Critique Titanic

Titanic
Titanic est un film parfait sur le plan technique. James Cameron confirme ses talents de bourreau de travail et s’accapare une main mise certaine sur le grand cinéma de divertissement hollywoodien. Sans pour autant négliger l’histoire d’amour...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

1997 a été l’année des amoureux. Titanic révèle aux yeux du monde ce qui est encore décrit aujourd’hui comme l’une des plus belles histoires d’amour au cinéma. Tout ayant été dit à propos du film, nous nous sommes longuement demandé comment aborder la critique de ce dernier sans prendre le risque d’être rébarbatif. Détrônant Ben-Hur de son statut de leader dans la course aux statuettes et nostalgie oblige, nous allons essayer de revenir aux sources et analyser Titanic au travers ses onze oscars. Onze points qui, espérons-le, permettrons de vous convaincre de la grandeur de ce film au-delà du simple cliché love story qui en ressort dans toutes les conversations.

James Cameron remporte l’oscar du meilleur réalisateur pour Titanic passant juste devant Gus Van Sant (Will Hunting), Curtis Hanson (L.A. Confidential), Peter Cattaneo (The Full Monty) et Atom Egoyan (De Beaux Lendemains). En plein essor constructif de son cinéma juste après le succès de Terminator 2 en 1991, James Cameron prépare en silence un de ses plus vieux rêves : recréer le Titanic. Immense paquebot qui l’intrigue depuis toujours, il tente de parfaire son nom en proposant des films aux effets spéciaux extraordinaire. Il n’est pas encore l’immense réalisateur acclamé par tous (mais tout de même bien reconnu des érudits de blockbuster), Titanic représente l’accomplissement de l’homme tout comme le professionnel qu’il est. Chaque détail dans l’image est minutieusement travaillé jusqu’à la moindre cuillère. Cameron rend fascinant sa propre névrose admirative pour ce paquebot mythique. C’est un travail titanesque (le mot n’aura jamais été aussi lourd de sens) qui récompense des années de recherches et en ce sens, Cameron n’a jamais caché être un bourreau de travail. Eternel perfectionniste, il s’offrait avec Titanic, une place confortable et indétrônable d’instigateur de blockbuster immanquable.

Cameron rend fascinant sa propre névrose admirative pour ce paquebot mythique.

La statuette des meilleurs décors lui revient de droit également cette année-là. Toujours dans un souci d’équité qui appuiera nos propos, rappelons qu’il était en concurrence directe avec Bienvenue à Gattaca, Kundun, L.A. Confidential et Men in Black : pas d’énormes concurrents somme toute (les budgets n’étant pas les mêmes non plus). Ce travail d’orfèvre, Cameron le doit à Peter Lamont (directeur artistique) et Michael Ford (décorateur). Les deux hommes ont très vite capté la manière de travailler du réalisateur. Ils accordent une importance particulière à bien distinguer les différents mondes sociaux qui se côtoient sur le bateau. La dualité des différences se brisera dès lors où l’instinct de survie de l’homme prendra le dessus sur son échelle sociale. Malgré tout, les décors restent gracieux même dans leur destruction car ils sont portés par une photographie sublime, ce qui nous amène à la récompense suivante.

Amistad, Kundun, L.A. Confidential et Les Ailes de la Colombe ont évidemment envié Titanic. Il faut dire que Russell Carpenter est un directeur de la photographie hors pair. Surtout cantonné à des films d’action et de séries B, son passé lui permet de gérer au mieux les scènes catastrophiques. En dehors de la seconde partie du film extrêmement rythmée, il laisse exploser tout son potentiel créatif sous les ordres de James Cameron. La lumière est divine, les mouvements de caméra fluides et les plans minutieusement calibrés. Il extrait des symboles forts avec des images qui, à priori, auraient pu être banales. Qui aurait pu penser qu’une main s’effondrant sur une vitre emplie de buée deviendrait symbole de jouissance dans notre mémoire collective ?

Qui aurait pu penser qu’une main s’effondrant sur une vitre emplie de buée deviendrait symbole de jouissance dans notre mémoire collective ?

Toujours porte-parole de l’immense travail en amont accomplit avant la production, c’est tout naturellement que le film emporte l’oscar des meilleurs costumes. Deborah Lynn Scott a de suite fait la différence dès son premier film (Retour Vers le Futur). Elle apporte un modernisme décomplexé aux codes bien définis qu’on se fait d’une reconstitution d’époque. Un véritable dépoussiérage des clichés.

L’oscar du meilleur montage nous laisse quelque peu de marbre. Certes le film défile à un rythme effréné et ce n’est vraiment pas commun de réussir à tenir en haleine le spectateur sur près de 3h alors qu’il sait d’avance comment le film se terminera. D’autant plus qu’en face de lui, Will Hunting et L.A. Confidential proposaient de vraies idées de montage assez ahurissantes (surtout pour le dernier). Titanic reste classique dans sa manière d’aborder son histoire. Le film raconté par l’héroïne qui, au travers son récit, nous dévoilera les revers de son histoire n’a rien de bien affriolant d’autant plus que trois ans plus tôt Forrest Gump avait remporté le même prix et, même si le procédé était identique chez lui, la forme était tout autre et nettement plus ingénieuse. Qu’à cela ne tienne, les autres statuettes sont amplement méritées.

Regroupons ici les suivantes qui sont sensiblement les mêmes malgré leurs noms différents : meilleure musique de film, meilleure chanson originale, meilleur mixage son et meilleur son. Il faut bien avouer que Titanic a marqué toute une génération par sa musique. On en prend plein les oreilles tout le long. James Horner livre des compositions très aériennes jouant sur la corde sensible de chacun d’entre nous. Il est impossible de ne jamais décrocher une petite larme au moins une fois pendant le film. Plus qu’un simple métrage, Titanic est entré dans la mémoire collective par sa musique tout autant que pour ses images (merci Céline !). Qui n’a jamais chantonné My Heart Will Go On dans un élan de romantisme ? Pour le mixage en lui-même, c’est effectivement travaillé à la vague prêt. Titanic est un film qu’on apprécie avec un très bon home-cinéma. Le plaisir qu’il y avait à le voir en salle est incomparable. Chaque mouvement du paquebot sur l’eau résonne comme un impact de grosse caisse lors d’un concert amenant des sensations indescriptibles dans notre corps. C’est à la limite de l’expérience sensorielle oui !

Il faut bien avouer que Titanic a marqué toute une génération par sa musique.

Les effets-spéciaux saisissants méritaient leur statuette aussi réussissant le tour de force de passer sous le nez de Starship Troopers et Le Monde Perdu : Jurassic Park. Pour la reconstitution magnifique du paquebot, ses longues scènes de dérive et son final extraordinaire, on ne peut qu’approuver.

Titanic empoche enfin l’oscar du meilleur film. En concurrence directe avec The Full Monty, L.A. Confidential, Pour le Pire et Pour le Meilleur et Will Hunting. Une belle brochette de bons films qui avait de quoi faire suer notre paquebot du jour et pourtant, c’est bien lui qui raflera l’ultime trophée. Pour tous les points détaillés ci-dessus, on ne peut que valider cette ultime récompense si ce n’est, la plus prestigieuse de toute la compétition.

Titanic est un film parfait sur le plan technique. James Cameron confirme ses talents de bourreau de travail et s’accapare une main mise certaine sur le grand cinéma de divertissement hollywoodien. Le film se fait également l’amorce d’une carrière fleurissante pour Leonardo Di Caprio qui peinera tout de même à se défaire de l’image de bourreau des cœurs que le film lui collera. Sans pour autant négliger l’histoire d’amour particulièrement belle (oui fallait bien le sortir à un moment donné !), on assiste surtout à un thème cher à Cameron : l’attraction de deux mondes différents. Même s’il nous avait déjà convaincu dès Terminator, on ne peut qu’admirer la force et la ténacité du père de Piranha 2 : les Tueurs Volants…la route fut rude mais lourdement récompensée.

Informations

Détails du Film Titanic
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Romance
Version Cinéma Durée 195 '
Sortie 07/01/1998 Reprise -
Réalisateur James Cameron Compositeur James Horner
Casting Leonardo Dicaprio - Bill Paxton - Bernard Hill - Frances Fisher - Kate Winslet - Billy Zane - Kathy Bates - Gloria Stuart
Synopsis Rose est une jeune aristocrate enfermée dans une relation étouffante avec un fiancé trop arrogant. Sa rencontre avec un artiste libre, Jack, sur le Titanic va lui ouvrir les yeux sur le monde et faire chavirer son cœur. Quand le Titanic heurte un iceberq dans les eaux glacées de l'Atlantique, le voyage des jeunes amants se transforme en une terrible lutte pour la survie.

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