Critique Last Words

Last Words
Last Words ne manque pas d'ambition ni de qualités mais pèche par un dernier tiers redondant et une écriture parfois trop peu rigoureuse.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Rémy Pignatiello

Critique du Film

On ne peut pas dire que Jonathan Nossiter, malgré le succès critique de Mondovino en 2000, soit un profil particulièrement visible ou même prolifique, avec seulement en 16 ans un autre documentaire et une comédie (pas terrible). C'est cependant via la fiction qu'il revient avec Last Words, la chronique du dernier homme sur Terre.

Sur fond de science-fiction tendance post-apo, Nossiter dresse en flash-back les 2 années précédant l'accès, en 2086, du protagoniste au statut de dernier homme sur Terre. Après avoir brièvement retracé son histoire, évidemment tragique (mais rappelant aussi très (très) fortement Les fils de l'homme tant dans la forme que le contenu), le héros trouve par hasard des bobines de films marquées du sigle de la Cinémathèque de Bologne. Mais quand on a vécu isolé et virtuellement sans culture pendant des années, impossible de savoir à quoi servent ces bouts de celluloid. Il va alors prendre le chemin de Bologne, où il va rencontrer un ermite, joué par Nick Nolte, qui va se charger de lui apprendre quelques rudiments historico-culturels avant de se mettre en chemin vers Athènes, où ils retrouveront une communauté de survivants.

Le cinéma, image d'une transmission culturelle et historique qui ne peut se faire que s'il y a un émetteur et un récepteur.

Le film est assez clairement mené par des thèmes comme la transmission, la culture, l'histoire, mais aussi la notion de bilatéralisme de ces éléments : pour transmettre, il faut à la fois un transmetteur, mais aussi un récepteur. A qui raconter des histoires quand on est seul ? Comment comprendre un passé qu'on n'a jamais connu sans personne pour nous l'expliquer ? L'introduction située dans un Paris post-effrondrement est en ce sens formidable car elle réussit en quelques minutes à faire comprendre la confusion d'un personnage n'ayant aucune clé pour comprendre le monde qu'il entoure, quand bien même tout, pour nous, semble évident.

Evidemment, le lien avec Nick Nolte en passeur âgé et cinéphile, reclus dans une cinémathèque, est facile à décoder : par son aspect matériel pérenne et sa relative facilité d'utilisation, le cinéma et les bobines composant ces films est le chaînon manquant, la mémoire du monde (comme le festival Toute la mémoire du monde) qui permet de comprendre, éduquer, retrouver des plaisirs passés et oubliés : la nourriture (avec un extrait de l'ultra-appétissant Tampopo), le sexe (dans un monde où la population est stérile), le rire partagé face à un film muet burlesque. Il s'agit moins du cinéma spécifiquement qu'une image rappelant la puissance de l'art et de la culture pour souder les peuples, créer des liens, raviver les souvenirs, comprendre son environnement.

Malgré un travail visuel splendide et une première moitié fascinante, le film finit par tourner en rond dans un dernier tiers paraissant plier sous le poids de ses ambitions.

Pour autant, le film et sa construction symétrique finissent par patiner dans le dernier tiers. Accumulant les approximations d'écriture, devenant répétitif et semblant tourner en rond, le film se disperse en plus dans divers détails superflus le faisant sortir des rails plus intéressants qu'il avait posés dans sa première moitié. C'est d'autant plus dommage que la troupe d'interprètes est particulièrement solide (hormis peut-être Charlotte Rampling, mais son personnage n'aide vraiment pas), mais narrativement, la boucle semble se boucler 30 minutes trop tôt... Et le spectateur de potentiellement trouver alors le temps restant un peu long.

A minima cependant, on pourra louer la plastique du film, à la photographie et au travail du cadre souvent splendide. Cela ne suffit cependant pas à faire passer les longueurs d'un film donnant l'impression de finir par plier sous le poids de ses ambitions.

Informations

Détails du Film Last Words
Origine France - Italie Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Science - Fiction - Comédie Dramatique
Version Cinéma Durée 126 '
Sortie 21/10/2020 Reprise -
Réalisateur Jonathan Nossiter Compositeur Tom Smail
Casting Stellan Skarsgard - Nick Nolte - Charlotte Rampling - Kalipha Touray - Alba Rorhwacher
Synopsis 2086. Il n’y a plus sur Terre ni électricité, ni machines. La planète est un immense désert où plus rien ne pousse. Pour les derniers survivants qui ont la force de l’entendre, un mystérieux "appel" résonne : rejoindre Athènes. Sur les routes abandonnées d’Europe, Kal, âgé de 17 ans, emporte avec lui un énigmatique trésor : des bobines de films, toutes frappées de l’inscription "Cinecita di Bologna"..

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques