Critique Le Mans 66 (Ford v. Ferrari)

Le Mans 66
Brillant dans sa direction d'acteurs et époustouflant dans la maîtrise de ses scènes de course automobile, Mangold profite de ce film pour rendre hommage à tous les passionnés qui parviennent à exercer leur passion, sous la contrainte et les diktats...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par David Speranski

Critique du Film

James Mangold fait certainement partie des cinéastes américains les plus sous-estimés. En dépit de réussites avérées (Walk the line, Logan), son nom n'est pas forcément retenu par les cinéphiles. Avec Le Mans 66, son onzième film, il sera peut-être temps de retenir enfin son nom. Biopic classique et exemplaire, Le Mans 66 retrace l'histoire d'une amitié entre deux hommes, Carroll Shelby et Ken Miles, que tout semblait opposer, avant que le destin ne se charge de rassembler leurs forces pour s'opposer à la suprématie de Ferrari dans le domaine de la course automobile. Brillant dans sa direction d'acteurs et époustouflant dans la maîtrise de ses scènes de course automobile, Mangold profite de ce film pour rendre hommage à tous les passionnés qui parviennent à exercer leur passion, sous la contrainte et les diktats de l'industrie.

Brillant dans sa direction d'acteurs et époustouflant dans la maîtrise de ses scènes de course automobile, Mangold profite de ce film pour rendre hommage à tous les passionnés qui parviennent à exercer leur passion, sous la contrainte et les diktats de l'industrie.

Après avoir remporté les 24 heures du Mans en 1959, Carroll Shelby (Matt Damon) est obligé de se retirer de la compétition en raison de problèmes cardiaques. Il se reconvertit en ingénieur et lance un nouveau modèle de voiture de course. Il recrute Ken Miles, un pilote surdoué mais caractériel, qui survit tant bien que mal avec femme et enfant en tant que garagiste. Leur talent est remarqué par Henry Ford II qui cherche à rivaliser avec Ferrari dans le domaine de la course automobile. 

A l'annonce du projet et du titre originel Ford v. Ferrari, on pensait avoir affaire à une histoire de rivalité automobile comme Rush de Ron Howard l'a largement montrée à travers les exemples des pilotes James Hunt et Niki Lauda. Or James Mangold adopte une vision originale et atypique en ne cherchant absolument pas à adopter le point de vue de l'équipe concurrente, Ferrari. Tout le film est réalisé du point de vue de l'équipe Ford, les Italiens étant cantonnés à une caricature de rivaux antipathiques. Mangold a déporté l'axe de son film, de la rivalité vers l'amitié entre deux hommes aux personnalités contrastées, Carroll Shelby, chaleureux et enthousiaste, et Ken Miles, taiseux et individualiste. C'est l'occasion pour deux acteurs de la même génération de briller dans leurs rôles, sans pour autant se concurrencer : Matt Damon, égal à lui-même, placide et efficace et surtout Christian Bale, ombrageux, obsessionnel et perfectionniste.

En filigrane, Mangold dresse un portrait louangeur de tous les passionnés qui réussissent à survivre sous le joug d'une structure qui les dépasse, métaphore des cinéastes indépendants qui tentent de garder leur âme à Hollywood. Mine de rien, Le Mans 66 parle indirectement de lui, James Mangold, metteur en scène venu du cinéma indépendant (Heavy, Copland, Une vie volée) qui, avec l'âge et la maturité, a pu accéder à des budgets conséquents mais, en dépit des pressions, essaie tant bien que mal de préserver l'intégrité de son talent. C'est chose faite, et de belle manière, dans Le Mans 66, qui ressemble fortement à un film hollywoodien, tout en gardant une âme. Même si on n'est pas forcément fan de course automobile, le film parvient à nous faire ressentir la sensation grisante de conduire une voiture à plus de 200 km/heure, grâce à des séquences de course magistralement réalisées, dont la partie finale et anthologique du film, couvrant l'intégralité des 24 heures du Mans pendant trente bonnes minutes. La sensation extraordinaire d’immersion est poussée au maximum, reconstituée avec un rare degré de réalisme, lors des cinq ou six courses auxquelles nous assistons. Cependant, là où Mangold se montre très fort, c’est, en plus d’avoir su ménager un suspense insoutenable pour le résultat des courses, d’être parvenu à faire ressentir la sensation de plénitude existentielle de Ken Miles dépassant tous ses adversaires et n’éprouvant plus devant lui que la limite de sa finitude.A travers les difficultés de Ken Miles, pilote surdoué redressant des situations désespérées, on partage les risques et les tensions d'une vie placée sous la menace d'une mort imminente, dans le cas d'une erreur d'inattention. Une vie terriblement intense, "bigger than life", que Le Mans 66 parvient à nous faire partager, en nous plongeant dans une atmosphère électrique, grisante et quasiment planante à certains moments. La vie d'artistes prêts à mourir en direct pour leur art. 

Informations

Détails du Film Le Mans 66 (Ford v. Ferrari)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 153 '
Sortie 13/11/2019 Reprise -
Réalisateur James Mangold Compositeur Marco Beltrami
Casting Matt Damon - Christian Bale - Jon Bernthal - Caitrona Balfe - Tracy Letts
Synopsis Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d'excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

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