Critique Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn (Birds of Prey (And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn))

Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
Avec Birds of Prey, doté d'une Margot Robbie toujours aussi génialissime et aux taquets, voici un parfait divertissement pop-corn, sans prétention, féministe et survolté, jouissif et jubilatoire. Que demander de plus?

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par David Speranski

Critique du Film

Margot Robbie est une actrice véritablement singulière. Il lui a fallu seulement sept ans pour accéder au firmament d'Hollywood, depuis Le Loup de Wall Street où elle incarnait une formidable blonde WASP, réalisation des fantasmes absolus de mariage du personnage principal du film. Après cette fantastique entrée dans le classement des actrices les plus en vue, elle a pu confirmer tout son talent dans Moi, Tonya ou encore plus récemment dans Scandale, où elle s'inscrit dorénavant comme la fille spirituelle d'une Charlize Theron, ultra-féministe et femme de pouvoir. Pourtant, certains ont véritablement découvert son talent dans Suicide Squad, ratage calamiteux de David Ayer, où elle rayonnait pourtant de mille feux, d'insolence et de provocation, d'autant plus qu'elle représentait la meilleure  (et seule?) partie à sauver de ce film voué aux gémonies par les critiques. Depuis Moi, Tonya, et #Metoo, Margot Robbie a pris en main les rênes de sa carrière et est devenue productrice. Il ne faut donc pas s'étonner qu'elle ait repris ce projet de film solo sur Harley Quinn, la compagne déjantée du Joker. Mais comme il s'agit d'un film solo, Harley Quinn a rompu avec le Joker (version Suicide Squad, donc antérieure à la création géniale de Joaquin Phoenix). Comme il est précisé dans le titre original du film, il s'agit ici de son émancipation, ainsi que de celles de toutes ses petites camarades, face à la masculinité toxique.  

Avec Birds of Prey, doté d'une Margot Robbie toujours aussi génialissime et aux taquets, voici un parfait divertissement pop-corn, sans prétention, féministe et survolté, jouissif et jubilatoire. Que demander de plus?

Harley Quinn a rompu avec le Joker et n'est donc plus protégée par ce statut de compagne de l'ennemi public numéro 1 de Gotham. Elle doit s'efforcer de survivre malgré une foultitude d'ennemis qui lui en veulent pour de multiples raisons. Elle va croiser sur sa route Renée Montoya (Rosie Perez), une flic tout droit sortie des séries policières des années 80, Black Canary, une chanteuse de soul (It's a man's man's man's world de James Brown, chante-t-elle) qui fait également office de chauffeur (Jurnee Smolett-Belll), Cassandra (Ella Jay Basco), une gamine qui a perdu ses parents et croqué un diamant et enfin La Chasseuse (Mary Elizabeth Winstead), une tueuse à l'arbalète qui se venge de ceux qui ont liquidé toute sa famille. Toutes cinq n'ont aucun point commun, sauf un désir d'émancipation et une volonté de lutter contre un adversaire imbu de lui-même, pétri de masculinité toxique, Roman Sionis (Ewan McGregor)...

Autant l'avouer, on craignait un peu la suite de Suicide Squad. Dès le pré-générique, où nous est récapitulée toute l'histoire antérieure de Harley Quinn, sous forme de film d'animation, Cathy Yan nous rassure tout de suite. Birds of Prey a bien plus à voir avec les films de Tarantino (Kill Bill en particulier) qu'avec le film de David Ayer. Joker est mentionné sans apparaître véritablement de face. Harley Quinn s'est débarrassée de cette relation d'emprise qui la phagocytait. Ce ne sera pas la seule originalité de Birds of Prey qui sera raconté en voix off par Harley Quinn, suivant ainsi les commentaires iconoclastes et déjantés de l'héroïne.  Le spectateur aura aussi droit à un remake de la fameuse séquence des Hommes préfèrent les blondes d'Howard Hawks, "Diamonds are the best girls' friend" avec Margot en guise de Marilyn, ainsi qu'une narration déconstruite, Harley Quinn s'apercevant qu'elle raconte mal l'histoire et rembobinant une bonne partie des épisodes pour une mise à jour. Narrativement, Birds of Prey est donc assez astucieux et loufoque, suivant les circonvolutions de l'esprit tortueux de Harley Quinn, ses remarques acides et son tempérament hors cadre, n'hésitant à braquer une supérette ("payer, c'est bon pour les nuls") ou méprisant ouvertement les impôts. Le film est donc glorieusement anti-système et s'en prend particulièrement à la masculinité toxique. Il faut reconnaître que les séquences abondantes où les mâles musclés et balourds se prennent des raclées de la part de soi-disant faibles femmes s'avèrent parfaitement jouissives. On imagine néanmoins sans peine que ce spectacle ne plaira pas forcément aux machos de mauvais poil, ce qui peut expliquer parfois l'accueil assez houleux de ce film.

Car, du côté mise en scène, Cathy Yan a passé la surmultipliée, en organisant des séquences d'action survoltées (mentions spéciales à celles du commissariat, de la salle des miroirs, et de la poursuite en moto et rollers de la fin). Birds of Prey s'inspire assez de Scorsese (les arrêts sur image présentant les personnages), Tarantino (l'ultra-violence totalement décomplexée) et même les Wachowski pour l'utilisation de plans-séquences dans d'impressionnantes séquences d'action, dont l'une réunissant les cinq protagonistes femmes face à une horde d'hommes. On regrettera seulement la faiblesse progressive du scénario qui va se déliter légèrement, une fois passée la mise à jour, à partir du moment où l'ensemble des femmes vont se réunir contre un ennemi commun, et surtout la performance cabotine de Ewan McGregor dans ce rôle, qui affadit considérablement le film ("plus le méchant sera réussi...", disait Hitchcock). Pourtant cela ne suffit pas à déteindre sur Birds of Prey qui, entre clins d'œil avisés au comics d'origine (le castor, la hyène), et vitalité dynamisante (le visionnage sur grand écran est recommandé), explose facilement les standards bien trop sages des opus DC signés Zach Snyder ou du très mollasson Wonder Woman. Avec Birds of Prey, doté d'une Margot Robbie toujours aussi génialissime et aux taquets, voici un parfait divertissement pop-corn, sans prétention, féministe et survolté, jouissif et jubilatoire . Que demander de plus?

Informations

Détails du Film Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn (Birds of Prey (And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn))
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action - Aventure
Version Cinéma Durée 109 '
Sortie 05/02/2020 Reprise -
Réalisateur Compositeur Daniel Pemberton
Casting Ewan McGregor - Mary Elizabeth Winstead - Margot Robbie
Synopsis Vous connaissez l'histoire du flic, de l'oiseau chanteur, de la cinglée et de la princesse mafieuse ? BIRDS OF PREY (ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE D'HARLEY QUINN) est une histoire déjantée racontée par Harley en personne – d'une manière dont elle seule a le secret. Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable – et le plus narcissique – de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n'a d'autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman…

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