Critique Once Upon a Time in... Hollywood

Once Upon a Time in... Hollywood
Once upon a time… demeure un superbe divertissement pour le grand public, en même temps qu'un hommage fétichiste aux marottes de son auteur. Même s'il n'est pas l'immense chef-d'oeuvre nostalgique et tragique qu'il aurait pu être, il reste complètement...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par David Speranski

Critique du Film

C'était l'événement médiatique incontournable du Festival de Cannes 2019. 25 ans jour pour jour après la projection de Pulp Fiction, Quentin Tarantino concourt à nouveau pour la Palme d'or avec Once upon a time...in Hollywood, son ode à un Hollywood disparu, celui de 1969, année mythique de transition d'un Hollywood à l'autre. Comme il est recommandé, selon les souhaits d'un Quentin Tarantino, de ne pas spoiler des éléments déterminants de l'intrigue, on se pliera à ce desiderata. On évoquera donc surtout le ressenti devant l'œuvre gargantuesque, à la fois rétrospective, jubilatoire et mélancolique que représente Once upon a time...in Hollywood. Un festin de roi, ponctué de fulgurances mais non exempt de quelques lourdeurs superflues.   

Once upon a time… demeure un superbe divertissement pour le grand public, en même temps qu'un hommage fétichiste aux marottes de son auteur. Même s'il n'est pas l'immense chef-d'oeuvre nostalgique et tragique qu'il aurait pu être, il reste complètement fidèle à la trajectoire pleine d'humour et d'ultra-violence de Quentin Tarantino.

Pour Quentin Tarantino, Hollywood en 1969, ce n'est pas tant le mythe des stars et des metteurs en scène déclinants de l'Age d'Or ni même l'émergence des talents du Nouvel Hollywood. Non, pour lui, sa vision d'Hollywood, très mélancolique et volontairement minoritaire, ce sont les acteurs de second plan cantonnés aux séries télé de l'époque, les cascadeurs spécialisés dans le cinéma bis, véritable source de jouissance ininterrompue pour le cinéphile insatiable qu'il est. Cette vision est exprimée par le tandem inénarrable formé par Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), héritier improbable du nom des Dalton, comédien méconnu tournant des séries et des films de séries B, et son ami cascadeur lui servant de doublure, Cliff Booth (Brad Pitt), empruntant le nom de l'assassin de Lincoln. Ils vivent ensemble en tout bien tout honneur dans une villa hollywoodienne avec piscine ; à côté de chez eux, emménagent Sharon Tate et son mari Roman Polanski le 8 février 1969...

On retrouve dans ce film hyper-tarantinesque la multiplicité des protagonistes de Pulp Fiction ainsi que la division en strates temporelles différentes de Boulevard de la mort. Avec ses actions parallèles et son compte à rebours fatidique, Once upon a time...in Hollywood renoue ainsi avec la meilleure veine de Tarantino, celle où les personnages parlent à n'en plus finir et traînent ensemble pour conjurer leurs peurs existentielles.  Il occulte ainsi en grande partie sa trilogie historique un peu prétentieuse et moins concluante (tout est relatif), allant de Inglourious Basterds aux Huit Salopards. Pourtant de sa trilogie historique, Tarantino aura retenu deux choses qu'il a exploitées au maximum dans Once upon a time...in Hollywood, l'attachement au contexte et le côté rédempteur du cinéma. 

Si Once upon a time...regorge d'une dizaine de scènes d'anthologie, elles sont plus à inscrire au crédit de la mise en scène que des dialogues. Cette spécialité tarantinienne a été placée (volontairement ou pas) en retrait. On retiendra donc peu de dialogues de ce nouveau film, contrairement à ceux de Pulp Fiction ou Jackie Brown ; en revanche, un certain nombre de situations resteront en mémoire, le combat Cliff Booth-Bruce Lee, Rick Dalton félicité par sa partenaire petite fille, la visite au ranch George Spahn ou bien évidemment la résolution finale. Le goût de Tarantino pour la violence hyper-réaliste et explicite, hérité du cinéma de genre, est loin d'être renié ici, tandis que la direction d'acteurs est on ne peut plus digne de louanges, DiCaprio en star déclinante, sujet à des pertes de mémoire, et Brad Pitt en archétype de la classe cool, forment un tandem ici exceptionnel. 

Or, si Once upon a time...est d'une absolue brillance pour sa mise en scène, ainsi que pour certaines de ses situations dramatiques, il n'arrive pourtant pas au niveau de Il était une fois dans l'Ouest ou Il était une fois en Amérique, les chefs-d'oeuvre d'un des maîtres de Tarantino, Sergio Leone. Cette légère déficience provient d'un goût prononcé et gratuit de Tarantino pour la parodie et le sanguinolent, ainsi que d'un manque de hauteur concernant la vision globale du monde. Pendant une grande partie du film, l'on s'interroge même assez souvent sur l'objectif de Tarantino car il se complait parfois dans des scènes de dialogue à rallonge qui ne font malheureusement pas avancer l'action. De plus, son optimisme indécrottable le conduit à envisager la vie et la fiction comme des événements a priori positifs. Cette immaturité réjouissante le fait peut-être passer à côté du tragique de l'existence ; en tout cas, elle le laisse la plupart du temps au niveau d'un humour joyeusement potache, le condamnant à ne pas être tout à fait pris au sérieux, quelle que soit la considération qui lui est accordée. Néanmoins Once upon a time… demeure un superbe divertissement pour le grand public, en même temps qu'un hommage fétichiste aux marottes de son auteur. Même s'il n'est pas l'immense chef-d'oeuvre nostalgique et tragique qu'il aurait pu être, il reste complètement fidèle à la trajectoire pleine d'humour et d'ultra-violence de Quentin Tarantino.

Informations

Détails du Film Once Upon a Time in... Hollywood
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Drame
Version Cinéma Durée 165 '
Sortie 14/08/2019 Reprise -
Réalisateur Quentin Tarantino Compositeur
Casting Brad Pitt - Leonardo Dicaprio - Margot Robbie
Synopsis En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

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