Critique Ça : Chapitre 2 (It Chapter Two)

Ça : Chapitre 2
Difficile de ne pas avoir l'impression que le cinéaste Andy Muschietti s'est fourvoyé avec la conclusion de son diptyque Ça. Scénario lisse, narration mécanique et surplus d'effets numériques entachent le film, l'empêchant d'atteindre le satisfaisant...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Conclusion du diptyque initié en 2017 par le réalisateur argentin Andy Muschietti, Ça : Chapitre 2 quitte l'âge ingrat et s'articule autour du monde adulte. Après le succès critique et commercial du premier volet, sorte de synthèse bienvenue entre divertissement calibré et œuvre de cœur, sa suite était évidemment attendue au tournant. Quelques rides et péripéties plus tard, le Club des Ratés s'enfonce une nouvelle fois dans les bas-fonds de Derry où, tapi dans l'ombre, l'effrayant et mortel Grippe-Sou attend sa vengeance. Malheureusement pour lui, cette année c'est la déception qui l'emporte.

Difficile de ne pas avoir l'impression que le cinéaste Andy Muschietti s'est fourvoyé avec la conclusion de son diptyque Ça.

De l'eau a coulé sous les ponts depuis la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le clown démoniaque qui terrorisait une petite ville dans le Maine. Si la plupart ont quitté Derry, oubliant par la même occasion les sinistres heures passées, Mike, lui, est resté. Tandis que les disparitions et morts s'accumulent, il comprend que quelque chose de terrible s'est réveillé : 27 ans après sa défaite, Ça est de retour. Pour mettre fin à ce fléau, Mike reforme le Club des Ratés, unis par un serment de sang et une promesse sacrée, celle de combattre Grippe-Sou si ce dernier revient.

D'un âge à l'autre, il n'y a qu'un pas que Ça : Chapitre 2 ne souhaite pas franchir. Évacuant une grande partie de la noirceur du récit de Stephen King, le scénario de ce second volet ne gagne que peu en maturité. Malgré une durée de près de trois heures, le film n'accorde qu'une importance limitée à la psychologie de ses personnages, préférant les artifices usuels du genre. Un équilibre précaire pour une œuvre qui, en plus de subir quelques errements scénaristiques, boursoufle son récit avec une narration parfaitement mécanique. Heureusement, le plaisir de retrouver le Club est intact et les incarnations adultes convaincantes. Dans la continuité des heureuses retrouvailles, c'est aussi et surtout l'heure pour chacun d'affronter sa peur souterraine. Sur le chemin du souvenir, de la nostalgie évidemment, mais surtout un combat à mener. Se nourrissant inlassablement des craintes, Grippe-Sou, toujours joué par l'excellent Bill Skarsgård, apparaît plus encore comme l'expression de nos angoisses. Face à un mal qui s'alimente de la haine et de la violence, une réponse : s'accepter soi et autrui.

Esthétiquement accompli, ce deuxième épisode poursuit et complète l'univers de Ça. Plus que de nouveaux décors, dont une immanquable fête foraine, c'est surtout dans les apparitions de Grippe-Sou que réside la principale attraction de cette suite. Plus présent à l'image, le clown apparaît sous des traits cauchemardesques, tantôt effrayant, tantôt grotesque façon The Thing. Malgré ses insuffisances scénaristiques, force est de constater que le spectacle reste globalement au rendez-vous : le montage est certes brouillon, mais rythmé. Et si la partie dramatique, réduite à peau de chagrin, souffre d'un enjeu limité, cela n'empêche pas le film de proposer son lot de fulgurances. Une poignée de scènes qui, avec une belle créativité, bousculent gentiment un genre visuellement éculé. On retrouve par bribes l'identité du premier volet et plus généralement l'univers de Stephen King (pour preuve, le film mentionne même indirectement d'autres œuvres de l'écrivain), un supplément d'âme qui ne suffit cependant pas à faire oublier les trop nombreux écarts de cet épisode.

Difficile de ne pas avoir l'impression que le cinéaste Andy Muschietti s'est fourvoyé avec la conclusion de son diptyque Ça. Scénario lisse, narration mécanique et surplus d'effets numériques entachent le film, l'empêchant d'atteindre le satisfaisant équilibre du premier volet. Si l'efficace bande originale de Benjamin Wallfisch cherche à créer un semblant de tension, la durée du spectacle et le peu de renouveau n'aident en rien à faire durer l'épouvante. Restent, dans ce trop artificiel divertissement, de brillantes scènes, un casting convaincant et le plaisir, malgré tout, de retrouver à l'image le Club des Ratés et son pire cauchemar, Grippe-Sou.

Informations

Détails du Film Ça : Chapitre 2 (It Chapter Two)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Horreur
Version Cinéma Durée 110 '
Sortie 11/09/2019 Reprise -
Réalisateur Andy Muschietti Compositeur Benjamin Wallfisch
Casting James McAvoy - Bill Hader - Jessica Chastain - Bill Skarsgård
Synopsis 27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu'on signale de nouvelles disparitions d'enfants, Mike, le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d'abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

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