Critique The Gentlemen

The Gentlemen
Guy Ritchie revient donc à ses premières amours (Snatch, Arnaques, crimes et botanique) avec ce film de mafia à tiroirs où il utilise toutes les ressources de ses procédés décalés sur des personnages, comme à son habitude, plus que déjantés.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Les salles sont récemment envahies de films arborant une pléiade de personnages féminins (Les Filles du Docteur March, Scandale, Queens, Knives and skin, Les Veuves, Ocean's 8, Portrait de la jeune fille en feu, bientôt Rocks, etc.), ce qui représente d'ailleurs une bonne chose, étant donné que, pendant des années, cela a plutôt été l'inverse. On guettait évidemment la réaction qui ne s'est guère faite attendre. The Gentlemen, comme son titre l'indique, affiche bien son statut de film de mâles alpha, laissant la part congrue d'un rôle secondaire à une femme certes fatale mais infinitésimalement peu présente à l'écran. Pour couronner le tout, le film est produit par Miramax, l'ancienne compagnie fondée par Harvey et Bob Weinstein, depuis reprise par une société du Qatar. Guy Ritchie revient donc à ses premières amours (Snatch, Arnaques, crimes et botanique) avec ce film de mafia à tiroirs où il utilise toutes les ressources de ses procédés décalés sur des personnages, comme à son habitude, plus que déjantés.

Guy Ritchie revient donc à ses premières amours (Snatch, Arnaques, crimes et botanique) avec ce film de mafia à tiroirs où il utilise toutes les ressources de ses procédés décalés sur des personnages, comme à son habitude, plus que déjantés.

Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu'il va se retirer, ce qui va créer pas mal d'envieux prêts à se jeter sur la succession, afin de s'emparer de ses affaires très lucratives. Un journaliste cupide, Fletcher (Hugh Grant), va approcher Ray (Charlie Hunnam), le bras droit du boss pour lui extorquer de l'argent, en lui racontant par le menu le dossier de cette affaire, qu'il a secrètement espionnée.

Il est rare de voir de nos jours un film afficher aussi peu de prétentions que The Gentlemen. Il ne s'agit ni d'une satire sociale ni d'un brûlot politique, ou encore moins d'un manifeste féministe, le personnage de Michelle Dockery enfin libérée de Downton Abbey n'étant guère développé. Ni même d'un manifeste masculiniste d'ailleurs. Le film ne revendique pas de montrer les exactions d'un groupe d'hommes qui s'avèrent toutes désamorcées par un humour assez ravageur. Guy Ritchie a tout simplement voulu mettre en scène un simple divertissement, jouissif et drôle, et avouons-le, il remplit parfaitement cet office. Ritchie multiplie les astuces de mise en scène décalée : film dans le film, vidéo Internet, scène filmée de loin à post-synchroniser, flash-back détourné (on croit dès le départ que l'un des personnages principaux va mourir), etc., afin de réussir à rendre son long métrage attractif. Le film emprunte à tous les râteliers (principalement Scorsese, celui des Affranchis et de Casino, Black Mirror et l'épisode dit " du cochon", tous les films de mafia tournés y compris via la filière asiatique du casting, les John Woo et même un rembobinage en accéléré cf. Funny Games de Michael Haneke, pour montrer une autre variation de l'histoire), en y ajoutant une touche humoristique, particulièrement symptômatique d'un sujet de Sa Majesté la Reine Elizabeth.  

Pourtant, même si Guy Ritchie écrit tous ses scénarios, (contrairement aux cinéastes qui n'écrivent pas leurs scénarios, comme Alain Resnais ou Howard Hawks), son cinéma est essentiellement celui d'un petit faiseur et en aucun cas d'un auteur disposant d'une vision du monde, contrairement à David Fincher auquel on pouvait le comparer à ses débuts. Si on compare aujourd'hui Fight Club et Snatch, la comparaison s'avère cruelle pour ce dernier. Il suffit de constater à quel point Ritchie s'éloigne ici, effarouché, à grandes enjambées lorsque son cinéma s'approche un tant soit peu d'un potentiel de profondeur: la mise en abyme par le cinéma, Fletcher racontant tel un scénariste les exploits de Mickey Pearson, comme ceux d'un beau et grand héros de cinéma, aurait pu donner de subtils écarts entre la réalité et la narration. Mais Ritchie préfère se cantonner à un humour de circonstance plutôt que d'explorer cette piste passionnante. On notera ainsi des performances d'acteur assez jouissives (Colin Farrell en coach un peu primaire, Charlie Hunnam en bras droit efficace ou Hugh Grant en journaliste matois) qui distrairont un moment, même si le film ne laissera guère de traces dans la mémoire. Aussi vite vu qu'oublié, les personnages n'étant pas plus consistants que des figurines en carton. Comme l'indique la chanson de The Jam qui sert de générique de fin, "that's entertainment", ce qui résume bien la modestie de l'entreprise. Ce n'est pas grand'chose et pourtant c'est déjà beaucoup.

Informations

Détails du Film The Gentlemen
Origine Etats Unis Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Action - Comédie - Policier
Version Cinéma Durée 113 '
Sortie 05/02/2020 Reprise -
Réalisateur Guy Ritchie Compositeur
Casting Colin Farrell - Eddie Marsan - Matthew McConaughey - Hugh Grant - Charlie Hunnam - Jeremy Strong - Michelle Dockery - Henry Golding
Synopsis Quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !

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