Critique The Raid 2 (The Raid: Berandal)

The Raid 2
Un film total, et n'ayons pas peur des mots, le meilleur film d'action de toute l'histoire du cinéma.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

L'été 2011 résonne encore sous le doux son des membres craquants, des coups de tatanes frappant les tronches de trafiquants de drogues prêts à tout pour survivre. Malgré eux, le loup était lâché dans cet immeuble charismatique dont au sommet sommeillait l'ogre que le SWAT était venu chercher. De cet escadron, il ne restera qu'un seul homme : Rama.

En sale état après des combats acharnés à chaque niveau, ce jeune héros sortait grand vainqueur d'une escalade de violence peu vue de tel au cinéma. 2 ans après Merantau, film d'entraînement pour Gareth Evans avec Iko Uwais en tête d'affiche, The Raid met en lumière l'art martial majeur indonésien : le Pencat Silhat.

The Raid est un film démonstratif parfait pour cet art méconnu. Jouissif de par son contenu et la teneur brute et violente des combats du film, le long-métrage de Gareth Evans prend une dimension inattendue et s’élève dans les cieux d'un cinéma débridé et jusqu'au boutiste. De ce succès tonitruant, une suite était presque inévitable.

3 ans après, cette suite prend corps dans un ancien scénario d'Evans écrit juste après Merantau. Intitulé Berandal et trop couteux à l'époque, le scénario après quelques réajustements peut véritablement prendre forme grâce au succès du premier opus.

Le meilleur film d'action de toute l'histoire du cinéma.

The Raid 2 est la suite directe des aventures de l'opus 1. Après les combats sans merci pour s'extirper tant bien que mal de l'immeuble, Rama pense retrouver une vie normale auprès de sa femme et son jeune fils. Mais de suite on lui impose de continuer sa mission en infiltrant le syndicat du crime composé de la mafia indonésienne et de Yakuzas. Sous l'identité de Yuda, il est jeté en prison pendant 3 ans afin d'y gagner la confiance d'Uco, le fils du magnat du crime indonésien. Il pénètre alors un monde de crimes, en guerre constante où sa vie est remise en perpétuelle question.

De cette ébauche scénaristique prend forme une œuvre ample, complète et jouissive. Dans The Raid 2, il n'est plus question pour Gareth Evans de faire étalage de la magnificence du Pencat Silhat. La question qui se pose pour le réalisateur est de réussir un long-métrage à part entière entre histoire, personnages et émotion. Pour un quelconque film d'action, tout se repose sur le fait d'étaler de gros muscles, des flingues et des coups brutaux. La résultante primaire des belles années du cinéma 80's américain ou celui de Hong Kong des 90's. Les années 2000 sera sans nul doute celui de l'Indonésie avec comme figure de proue, Gareth Evans, sorte de John Woo gallois.

L'homme est un virtuose, un génie de la caméra mettant en scène des ballets de violence crue. Détestant le sur-découpage, il suit avec sa caméra les artistes mis à son service pour des scènes d'actions grandioses. La preuve en est de cette dernière séquence d'émeute dans la grande cour de la prison, à ciel ouvert, sous un torrent d'eau et dans la boue, plus d'une centaine de détenus et une cinquantaine de gardiens se combattent et se massacrent dans un combat chaotique ponctué d'un plan-séquence dantesque de plusieurs minutes.

Le spectateur est soufflé par 2 h 28 d'intensité rarement vécue comme cela au cinéma.

Point d'orgue d'une introduction habile, mais loin d'être parfaite (trucages trop visibles dans la séquence des toilettes), Evans ne se décourage pas et chemine son film vers une démesure salvatrice. Dans sa deuxième partie, The Raid 2 prend toute sa grandeur installant finalement tous ses enjeux. L'art martial indonésien ne sera ici qu'un simple gadget, le jouet aguichant de spectateurs pris dans les tourments d'une fresque mafieuse ambitieuse et bien menée. À travers ce nouveau film, Gareth Evans prouve sa maturation en tant que metteur en scène. Une histoire aboutie agrémentée d'une folie dans ces combats conclusifs. The Raid 2 pourrait être la résultante d'une collaboration entre Nicolas Winding Refn dans le style et l'ambiance froide et ambigüe de Quentin Tarantino dans cette folie assumée d'un divertissement d'exploitation pour tout grand fan de films de genres. Certaines séquences sont là pour le prouver comme celle dans la maison close où pendant qu'une prostituée viole un homme avec un godemichet de plus de 50 cm en arrière-plan, une tension se met en place dans un conflit de mauvais payants et de prises de territoire. Il en découle alors un massacre conclu par un plan vertigineux où la caméra suit le mauvais payeur passé par une fenêtre, fait une pirouette pour se remettre debout. Elle suit ensuite le mouvement, avant de se retourner brusquement pour montrer Uwais en train de sauter à son tour par la fenêtre. Gros plans sur ses pieds puis le suit au corps pour le combat final de la scène.

On reste scotché, perpétuellement accroché à notre fauteuil. Pire, Gareth Evans arrive constamment à nous surprendre par de nouvelles trouvailles. Renvoyant directement aux modèles du genre (French Connection, Bullitt, Ronin), Gareth Evans, pour sa première course poursuite de sa carrière, signe un exemple du genre en conjuguant scène de combat et l'impact des voitures. Les corps se déchirent, s'éjectent à travers les pare-brises, les têtes se fracassent sur la route ou se font écrasés.

Jamais une œuvre n'aura été jusqu'au boutiste dans le traitement de son action.

Mieux encore, le metteur en scène gallois arrive à intégrer des personnages secondaires en plein milieu du film et en faire des icônes charismatiques : Hammer Girl et l'homme à la batte de base-ball. Excentrique dans leurs démarches, ils électrisent la dernière partie du film en deux séquences virevoltantes. La première, celle du métro où l'adepte du marteau arrache les mâchoires, plante ses objets dans le crâne ou éjecte les colonnes vertébrales des corps frappés. Dans la lignée de Old Boy ou Snowpiercer, cette séquence est déjà culte. Puis vient son compagnon, véritable professionnel de la batte. La maniant à la perfection, il loge avec son aide des balles droites dans la tête de ses cibles, un véritable sniper sportif.

Le tout se conclura dans une dernière grande séquence de couloir où comme dans toutes bonnes séquences de jeux vidéo, ils seront les avant-derniers boss de Rama dans sa quête de justice. Car Gareth Evans, en bon meneur d'images, garde malgré tout le meilleur pour la fin. Dans une cuisine blanchâtre, Rama va offrir son dernier combat. D'une durée approximative de 10 min, Evans met en scène un combat fluide, âpre et violent. D'apparence classique, ce combat prend à la gorge. Tout au long de son orchestration, il fait remonter toutes les péripéties, toute la violence subie par Rama depuis le premier film. L'empathie prend le dessus, chaque coup pris ou mis prenant une dimension émotionnelle intense. La notion de survie prend forme autour du corps malmené de Rama, et l'on vit chaque instant avec lui. Les yeux se mouillent à la vision de cet homme essayant tant bien que mal de survivre dans l'espoir de revoir sa femme et son fils qu'il n'a finalement jamais/peu vu.

The Raid 2 se conclut à son paroxysme. Rama est abattu de fatigue, le spectateur est soufflé par 2 h 28 d'intensité rarement vécue comme cela au cinéma. Jamais une œuvre n'aura été jusqu'au boutiste dans le traitement de son action en parallèle du développement de son intrigue. The Raid 2 se déclare alors être un film total, et n'ayons pas peur des mots, le meilleur film d'action de toute l'histoire du cinéma.

Informations

Détails du Film The Raid 2 (The Raid: Berandal)
Origine Indonésie Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Action - Arts Martiaux
Version Cinéma Durée 148 '
Sortie 23/07/2014 Reprise -
Réalisateur Gareth Evans Compositeur Joseph Trapanese - Aria Prayogi - Fajar Yuskemal Tamin
Casting Iko Uwais - Yayan Ruhian - Arifin Putra - Oka Antara - Julie Estelle - Very Tri Yulisman - Donny Alamsyah - Tio Pakusodewo
Synopsis Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils… Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d’Uco, le fils d’un magnat du crime indonésien – son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.

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