Critique Haunter

Haunter
Haunter de Vincenzo Natali nous ressert le principal défaut de tous les films de son réalisateur : il ne sait jamais tenir une intrigue sur la durée. L’invraisemblance de n’importe quelle histoire respecte toujours un code propre à elle, Haunter...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Vincenzo Natali c’est d’avoir un esprit créatif hors norme. A l’origine de Cube, Cypher et Splice, il nous revient avec sa dernière création : Haunter. Il y raconte l’histoire d’une jeune fille prisonnière de sa propre maison condamnée à revivre sans cesse la même journée jusqu’à ce que des éléments perturbateurs viennent hanter son quotidien.

L’enfermement est un thème inhérent aux films de Natali qu’il soit physique ou psychologique.

L’enfermement est un thème inhérent aux films de Natali qu’il soit physique ou psychologique. Le souci global qu’on retrouve sur tous ses métrages c’est qu’il ne tient jamais sa création d’une main de maître et malheureusement Haunter en subit les mêmes conséquences. L’ouverture du film est prenante. Les différents points narratifs principaux qui construiront le suspens se mettent en place avec une belle efficacité. On se délecte par avance de cet ersatz d’Un Jour Sans Fin sauce fantastique. Malheureusement, Natali ne semble pas vouloir jouer la carte du simple et efficace et se sent obligé de rajouter un amas considérable de péripéties superflues qui viennent gâcher l’intérêt premier du film. Il y a un amalgame prépondérant avec Cube qui se met très vite en place : le huis-clos, des pièces aux fonctions spécifiques, la fin… Mais plutôt que d’extirper les quelques bonnes idées de son premier film pour en garder le meilleur, Natali reproduit exactement les mêmes erreurs. Ainsi, après son exposition, Haunter accumule un mont incessant d’incohérences essayant de renouveler son intrigue qui n’avait pas besoin de cette gangrène pour prouver sa bonne idée de départ. C’est franchement frustrant de voir autant de talent s’étouffer dans une trop grosse créativité. Vincenzo Natali ne sait pas faire le tri dans ses intentions et rend sans cesse des œuvres très brouillonnes dans leur globalité. Et c'est également sans compter sur la dernière réplique du film où comment le réalisateur nous dit clairement : "je n'ai pas su comment conclure mon film, pensez-en ce que vous voulez". A partir de là, on ne peut que sortir énervé de la projection.

Si l’intrigue est vraiment bancale au point de nous perdre dès la moitié du métrage, il reste une réalisation vraiment plaisante.

Si l’intrigue est vraiment bancale au point de nous perdre dès la moitié du métrage, il reste une réalisation vraiment plaisante. On ne peut vraiment pas reprocher à Natali de ne pas savoir filmer. Bien qu’un poil trop académique dans ses procédés, il offre un film agréable visuellement. On regrettera vraiment les effets visuels concernant le brouillard vraiment mal maîtrisés indigne de l’ambiance intérieur parfaitement maîtrisée. Il y a une réelle identité visuelle qui marque le film de Natali. On en revient à ce que nous disions plus haut, c’est vraiment frustrant de voir un tel potentiel créatif tué dans l’œuf. C’est d’autant plus dommage que c’est Natali qui se sabote lui-même. Côté casting, la très belle Abigail Breslin assure comme une bête. Son talent n’est plus à prouver depuis sa formidable prestation dans Little Miss Sunshine (où elle avait 10 ans). Elle porte à bout de bras du haut de ses 17 bougies le projet à elle-seule. C’est d’autant plus plaisant qu’elle s’implique pleinement dans son rôle. A en juger par les posters de Bowie qui ornent les murs de sa chambre et le t-shirt de Siouxsie and the Banshees qu’elle portera quasiment tout le métrage, on ne peine pas un seul instant à croire qu’elle aurait pu être ado dans les années fin 70, début 80. Natali ne nous perd en aucun cas dans la temporalité de son histoire avant de décider de faire rentrer ce fameux personnage perturbateur. Et nous n’en dirons pas plus, de peur de vous révéler un détail de l’intrigue qui a son importance. Seulement, le film se perd beaucoup trop dans ses histoires de flashback et flashfoward, c’est un gloubi-boulga indigeste qui ne sert jamais en bien son évolution narrative.

Haunter nous ressert le principal défaut de tous les films de son réalisateur : il ne sait jamais tenir une intrigue sur la durée. L’invraisemblance de n’importe quelle histoire respecte toujours un code propre à elle, Haunter ne suit et respecte aucun code. La promesse d’Un Jour Sans Fin version horrifique n’est donc pas tenue. Quitte à vouloir apprécier cette promesse faite en début de Haunter, nous ne pouvons que vous conseiller de vous ruer sur l’excellent Triangle de Christopher Smith.

Informations

Détails du Film Haunter
Origine Canada Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Epouvante
Version Direct To Video Durée 97 '
Sortie 15/01/2014 Reprise -
Réalisateur Vincenzo Natali Compositeur Alex Khaskin
Casting Abigail Breslin - Stephen McHattie - Sarah Manninen - David Hewlett
Synopsis Les journées de Lisa se répètent, jours après jours… Lorsqu’elle découvre que sa maison a été le théâtre d’une série de meurtres non élucidés, elle va tout faire pour échapper à cette spirale sans fin…

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