les autres de poux. Ou bien encore X-Files qui consacrera un épisode entier intitulé Projet Arctique qui ramènera plusieurs éléments similaires au film.

The Thing permet à John Carpenter de distiller tout son savoir-faire dans un film mêlant science-fiction, angoisse, peur, horreur et huis clos. Véritable machine huilée pour Big John, la paranoïa ambiante qui habitera les personnages ne quittera jamais la pellicule jusque dans son final qui fait encore débat aujourd’hui. Un film d’horreur extrêmement efficace témoin d’une époque quasiment révolue où nos artisans du fantastique savaient encore nous pondre de vraies pépites.

Informations

Détails du Film The Thing
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 104 '
Sortie 06/11/1982 Reprise -
Réalisateur John Carpenter Compositeur Ennio Morricone
Casting Kurt Russell - Keith David - T.K. Carter - Wilford Brimley - David Clennon
Synopsis En plein cœur de l’Antarctique, une équipe de scientifiques découvre une créature gelée. Ramené à la vie, le monstre prend l'apparence de toutes formes organiques et décime un à un les membres de l'expédition.

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