CRITIQUE : Seven (Se7en)


Seven

Critique du Film

En 1995, David Fincher allait transformer l’essai avec son second long métrage juste après le très sous-estimé Alien 3. Seven a non seulement redoré le blason du genre thriller, mais a surtout fait exploser aux yeux du monde le génie créatif du réalisateur des futurs Fight Club, Panic Room ou encore Zodiac. Seven est à l’origine des collaborations dans le genre De Niro / Scorsese qu’on adore voir au cinéma. Il faut bien avouer que le duo Pitt / Fincher fonctionne à merveille. Choisissant de suivre les frasques d’un tueur en série qui s’inspire des sept péchés capitaux pour assouvir ses pulsions meurtrières, c’est aussi sur la même thématique que nous construirons notre critique.

Seven peut se targuer d’être orgueilleux. Il ne possède que des atouts inéluctables.

Seven peut se targuer d’être orgueilleux. Il ne possède que des atouts inéluctables. Une image d’enfer, un casting de choix, une bande-son audacieuse et, surtout, une réalisation ainsi qu’un montage parfait. Fincher étanche sa soif de conquête du grand Hollywood en proposant un film au fond purement indépendant réalisé dans un style très grand public. À l’instar de Tarantino l’année d’avant avec le succès de Pulp Fiction, Fincher a vite compris qu’un blockbuster n’est pas foncièrement la bonne forme pour attirer les bonnes grâces des spectateurs. Il le confirmera par la suite, ses films suivants ont quasiment tous été des succès alors qu’ils proposent tous un ton assez intimiste et indépendant, mais fonctionnent grâce à la maîtrise sans faille d’une réalisation toujours soignée.

Seven est une vraie claque visuelle, une très belle leçon de cinéma, une pâtisserie qu’on se délecte de déguster encore et encore. Question gourmandise, il atteint des sommets. Comme une recette originale, il a engendré pas mal de fils bâtards. On a essayé de copier la recette sans jamais arriver aux saveurs de l’original : Le Collectionneur, Résurrection… Sans pour autant nier les qualités évidentes des films susmentionnés, Seven reste une vraie référence chez nos cinéphiles adeptes de thriller modernes. Il a complètement déstructuré la manière de raconter ce type de récit, il a bouleversé les codes du genre pour mieux s’implanter telle une sangsue qu’on n’arrivera jamais à décoller. Ce qui nous amène à la luxure.

Tenter de procréer avec un DVD ou un Blu-Ray c’est avoir de sérieux problèmes psychiatriques, non, mais !

On vous sent en colère du manque de détail sur la luxure, bande de vicieux ! Ce qu’il y a surtout d’énervant avec Seven, c’est qu’on a beau avoir vu le film des dizaines de fois, on n’y trouve aucun défaut…enfin si, quelques-uns, mais ce serait vraiment cracher dans la soupe. Peu de réalisateurs peuvent dire qu’ils ont réussi à côtoyer le summum de leur art dès leurs premières œuvres. Malheureusement, la barre placée tellement haut dès le départ ne peut que dégringoler. Le reste de la carrière, même si elle est exemplaire, de Fincher est loin de valoir la perfection de Seven, exception faite de Fight Club peut-être. Celui qui a vraiment dû être en colère c’est Jonathan Demme, Seven a sérieusement fait de l’ombre à son Silence des Agneaux !

Seven est une vraie claque visuelle, une très belle leçon de cinéma, une pâtisserie qu’on se délecte de déguster encore et encore.

Qui n’a pas envié un duo de choc aussi fusionnel que Morgan Freeman et Brad Pitt ? Il faut reconnaître que les deux acteurs témoignent d’une relation père / fils à couper le souffle. Toute la maturité et l’expérience de Morgan Freeman déteignent sur le novice (à l’époque) Brad Pitt qui ne peut qu’inspirer un profond respect. Morgan Freeman est vraiment un caméléon du cinéma, capable de se plonger dans n’importe quel rôle. Mentionnons aussi Kevin Spacey pour qui folie n’aura jamais aussi bien collé à son rôle. Nous n’avons pas un duo, mais bel et bien un trio gagnant à en faire saliver n’importe quel directeur de casting. A l’image de la fameuse réplique : « Quand vous voulez que les gens vous écoutent, on ne peut pas se contenter de vous taper sur l’épaule, il faut y aller à coups de marteau. C’est seulement comme ça que vous retiendrez leur attention. », Seven est un sérieux coup de poing assigné sans concession dont ne sort pas indemne.

Concernant l’avarice, Seven en est tout le contraire. Il offre l’opportunité à tout le monde tant devant que derrière la caméra ainsi qu’aux personnes devant l’écran d’assister à l’écriture d’une très belle page dans l’histoire du cinéma. Oui, nous ne sommes pas avares de compliments concernant le chef d’œuvre de Fincher et il faut bien l’avouer, ses multiples rediffusions et sa superbe édition blu-ray agissent comme un aimant sur quiconque croisant son chemin.

Pour ce qui est de la paresse, on en reparle juste après la sieste…

Seven permet à David Fincher de se faire un nom inoubliable. Il offre à Morgan Freeman l'occasion de continuer à confirmer qu’il est un acteur talentueux. Il donne à Brad Pitt l’opportunité d’aller à contre-courant du rôle de l’éternel beau gosse qu’il lui était habituellement attribué et surtout de démontrer qu’il peut être un acteur hors pair sous couvert d’une bonne direction. Seven est un film culte, un vrai monument du cinéma.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Informations

Détails du Film Seven (Se7en)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller
Version Cinéma Durée 127 '
Sortie 31/01/1996 Reprise -
Réalisateur David Fincher Compositeur Howard Shore
Casting Brad Pitt - Morgan Freeman - Gwyneth Paltrow - Kevin Spacey
Synopsis Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept péchés capitaux: la gourmandise, l'avarice, la paresse, l'orgueil, la luxure, l'envie et la colère.

Par Anthony Verschueren