Critique Deux moi

Deux moi
Sans aucun doute, le film à voir pour attaquer la rentrée avec le cœur regonflé ! Cédric Klapisch nous offre une œuvre puissante portée par deux comédiens ultra-touchants. Tout tranquillement, Deux moi diffuse des irrésistibles envies : ouvrir...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Justine VIGNAL

Critique du Film

A Self-Love Story

Deux ans après Ce qui nous lie, Cédric Klapisch revient avec Deux moi, comme un bon plat chaud mijoté en plein hiver. Le film s'inscrit dans la continuité des thèmes de prédilection de son réalisateur : l'amour et les afflictions humaines. Le réalisateur reprend deux des acteurs de son film précédent, les brillants Ana Girardot et François Civil (dont le charme participera à l'augmentation de la température).

Deux trentenaires parisiens, Rémy et Mélanie, mènent des vies ordinaires similaires, l'un tout à côté de l'autre, dans deux appartements accolés. Bien qu'ils ne se croisent pas, ils empruntent des trajectoires similaires : en plus de prendre le même métro pour se rendre à leur emplois, les deux protagonistes s'engluent dans une même routine fade, une solitude cafardeuse, et subissent des problèmes de sommeils opposés (hypersomnie pour l'une/insomnie pour l'autre) qui les amènent chacun à commencer une thérapie.

Deux moi s'inscrit dans la catégorie de "comédie irrésistible" et nous regonfle le cœur pour attaquer la rentrée. Cédric Klapisch offre une œuvre puissante portée par deux comédiens ultra-touchants. Tout tranquillement, Deux moi propage des envies profondes : ouvrir son cœur, apprendre à s'aimer soi-même (grâce à un psy aussi efficace que Camille Cottin ou François Berléand), puis, une fois chose faite, aimer les autres dans leur entièreté, et vivre plus fort.

L'un ne dort plus, l'autre dort constamment. L'une ne se remet pas de sa rupture, l'autre ne pense pas mériter l'amour. Rémy et Mélanie trainent de vieilles blessures d'enfance qui ne se laissent plus anesthésier. Deux moi représente un souffle nécessaire et contemporain pour le cinéma romantique et les messages véhiculés sur les relations humaines, via l'importance accordée à la relation la plus importante : la relation à soi. Deux moi, c'est l'incarnation cinématographique de la phrase "tu dois t'aimer toi-même avant d'aimer les autres" et si cette idée s'est usée à force d'être dite et redite, le film lui implante une âme et lui redonne du sang neuf. Un moi + Un moi = Deux moi. Seules deux entités entières peuvent former un véritable amour.

Il serait réducteur de caser Deux moi dans la case "comédie romantique", un genre plus approprié ressemblerait plus à "comédie humaine", non au sens réaliste et balzacien du terme mais au sens d'amour pour l'humanité. La force de Deux moi réside en sa capacité à cerner nos traits communs, nos émotions et réactions face aux souffrances et à l'inconnu, puis à trouver le juste équilibre entre lumière et obscurité : rires, tristesses, joies, traumas, rages et rencontres. Nous suivons les cheminements de François Civil et Ana Girardot avec avidité, les laissant devenir de craquantes surfaces de projection pour nos propres tourments et nos joies. Bien entendu, nous mourrons d'envie que ces deux belles âmes s'entremêlent (on pourrait rester avec elles pendant des heures), mais ce que nous attendons avec le plus d'impatience, c'est le début de cicatrisation de leurs cœurs abîmés.

Deux moi apaise les années de lavages de cerveaux imposées par les comédies romantiques hollywoodiennes dictant la rencontre de l'Autre comme comble-vide intérieur et recette au bonheur. Deux moi s'inscrit dans la catégorie de "comédie irrésistible" et nous regonfle le cœur pour attaquer la rentrée. Cédric Klapisch offre une œuvre puissante portée par deux comédiens ultra-touchants. Tout tranquillement, Deux moi propage des envies profondes : ouvrir son cœur, apprendre à s'aimer soi-même (grâce à un psy aussi efficace que Camille Cottin ou François Berléand), puis, une fois chose faite, aimer les autres dans leur entièreté, et vivre plus fort.

Deux moi aurait pu tomber dans le mièvre : on peut parfois sentir trop frontalement ce que Klapisch veut nous dire mais il dépeint la personnalité de ses personnages d'une manière si sincère qu'on plonge dans leurs sensibilités avec enthousiasme. Et les péripéties laissent le spectateur saliver longuement. Dans les moments où nous sommes persuadés que les deux protagonistes vont entrer en collision et avoir un coup de foudre, nos attentes sont frustrées et la place est laissée à un rebondissement original. Nous suivons avec une gigantesque empathie les vies grises des deux héros parisiens mis en scène en parallèle. Les composantes de leurs vies deviennent familières (d'autant plus si l'on est habitué à la vie parisienne). Paris montré par Klapisch regorge d'évidences. Tout d'un coup, et même si on le savait déjà, on prend conscience de la solitude ressentie le quadruple par les habitants de grandes villes (jamais on ne se sent aussi seul qu'au sein d'une foule d'inconnus). Deux moi devient un miroir à notre quotidien. La possibilité de rencontres devient alors limpide, comme s'il suffisait de tendre la main pour faire des rencontres dans le métro, comme s'il suffisait de changer de perception et d'ouvrir les yeux plus grands pour y voir enfin clair, comme s'il suffisait de se décrasser le palpitant pour s'exciter de la nouveauté.

Cédric Klapisch excelle dans une mise en scène renforçant son propos. Par exemple, le choix astucieux des déplacements de ses personnages dans le cadre hisse Rémy et Mélanie au rang de danseurs filmiques répondant à des chorégraphies sur bitume, le tout évoquant un "playtime" tatiesque en dialogue avec un Love Actually plus sage. N'oublions pas de souligner la superbe des mimiques badines jouées par François Civil. Le nouveau poulain bankable du cinéma français délivre une prestation si éclatante qu'elle en affadit légèrement celle d'Ana Girardot. Un point finalement peu gênant face aux quantités de propositions drôlatiques et sensibles de ce "must-see" de la rentrée. Un chef-d’œuvre dans son genre, plein d'espoir et de justesse.

Informations

Détails du Film Deux moi
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Comédie Romantique - Romance - Tranche de Vie
Version Cinéma Durée 110 '
Sortie 11/09/2019 Reprise -
Réalisateur Cédric Klapisch Compositeur
Casting François Berléand - Ana Girardot - François Civil - Camille Cottin - Eye Haïdara
Synopsis Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

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