Critique Hell's Ground (Zibahkhana)

Hell's Ground
Un film hommage au cinéma bis qui ne parvient pas à masquer un trop grand nombre de maladresses et une incohérence d'ensemble nuisible à la crédibilité de l'histoire.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Sébastien LAMOTHE

Critique du Film

Cinq jeunes étudiants, garçons et filles, décident de se rendre ensemble à un concert de rock au moyen d'un van aux couleurs bigarrées prétextant qui un mariage qui un voyage scolaire pour échapper à la vigilance de leur famille. Mais le propriétaire d'une échoppe perdue dans la campagne où ils font halte leur conseille de rebrousser chemin car ils entrent dans ce qu'il appelle le territoire des enfers. En même temps une manifestation a lieu pour protester contre la pollution de l'eau dans la région, apparemment responsable de malformations et de maladies.

image1L'industrie cinématographique du Pakistan (Lollywood, de la ville de Lahore), quasiment inconnue en dehors de ses frontières, nous livre là un exemple de cinéma bis inspiré des classiques américains des années 1970 – 80 (George Romero en tête) filmé en caméra DV avec des moyens budgétaux très restreints qui en reprend les codes tout en passant en revue les différents sous-genres qui lui sont apparentés. Les protagonistes sont de jeunes gens qui s'apprêtent à passer un bon moment ensemble, de façon à ce que le public auquel est destiné ce genre de film puisse s'identifier à eux et en frissonner de plus belle. De l'élève réservée au fumeur de joints en passant par l'étudiant pauvre, les personnages sont assez efficacement individualisés et gardent leurs caractéristiques jusqu'au bout. Les planches dessinées qui jalonnent le récit en guise d'avertissement destiné au spectateur averti renvoient aux Contes de la crypte (diffusés entre 1989 et 1996 sur HBO) d'après la bande dessinée publiée par EC Comics. Elles créent une distance ironique qui rompt malencontreusement avec le "sérieux" du film auquel elles s'imposent de manière quelque peu artificielle. Cependant que nous croyons être entraînés dans un film de zombies à l'ombre tutélaire de George Romero – plans serrés sur les monstres dévorant les membres sectionnés et les entrailles des morts tandis que l'un des membres de l'équipée, mordu, n'en finit pas d'agoniser sans qu'aucune transformation n'ait finalement lieu – une piste malheureusement inexplorée.

On ne frissonne de terreur pas plus que d'horreur devant un produit final qui apparaît quelque peu frelaté pour le cinéphile occidental d'autant plus exigeant qu'il s'est depuis de longues décennies déjà nourri, voire gavé, du genre.

image2Mais voici que le film vire dans sa seconde partie au slasher en s'en référant explicitement à Massacre à la tronçonneuse (1974), nous offrant le portrait d'une famille dégénérée et psychotique nécrophage emmenée par un personnage revêtu d'une burqa, pendant de leatherface du film culte de Tobe Hoopper (1943 – 2017). Il apparaît évident que l'effet produit par les monstres et autres meurtriers fous du film manque de surprise et que la réalisation ne prépare pas avec suffisamment de soin ses scènes destinées a priori à être les plus éprouvantes. Les zombies apparaissent subitement au détour du chemin, le tueur à la burqa entre en action dès l'arrivée des personnages à la maison perdue dans la campagne. On ne frissonne de terreur pas plus que d'horreur devant un produit final qui apparaît quelque peu frelaté pour le cinéphile occidental d'autant plus exigeant qu'il s'est depuis de longues décennies déjà nourri, voire gavé, du genre. En outre, le sujet écologique esquissé par l'argument exposé dans le scénario est aussitôt abandonné tandis qu'il offrait une piste possible d'exploitation thématique. Le film d'Omar Khan, pour se vouloir un hommage rendu au cinéma bis, ressemble plutôt à un fourre-tout où ce dernier a cherché à empiler maladroitement les références sans cohésion de l'ensemble à tel point que le film semble partagé entre deux parties que rien ou presque ne semble relier entre elles sinon que ce territoire des enfers reflète l'imaginaire ténébreux et chaotique de son réalisateur.

Informations

Détails du Film Hell's Ground (Zibahkhana)
Origine Indonésie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Horreur
Version Cinéma Durée 77 '
Sortie 31/03/2007 Reprise -
Réalisateur Omar Ali Khan Compositeur Stephen Thrower
Casting Kunwar Ali Roshan - Rooshanie Ejaz - Rubya Chaudhry - Haider Raza - Osman Khalid Butt - Rehan
Synopsis Un groupe d'étudiants décide de se rendre à un concert de rock au moyen d'un van. Dans le même temps une épidémie se déclare due à une pollution industrielle des eaux du fleuve entraînant des mutations au sein de la population autochtone.

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