Critique DREDD

DREDD
Dredd 3D de Pete Travis offre une alternative nettement plus fidèle au comics que son prédécesseur. Il installe confortablement son ersatz d’intrigue comme un prétexte qui embarquerait le spectateur au sein du conglomérat de calibres qui se bastonne...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Près de 20 ans après la très libre adaptation avec Sylvester Stallone, le juge Dredd s’est offert un retour très attendu au cinéma. Sorti directement en vidéo sur notre territoire, Dredd 3D a suscité pas mal de débats houleux au sein de la communauté des fans. Impossible de ne pas faire de comparatif avec le film de Danny Cannon de 1995 malgré la très grande différence de partis pris entre les deux. Qu’en est-il réellement de ce Dredd nouveau cru ?

Le film de Pete Travis tend à se rapprocher le plus possible du matériau d’origine.

Il ne faut pas oublier que le juge Dredd est avant tout un personnage de comics book. Le film de Pete Travis tend à se rapprocher le plus possible du matériau d’origine afin de livrer au spectateur ce qu’il n’avait pas eu en 1995. Dredd est un juge froid, implacable, impartial et déshumanisé au possible. Jamais nous ne voyons son visage dans l’histoire originelle. Il est représenté par cette énorme armure imposante tel un Robocop programmé pour faire régner la loi. Premier détail qui a son importance et premier comparatif évident entre les deux films : Travis ne nous dévoilera jamais le visage de Karl Urban qui remplit sa mission à la perfection. L’acteur rentre parfaitement dans son rôle avec une justesse plus qu’évidente qui, malgré tout notre amour pour Sly, balaye d’un coup de fusil à pompe la prestation foireuse du Dredd de 95. Il faut l’avouer, avec le temps, le film de Danny Cannon a acquis une renommée de nanar adulé par tous les fans de l’étalon italien. On ne peut pas dénigrer le statut comique de l’œuvre de Cannon qui continue à nous assaillir de ses répliques assassines lors de discussions cinéphiliques. Quand bien même ce fut appréciable, ce n’était pas le juge ! C’est ce que décide de mettre à plat Travis d’entrée de jeu : son film n’aura pas d’enjeu comique. Dredd 3D est drôle dans le grand-guignol de certaines de ses situations. Ses personnages sont les archétypes même des superhéros invincible. D’ailleurs, la relation que Dredd nouera avec sa stagiaire replace des personnages clés des comics originaux : les mutants. Judge Dredd est une déferlante ininterrompue d’hyper violence mêlée à des intrigues surnaturelles au sein d’une société dictatoriale nuancée derrière une justice qui se veut, par définition, juste. Dans le but de former sa nouvelle recrue, le juge est envoyé avec elle au sein d’un bloc réputé très violent. C’est ainsi que Dredd 3D démontre son atout majeur : il sera un huis-clos.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le film est terriblement efficace.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le film est terriblement efficace. Efficace dans son rythme, efficace dans sa lumière, efficace dans son ambiance, efficace sur son casting. Il y a un parallèle évident qui se crée avec l’intrigue du film The Raid de Gareth Evans. Les policiers se retrouvent piégés et traqués par toutes les bandes qui squattent au sein de la cité où le grand patron, vivant au dernier étage de la tour, réclame leurs têtes ; s’en suivra un alléchant jeu du chat et de la souris. La traque s’apparente à un jeu vidéo typé « shoot ‘em up », ça tire à tout va. C’est du véritable cinéma de divertissement dans sa forme la plus primaire mais délivré avec beaucoup de sincérité. L’univers surnaturel global sur le rendu de l’œuvre donne une illusion de réel dans toute son irréalité. Il y a un vrai pouvoir attractif qui se dégage de Dredd 3D. Avec un manque de budget plus qu’évident, le côté artisanal rappel les vieux films d’anticipation qui tentaient de reproduire des succès comme Mad Max avec trois francs six sous. Ce n’est pas du nanar, ça n’en est pas loin mais ça fleure surtout les bonnes intentions de divertissement du même calibre qu’un Expendables élevant le raz de marée de gros calibres a un stade d’amour profond décuplé au centuple : en clair, un vrai plaisir coupable.

Dredd 3D de Pete Travis offre une alternative nettement plus fidèle au comics que son prédécesseur. Il installe confortablement son ersatz d’intrigue comme un prétexte qui embarquerait le spectateur au sein du conglomérat de calibres qui se bastonne pendant près d’une heure et demie. Un véritable jeu vidéo salvateur et libérateur où la manette devient votre pot de popcorn. Foncez !

Informations

Détails du Film DREDD
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Thriller - Science - Fiction
Version Direct To Video Durée 95 '
Sortie 11/02/2013 Reprise -
Réalisateur Pete Travis Compositeur Paul Leonard-Morgan
Casting Lena Headey - Karl Urban - Olivia Thirlby - Wood Harris
Synopsis Dans un avenir proche, les Etats-Unis ne sont plus qu’un immense désert irradié. Mega City One est une métropole tentaculaire rongée par le vice. La seule forme d’autorité restante est représentée par les juges, une police urbaine qui cumule toutes les fonctions : flic, juge et bourreau. Une nouvelle drogue se propage, la Slo-Mo, qui permet de percevoir la réalité au ralenti. Sa distribution est contrôlée par Ma-Ma, ancienne prostituée, devenue baronne de la drogue. Dredd, le juge ultime, va se voir assigner une mission dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y confronter.

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