Critique Sumuru, La cité sans hommes (The girl from Rio)

Sumuru, La cité sans hommes
Sumuru est un super-vilaine féminine créé par Sax Rohmer, auteur notamment de la série de romans Fu Manchu. Cette méchante dirige une organisation secrète appelée l’Ordre de Notre-Dame. Sumuru sera l’héroïne de six romans dans les années...

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Sumuru, la cité sans hommes est une des nombreuses collaborations entre Harry Alan Towers et Jess Franco. Deux ans avant Les inassouvies réalisé en 1970, Jess Franco brossait une aventure de Sumuru pour le compte de l’ombrageux producteur. Car H.A Towers, à défaut de produire de grands films, boursicote autour des modes ambiantes. Ainsi il détournera nombre de pellicules, trompant les spectateurs sur un produit bas de gamme. Ce sera aussi le cas pour ses acteurs et réalisateurs, retrouvant les films avec des scènes pornographiques ou érotiques, seul but à attirer le chaland pervers dans les salles spécialisées. Un temps éprouvé où nombre de producteurs malins s’en sont mis plein les poches.

À la fin des années 60, le cinéma ne vit que pour l’espionnage et les films d’action. Avec en tête de proue le fameux agent secret de Sa Majesté, James Bond, l’Europe voit pulluler nombre de copies et d’agents secrets plus ou moins assermentés. Ainsi les spectateurs vivront aux grès des aventures de Coplan ou encore OSS117 pour ne citer qu’eux.

Petit film sans rythme et sans réel souffle épique, Sumuru est l’exemple type du nanar profitant de la renommée d’autrui pour amasser quelques dollars.

C’est alors que le producteur anglais souhaite se servir de la posture machiavélique de Sumuru comme base à une aventure d’espionnage. Sumuru est un super-vilaine féminine créé par Sax Rohmer, auteur notamment de la série de romans Fu Manchu. Cette méchante dirige une organisation secrète appelée l’Ordre de Notre-Dame. Sumuru sera l’héroïne de six romans dans les années 50, avant que le cinéma s’en empare pour des aventures érotico-pulp.

Après avoir produit quelques aventures de Fu Manchu (dont deux réalisées par Jess Franco avec Christopher Lee), Towers produit deux aventures de Sumuru sous les traits carrés, mais charmant de Shirley Eaton. Ainsi, elle interprètera la fameuse méchante en 1967 dans The million eyes of Sumuru et dans The girls from Rio (Sumuru, la cité sans hommes en France) en 1969.

En plus de suivre le genre d’espionnage, Harry Allan Towers prend crânement une figure mythique de la saga James Bond comme héroïne principale, Shirley Eaton. En effet, cette magnifique actrice anglaise n’était autre que Jill Matheson dans Goldfinger de George Hamilton. Dans le premier quart du film, elle se retrouvait embaumée d’or suite à sa trahison et son aventure avec 007. Rôle culte pour cette actrice légère, qui ne fera par contre pas date dans l’histoire du cinéma, The girls from Rio étant son dernier film. En effet, l’actrice préférant une vie rangée au côté de son homme et ses enfants a passé ses journées à tricoter dans le jardin. Une perte évidente pour le cinéma, tant l’actrice de par ces grands yeux bleus et son corps fantastique lui promettait une carrière plus ample à Hollywood. Alfred Hitchcock ne l’aurait sans nul doute pas renié.

Pour en revenir au film lui-même, à travers les charmes de Sumuru, Jess Franco nous entraîne au Brésil, ses plages, ses forêts tropicales et son célèbre carnaval dignes décors pour les meilleures aventures exotiques d’un agent ou détective. Ainsi nous retrouvons le détective privé (ou agent secret, cela dépend des versions) Jeff Sutton envoyé en mission au Brésil afin de retrouver une jeune femme disparue. Transportant avec lui une mallette pleine de dollars, il atterrit à Femina, une cité futuriste peuplée par des femmes d’un genre nouveau. Menées par Sonanda (ou Sumuru suivant les versions d’exploitations), ces amazones modernes ont pour but d’asservir l’espèce masculine. Tout se corse quand Sir Matthews (George Sanders) convoite l’argent de Sutton, et cherche à s’emparer de la réserve d’or de Sonanda.

Sumuru-la cité sans hommes n’est qu’un simple prétexte à mettre en scène des figures masculines dans des situations de soumissions ou des femmes dévêtues dans des scènes érotiques hétérosexuelles ou lesbiennes.

Ainsi commence notre désespoir à suivre une grande aventure digne de l’époque. Petit film sans rythme et sans réel souffle épique, Sumuru est l’exemple type du nanar profitant de la renommée d’autrui pour amasser quelques dollars. Simple spéculation sur un cinéma pop et moderne, le film s’entiche avant l’heure d’un regard ironique sur le genre lui-même. Point de vue propre d’un réalisateur faisant avec le peu dont il dispose, Jess Franco sauve le film du naufrage par une mise en avant de ses décors extraordinaires. Car outre cet élément, le film est un désastre sans faille. Les acteurs sont à la ramasse totale, avec en première ligne Richard Whyler. Ancien interprète de Coplan en Italie, il hérite ici d’un rôle sans saveur, imitant les pâles mimiques de James Bond ou OSS117. L’acteur anglais est tout simplement mauvais, copie déliquescente de Roger Moore et Timothy Dalton. Voyez le tableau !

Sumuru-la cité sans hommes n’est alors qu’un simple prétexte à mettre en scène des figures masculines dans des situations de soumissions ou des femmes dévêtues dans des scènes érotiques hétérosexuelles ou lesbiennes. Outre les pervers en quête d’anciennes pelloches amusantes dans leurs nullités, simple fait à mettre en avant des figures féminines dans leurs simples appareils, il n’y strictement rien à retirer de Sumuru-la cité sans hommes. Circuler, il n’y a rien à voir !

Informations

Détails du Film Sumuru, La cité sans hommes (The girl from Rio)
Origine Espagne - Allemagne Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Aventure - Erotique
Version Originale Durée 90 '
Sortie 04/02/2014 Reprise -
Réalisateur Jess Franco Compositeur
Casting George Sanders - Maria Rohm - Shirley Eaton - Richard Wyler
Synopsis Le détective privé Jeff Sutton est envoyé en mission au Brésil afin de retrouver une jeune femme disparue. Transportant avec lui une mallette pleine de dollars, il atterrit à Femina, une cité futuriste peuplée par des femmes d’un genre nouveau. Menée par Sonanda (Shirley Eaton), ces amazones modernes ont pour but d’asservir l’espèce masculine. Tout se corse quand Sir Matthews (George Sanders) convoite l’argent de Sutton, et cherche à s’emparer de la réserve d’or de Sonanda.

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Commentaires sur " Sumuru, La cité sans hommes "
  • Sypnos

    Sypnos le 20/03/2014 à 15:53

    Un des rares Franco que je n'ai pas vu. Il va falloir que je remédie à ça.



    Merci.

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