Critique La Fille au bracelet

La Fille au bracelet
La Fille au bracelet documente avec une grande précision les rouages du système judiciaire et bénéficie d'une interprétation de grande classe, en particulier Melissa Guers dans le rôle-titre, Annie Mercier dans celui de son avocate et Anaïs Demoustier...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Avec son troisième film, Stéphane Demoustier aborde le domaine du drame judiciaire. La Fille au bracelet ressemble en effet à un drame simenonien avec une jeune fille en accusée du meurtre de sa meilleure amie, qu'elle pourrait pourtant ne pas avoir tuée. Le film documente avec grande précision les rouages du système judiciaire, en particulier ceux d'un procès pénal. Il bénéficie d'une interprétation de grande classe, en particulier Melissa Guers dans le rôle-titre, Annie Mercier dans celui de son avocate et Anaïs Demoustier en avocate générale, chargée de l'accusation. Néanmoins, malgré un suspense qui tient jusqu'au bout du film, La Fille au bracelet pâtit malheureusement d'une mise en images assez télévisuelle, digne de Mesdames et messieurs les jurés.  

La Fille au bracelet documente avec une grande précision les rouages du système judiciaire et bénéficie d'une interprétation de grande classe, en particulier Melissa Guers dans le rôle-titre, Annie Mercier dans celui de son avocate et Anaïs Demoustier en avocate générale, chargée de l'accusation.

Bruno et Céline voient leur vie de famille basculer lorsque Lise, leur fille de 17 ans, est accusée du meurtre de son amie Flora. Deux ans après le crime, Lise vit avec un bracelet électronique, en compagnie de ses parents et de son petit frère, Jules. Alors que le procès approche, la vie de Bruno ne tourne qu'autour de ces quelques jours au cours desquels il sait que le destin de sa fille va se jouer, au beau milieu d'une cour d'assises.

La Fille au bracelet brasse un certain nombre de thèmes plutôt intéressants : la découverte de l'amour à l'époque des réseaux sociaux, l'absence d'empathie, le rôle de la justice, etc. Il semble être presque fait pour illustrer la formule bien connue "il vaut mieux relâcher un coupable que de condamner un innocent".  Au centre du film, la jeune Mélissa Guers, formidable révélation, ne cessera de jouer l'ambiguïté. Se défendant mollement, parlant comme si elle était coupable, alors qu'aucune preuve ne l'accable, Lise semble vivre dans son monde, faisant l'amour sans sentiments et ne montrant que peu d'empathie pour ceux qui l'entourent, y compris sa meilleure amie qui vient de mourir dans des circonstances inexpliquées. Un faisceau de présomptions semble peser sur elle. Mais peut-on condamner quelqu'un sans la moindre preuve, uniquement parce qu'il ou paraît très antipathique? 

Le principe du film consiste à renverser les clichés. L'accusée paraît coupable mais pourrait être innocente. L'avocate générale, interprétée avec brio par Anaïs Demoustier, de plus en plus en vogue, semble être une jeune femme moderne et sympathique. Elle va pourtant accabler l'accusée en tenant des propos moralisateurs sur sa conduite. L'avocate de Lise, femme d'âge mûr à la voix très grave (épatante Annie Mercier) paraît de prime abord plutôt répulsive alors qu'elle va se montrer la plus ouverte d'esprit. A partir de là, Stéphane Demoustier va orchestrer à l'intérieur du spectateur une inversion morale assez intéressante. Comment réagir en tant que juré (ou spectateur) lorsque ceux qui nous sont présentés comme agissant dans le camp du bien dégagent plutôt de l'antipathie, alors que le camp de l'accusation se présente sous les traits angéliques d'Anais Demoustier? La justice est-elle tributaire des apparences? Doit-elle forcément choisir le camp de la morale, morale qui n'est pas synonyme de justice?

Telles sont les problématiques assez passionnantes que présente le film. On peut néanmoins regretter que Stéphane Demoustier ait manqué d'imagination dans sa mise en scène, se contentant d'illustrer son scénario sans fluidité ni virtuosité, car il tenait entre ses mains une excellente histoire. Le filmage tombe donc souvent à plat (hormis le plan-séquence de début et le twist final expliquant le titre) mais en raison de l'interprétation de haute volée, cet écueil ne suffit pas à enterrer ce film. Il aurait certes fallu un Chabrol voire un Autant-Lara pour dégager le potentiel de cynisme et d'ironie de cette histoire. Néanmoins Stéphane Demoustier, en dépit d'une mise en scène trop sage et conventionnelle, parvient, surtout grâce à ses comédiens (et donc de son talent de directeur d'acteurs) à mener à bien son histoire de coupable/innocente, sans trop de difficultés. On espère que son prochain film pourra élever son talent de metteur en scène au niveau de son talent de scénariste. 

Informations

Détails du Film La Fille au bracelet
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 96 '
Sortie 12/02/2020 Reprise -
Réalisateur Stéphane Demoustier Compositeur
Casting Roschdy Zem - Chiara Mastroianni - Anaïs Demoustier
Synopsis Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

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