Critique The Sacrament

The Sacrament
The Sacrament de Ti West est un thriller d’une intensité rare qu’on ne peut qu’approuver. C’est un film coup de poing qui sait taper là où ça fait le plus mal sans aucune concession. Très soft dans son visuel, son impact psychologique est...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Depuis la consécration, à tort, de The House of the Devil en 2009, Ti West est devenu une sorte d’icône montante du cinéma horrifique indépendant. Après le soporifique The Innkeepers et malgré ses participations foirées aux projets The ABC’s of Death et V/H/S, l’engouement de la presse et des réalisateurs ne cessait de grandir assurant tenir un nouveau génie de l’horreur. Le style fortement 70’s et 80’s du réalisateur n’est pas désagréable, ses jaquettes et synopsis envoient sans cesse du rêve mais le constat restait toujours le même : ses films sont creux, vide, plat et sans intérêt artistique. Pour ce qui est de filmer du néant, pour sûr que Ti West rapporterait moult récompenses. Le seul métrage à avoir réussi à susciter notre intérêt restait Cabin Fever 2. Pur produit gore façonné par la série Z sauce Troma, il avait donné un nouveau sens à l’absurde du premier épisode signé Eli Roth. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si l’on retrouve Roth à la production de son dernier métrage, The Sacrament, qui fait un parcours remarquable et remarqué dans les tous les festivals dans lesquels il pointe le bout de son nez depuis fin 2013. Fait avéré ou avis encore complètement faussé ?

The Sacrament nous a définitivement réconciliés avec Ti West.

The Sacrament nous a définitivement réconciliés avec Ti West. Comme d’habitude, il prend tout son temps pour étaler son intrigue mais c’est bien la première fois que cette méthode sert parfaitement son histoire. On y suit un jeune homme qui part en expédition vers une destination inconnue afin de retrouver sa sœur, ex-junkie, désormais membre d’une communauté religieuse et qui vit recluse de toute civilisation. Il se fait accompagner de deux journalistes qui y voient l’occasion d’obtenir le scoop du siècle pour leur émission. Ils vont vite se rendre compte que si tout paraît rose de prime abord, le patron de la communauté (appelé Père) régit, en réalité, un pouvoir malsain sur ses disciples. The Sacrament s’inspire librement du massacre de Jonestown survenu en 1978 par la secte « le Temple du Peuple » qui avait vu la mort de 908 personnes, dont plus de 300 enfants, soit par ingestion de cyanure soit par assassinat. L’événement a défrayé la chronique et est devenu le suicide collectif le plus important de l’histoire. À l’époque, un journaliste, Leo Ryan, était sur place avec un groupe de reporters afin d’éclairer certaines plaintes qui lui étaient parvenues concernant la communauté. Il périt sur place lors du massacre. Ti West cherchera à retranscrire le sentiment de malaise et d’insécurité qu’ont vécus Ryan et son équipe à l’époque. Le film réussit parfaitement son pari. L’immersion au sein de la secte est totale. Le style found footage prend tout son sens ici. Le procédé est géré intelligemment et est porté dans un état de grâce ahurissant : on oublie qu’on est devant une fiction. On retrouve une part de réalisme qui subsistait dans le Cannibal Holocasut de Deodato, d’ailleurs, les lieux et la population craintive y feront plus que penser.

Le casting est vraiment bon mais est complètement balayé par l’aura incommensurable de Gene Jones.

Le casting est vraiment bon mais est complètement balayé par l’aura incommensurable de Gene Jones qui campe le gourou de la secte. On se sent endoctriné, on boit ses paroles sans broncher et on tremble devant un tel machiavélisme. La performance de Jones est sidérante de cruauté. Il fait froid dans le dos sans même se donner la peine de lever un sourcil. Aucun doute qu’il s’est fortement inspiré des discours de Jim Jones (le pasteur instigateur du massacre de Jonestown) qui envoyait sans cesse à sa communauté des messages via des haut-parleurs. D’ailleurs, le FBI avait produit un enregistrement à l’époque intitulé Death Tape dans lequel on pouvait entendre le dernier discours du gourou qui disait : « Ne soyez pas effrayés de mourir, la mort est une amie ». L’apparition de deux clans en fin de récit, les propasteurs et les projournalistes, amène un phénomène d’hystérie collective où empoisonnement sera rythmé par des coups de fusil : la mort devient inévitable, seul le choix de comment l'accueillir se pose.  Le sentiment d’insécurité allié à l’idée de l’éradication totale du clan joue parfaitement sur le suspense et la peur que The Sacrament distille limpidement. S’il n’est pas un film d’horreur au sens étymologique du terme, la force de la tension psychologique qui s’en dégage laissera un impact indélébile dans notre mémoire. Le mal-être ressenti en fin de métrage ira de votre capacité à savoir soutenir des images abruptes, crues et chocs…en particulier pour ce qu’il sera de la violence infligée aux enfants ; on vous aura prévenu !

The Sacrament fait définitivement remonter Ti West en flèche dans notre estime. C’est un film coup de poing qui sait taper là où ça fait le plus mal sans aucune concession. Très soft dans son visuel, son impact psychologique est suffisamment puissant pour marquer pendant un long moment. Jamais les mots n’auront autant effrayé au cinéma ces dernières années. The Sacrament est un thriller d’une intensité rare qu’on ne peut qu’approuver.

Informations

Détails du Film The Sacrament
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur
Version Cinéma Durée 99 '
Sortie 11/10/2014 Reprise -
Réalisateur Ti West Compositeur Tyler Bates
Casting AJ Bowen - Joe Swanberg - Kentucker Audley - Amy Seimetz - Gene Jones
Synopsis Deux journalistes suivent un de leurs amis à la recherche de sa sœur disparue. Quittant les États-Unis pour une destination tenue secrète, ils arrivent finalement à Eden Parish, une communauté religieuse où quelque deux cents âmes partagent l’idéal d’un mode de vie autonome, fondé sur le partage des biens et porté par un chef charismatique que ses fidèles appellent "Père". Mais des zones d’ombre dans ce prétendu petit paradis vont bientôt être découvertes par les nouveaux arrivants.

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