Critique Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn)

Brooklyn Affairs
Norton nous emmène ainsi dans les méandres d'une intrigue tortueuse mais relativement prévisible, qui n'égale ni L.A. Confidential ou Chinatown, mais demeure un plaisir étrangement suranné qui, au-delà de sa durée assez longue, parvient à nous...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Depuis ses coups d'éclat dans Fight Club et La Vingt-Cinquième heure, on a toujours apprécié Edward Norton en tant qu'acteur : sa finesse de jeu, ses revirements brusques de comportement, son apparence lisse de bon garçon qui cache des recoins beaucoup plus sombres. Il n'a malheureusement pas confirmé son prometteur début de carrière et tient au mieux, de façon néanmoins remarquable, des seconds rôles dans Birdman de Innaritu ou les films de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, The Grand Budapest Hotel). Dix-neuf ans après Au nom d'Anna, une comédie agréable qui n'est pas forcément restée dans les mémoires, il redevient réalisateur pour un hommage au film noir d'antan, se passant à New York dans les années cinquante. Brooklyn Affairs assume ainsi totalement sa nature d'exercice de style, au point de ne pas chercher à le dépasser par des innovations ou expérimentations.

Norton nous emmène ainsi dans les méandres d'une intrigue tortueuse mais relativement prévisible, qui n'égale ni L.A. Confidential ou Chinatown, mais demeure un plaisir étrangement suranné qui, au-delà de sa durée assez longue, parvient à nous captiver suffisamment pour le suivre jusqu'à la fin.

New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu'aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l'homme le plus redoutable de la ville pour sauver l'honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…

Edward Norton souhaite donc rendre hommage au genre du film noir. Mais, avouons-le tout de suite, il reste assez confiné dans un classicisme de bon aloi qui ne cherche nullement à défier les maîtres du genre. Seule originalité, son personnage est affligé du syndrome de la Tourette, ce qui nous donne droit toutes les dix minutes à une démonstration virtuose de la capacité éblouissante de Norton de passer d'un état à un autre, de manière complètement schizophrène (souvenez-vous de Fight Club) en quelques fractions de seconde, tout comme il l'avait déjà fait dans Peur primale qui l'a révélé. Néanmoins, au bout d'une dizaine ou vingtaine de fois, on ne voit guère ce que cette démonstration apporte à l'intrigue, n'étant ni effrayante ni drôle. Certes, on comprend que Lionel, affecté de ce syndrome, doit attirer toute notre sympathie, devant exercer son métier de détective privé, en dépit de ce handicap. Néanmoins, ce tic systématique finit par tourner à la prouesse d'acteur, c'est-à-dire un peu à vide.

L'ensemble se laisse pourtant voir sans déplaisir, tant Brooklyn Affairs se coule dans le moule du film noir classique, avec vamp et promoteur véreux, comme une sorte de balade jazzy dans le New York de l'époque. Les seconds rôles sont parfaits (Alec Baldwin, Willem Dafoe, Bruce Willis), bien que relativement attendus. L'esthétique du film est extrêmement soignée : belle photographie, musique très jazz, avec, ô surprise, un morceau de Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, qui parvient à se fondre sans difficulté dans l'ensemble. Mais le plus intéressant demeure le fond politique du film, une dénonciation de la corruption qui a régné à New York, le personnage d'Alec Baldwin étant fortement inspiré de Robert Moses, le promoteur immobilier à l'origine de la rénovation de New York, que certains ont accusé de racisme et de ségrégationnisme. Les temps changent, paraît-il et pourtant l'histoire est un éternel recommencement, avec un Trump aujourd'hui à la tête des Etats-Unis. Norton nous emmène ainsi dans les méandres d'une intrigue tortueuse mais relativement prévisible, qui n'égale ni L.A. Confidential ou Chinatown, mais demeure un plaisir étrangement suranné qui, au-delà de sa durée assez longue, parvient à nous captiver suffisamment pour le suivre jusqu'à la fin.

Informations

Détails du Film Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Policier
Version Cinéma Durée 145 '
Sortie 04/12/2019 Reprise -
Réalisateur Compositeur
Casting Bruce Willis - Alec Baldwin - Edward Norton - Willem Dafoe - Bobby Cannavale - Gugu Mbatha-Raw
Synopsis New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu'aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l'homme le plus redoutable de la ville pour sauver l'honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…

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