Critique Fast & Furious : Hobbs & Shaw

Fast & Furious : Hobbs & Shaw
Si seulement ce 9ème volet Fast and Furious avait pris la voie de la pleine autodérision, on aurait pas eu à subir 2h16 de longueurs, lourdeurs et agacements frustrés. Quelques perles ne suffiront pas à rattraper l'ennui face aux péripéties attendues.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Justine VIGNAL

Critique du Film

Rapides & dangereux : plutôt bourrins & soporifiques

Disons-le clairement : Fast and Furious assume son postulat de divertissement décérébré depuis belle lurette. Les moteurs vrombissants, les muscles bandés, huilés et les explosions à n'en plus finir représentent l'essence de cette série "cinématographique" à se goinfrer l'été après la plage. Aucun souci à se faire plaisir. Ce spin-off se détache des autres opus de la franchise par son ancrage dans un univers de science-fiction dystopique mais le film n'en reste pas moins très frileux et d'une inconsistance navrante. On avait pourtant espoir en la mise en scène de David Leitch, pointure du genre avec ses œuvres précédentes, telle que sa co-réalisation marquante John Wick ou son Atomic Blonde qui fonctionnait globalement.

Si seulement ce 9ème volet Fast and Furious avait complètement emprunté la voie de l'autodérision, on aurait échappé à 2h16 de longueurs, de lourdeurs et d'agacements frustrés. Quelques perles marquantes ne suffiront pas à rattraper notre ennui face au déroulement attendu des péripéties de Hobbs & Shaw.

Luke Hobbs et Deckard Shaw sont comme chien et chat. Vous mettez les deux agents aux méthodes radicalement opposées dans une même pièce, et vous pouvez être certain que des griffes et des crocs seront sortis automatiquement. Alors la situation s'annonce délicate quand les deux ennemis de longue date doivent faire équipe pour sauver le monde. Ils se sont affrontés dans le 7ème volet, ils devront allier leur force pour empêcher Brixton, un "Superman noir" anarchiste cyborg, de mettre la main sur une arme biologique destinée à éradiquer les plus faibles des humains (autrement dit, la plupart de la planète). L'arme biologique mis au point est un virus mortel et ultra-contagieux encapsulé et implanté dans le corps d'une espionne à l'agilité digne de Black Widow, Hattie, accessoirement la sœur de Shaw.

Si seulement ce 9ème volet Fast and Furious avait complètement emprunté la voie de l'autodérision, on aurait échappé à 2h16 de longueurs, de lourdeurs et d'agacements frustrés. Quelques perles marquantes ne suffiront pas à rattraper notre ennui face au déroulement attendu des péripéties de Hobbs & Shaw. Au menu : un vilain bionique très méchant, deux héros messieurs-muscles qui se haïssent à l'origine, puis s'apprécient comme des frères tout à coup au gré de leur sauvetage planétaire, et une des espionnes surentrainées la plus jolie du marché, une "femme forte" que les hommes doivent tout de même sauver. Rien d'incroyable, mais bien pire, rien de spécialement haletant.

Le récit devient clairement un prétexte grotesque aux concours de gros bras maladroitement dosés.

Que l'histoire ne prenne pas son spectateur aux tripes, soit. Les péripéties arrivent là où elles sont attendues, le suspense ne prend pas, ce qui arrive bien souvent avec des blockbusters sur-protéinés. Mais que l'orchestration de l'action soit mal gérée au point de faire perdre tout espoir de plaisir coupable ampute le cœur même des Fast and Furious. Le spectateur n'a tout simplement pas le temps d'apprécier les chorégraphies motorisées et de combats car les actions surviennent dans des moments soit attendus et creux, soit cassant un rythme fragile mis en place. Le récit devient clairement un prétexte grotesque aux concours de gros bras maladroitement dosés.

Les seuls vrais moments qui réveillent notre attention sont portés par The Rock. On pense ainsi à une scène d'interrogatoire où il insuffle enfin une bouffée de second degré.

Soulignons tout de même les prestations adéquates de Dwayne "The Rock" Johnson et Jason Statham qui remplissent le cahier des charges, avec une petite préférence pour The Rock, la montagne de muscles au visage solaire appelant l'empathie. Bien dommage que ses choix de films n'atteignent pas la hauteur de ses capacités dramatiques. Les seuls vrais moments qui réveillent notre attention sont portés par l'acteur-catcheur. On pense ainsi à une scène d'interrogatoire où il insuffle enfin une bouffée de second degré. Lors de cet interrogatoire, Hobbs cite Platon pour répliquer à l'espionne Hattie qui tacle son manque de musculature neuronale, et déclare qu'il entraîne autant son cerveau que ses biceps, qu'il fléchit allégrement en leur envoyant un baiser. Chapeau pour une des meilleures scènes qui représente moins d'1% du film. Fort heureusement, quelques bouffonneries bienvenues relèvent le niveau d'entertainement, notamment les pseudo-chamailleries entre les deux protagonistes. Shaw, voyant sa sœur se rapprocher dangereusement des biceps et du cœur de Hobbs, lui lance des menaces de grand frère possessif "t'approche pas de ma sœur" auquel The Rock répond "ta sœur a bien raison de vouloir grimper sur une belle montagne de muscles, c'est une grande fille" - Et le dialogue finit encore en bagarre.

Les points gênants restent donc le ridicule des dialogues et la morale attendue, réponse à la défaite de la technologie face aux Hommes : "nous avons quelque chose que les machines n'ont pas : un cœur" - un manichéisme à faire souffler d’agacement.

Informations

Détails du Film Fast & Furious : Hobbs & Shaw
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Catastrophe - Espionnage
Version Cinéma Durée 136 '
Sortie 07/08/2019 Reprise -
Réalisateur David Leitch Compositeur
Casting Jason Statham - Idris Elba - Dwayne Johnson
Synopsis Depuis que Hobbs, fidèle agent de sécurité au service diplomatique des Etats-Unis, combatif mais droit, et Shaw, un homme sans foi ni loi, ancien membre de l’élite militaire britannique, se sont affrontés en 2015 dans Fast & Furious 7 ; les deux hommes font tout ce qu’ils peuvent pour se nuire l’un à l’autre. Mais lorsque Brixton, un anarchiste génétiquement modifié, met la main sur une arme de destruction massive après avoir battu le meilleur agent du MI6 qui se trouve être la sœur de Shaw. Les deux ennemis de longue date vont devoir alors faire équipe pour faire tomber le seul adversaire capable de les anéantir.

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