Critique L'emprise du Mal (La Senda)

L'emprise du Mal
L’Emprise du Mal de Miguel Angel Toledo est un premier film raté. Les ambiances visuelles et sonores sont présentes, c’est certain, mais le vide abyssal qui peuple l’univers du film aura raison d’un engouement qui ne viendra jamais. Échec et...

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Présenté cette année au Festival du Film Fantastique de Gérardmer, l’Emprise du Mal est le premier film écrit et réalisé par Miguel Angel Toledo. Choisissant de poser son intrigue en huis clos, il raconte l’ultime tentative d’un père de famille venu s’isoler avec sa femme et son fils dans un village de montagne pendant les fêtes de Noël afin de renouer des liens forts qui ne subsistent plus. Seulement, un des voisins s’immiscera dans leur vie au point de changer le comportement du garçon et de rendre le père paranoïaque soupçonnant sa femme de le tromper avec.

L’emprise du néant aurait été un titre plus juste pour ce film.

L’emprise du néant aurait été un titre plus juste pour ce film. Toledo croit bon de filmer des scènes de vie totalement insignifiantes afin d’y construire un semblant d’intrigue. On y sent une forte influence du Shining de Stanley Kubrick (le climat enneigé, l’isolation de la famille, le père de famille qui perd la tête…) même si on est bien loin de la virtuosité du maître susmentionné. Gustavo Salmeron tente tout ce qu’il peut afin d’élever ce père de famille vers une prestation digne mais c’est peine perdue face au répondant inexistant du reste du casting en face. On comprend les névroses qui l’habitent notamment le fait qu’il soit à cran pour avoir arrêté de fumer. Le film est tellement risible qu’on croirait voir une très mauvaise pub d’une campagne anti-tabac. On assiste, ahuri, à sa lutte contre son envie de cloper (qu’on s’est donné à cœur joie de compenser). Pour s'aider à ne pas penser aux joies de la cigarette, il voue une passion sans faille pour les jeux d’échecs. Il n’y a pas plus belle métaphore pour résumer le ressenti qui se dégage de l’Emprise du Mal : c’est aussi chiant que de regarder deux joueurs réfléchir pendant des plombes devant un échiquier. C’est franchement dommage parce que nous restons persuadés qu’il y avait quelque chose d’infiniment intéressant à creuser de ce côté-là. On se surprend à pouffer de rire devant autant de scènes fastidieuses. Filmer le quotidien ordinaire d’une famille banale n’a rien de palpitant ni de cinématographique. On pourrait mettre ceci sur le dos d’une première réalisation où on peine à faire des compromis scénaristiques dans l’excitation générale qu’engendre la concrétisation de sa première œuvre. Seulement, le cinéma ne date pas d’hier et chacun a largement eu le temps de s’armer en se parfaisant une culture cinématographique qui lui est propre. Une telle faute de débutant ne devrait plus être tolérée aujourd’hui. Échec !

Une telle faute de débutant ne devrait plus être tolérée aujourd’hui.

Il faut tout de même souligner un travail visuel propre, net, recherché et sobre qui aurait pu coller parfaitement à une ambiance angoissante qui n’arrivera jamais. Les filtres bleus sont largement mis à l’honneur s’accentuant petit à petit montrant la faiblesse du monde entourant cette famille qui menace, puis confirme son écroulement. La recherche sur la bande-son est méticuleuse avec l’accentuation des basses superposée à des effets de craquements irritants qui ajoute une ambiance qui fait frissonner. Si l’essai est concluant à plusieurs reprises, il se sabote tout seul et devient véritablement lassant au fur et à mesure que le film avance. En définitive, l’emprise du mal dont souffre le père s’abattra sur le spectateur lui offrant de très belles envies de meurtres. On en vient à supplier le film qu’il s’arrête vite. Pour un film estampillé horreur, il n’a d’horrifique qu’une seule séquence en définitive, et elle ne plaira sûrement pas aux partisans de Brigitte Bardot. D’ailleurs, cette fameuse scène impliquant un animal aurait pu être l’élément déclencheur d’un changement de rythme radical qui aurait pu justifier la trop longue entrée en matière du film pour enfin offrir son lot d’horreur. Il n’en restera rien qu’un mec qui succombe à la tentation…de refumer ! Oui, oui c’est aussi désopilant que cela, et encore, on ne vous a pas dévoilé le fin mot de l’histoire qui frôle le ridicule tellement c’est le genre de climax surfait, vu et revu des dizaines et des dizaines de fois. C’est aussi sans compter sur les dialogues. Ils sont assommants de banalité. On a l’impression d’assister à la concrétisation de la parodie des Inconnus lorsqu’ils se moquaient du cinéma français. Mat !

L’Emprise du Mal est un premier film raté. Les ambiances visuelles et sonores sont présentes, c’est certain, mais le vide abyssal qui peuple l’univers du film aura raison d’un engouement qui ne viendra jamais. Échec et mat !

Informations

Détails du Film L'emprise du Mal (La Senda)
Origine Espagne Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur
Version Direct To Video Durée 90 '
Sortie 07/05/2014 Reprise -
Réalisateur Miguel Angel Toledo Compositeur Josep Vicent
Casting Gustavo Salmeron - Irene Visedo - Ricardo Trénor - Ariel Castro - Joan Prades - Raquel Escribano
Synopsis Dans une tentative désespérée pour sauver son mariage, Raúl emmène sa femme Ana et son fils Nico fêter Noël dans un chalet isolé au cœur des montagnes. Mais rapidement Samuel, un habitant du village voisin, s'immisce dans leur vie et se rapproche de plus en plus d'Ana et Nico. Un trouble s'empare de Raúl et des phénomènes étranges se succèdent, transformant ce havre de paix en véritable cauchemar.

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