Critique Cendre Noire (Ceniza Negra)

Cendre Noire
Sofia Quiros Ubeda nous plonge dans un parcours initiatique envoûtant, où se mêlent découverte de la vie et fascination pour la mort.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Emilie BOCHARD

Critique du Film

C’est la première année que le Costa Rica s’invite au Festival de Cannes, et le tout premier long-métrage de Sofia Quiros Ubeda, Cendre noire, y fait très joliment honneur. Dans des décors sauvages, entre forêts, océan et urbanité modeste, la cinéaste nous embarque en terre méconnue, pour mieux sonder la culture d’un pays qui, cinématographiquement parlant, a encore tout à dévoiler.

Cendre noire nous entraîne donc dans le quotidien de Selva, une jeune fille de treize ans qui sortira de l'enfance en accompagnant ses grands-parents vers la mort. Par un naturalisme nimbé de mystère, Sofia Quiros Ubeda nous plonge dans un parcours initiatique envoûtant, où se mêlent apprentissage de la vie (éveil amoureux, découverte du corps, bouleversements psychologiques) et fascination pour la mort, qui s’exprime ici de façon sensible et sensuelle, dans une conversation surnaturelle entre deux ombres ou dans le simple coassement d’une grenouille.

Par un naturalisme nimbé de mystère, Sofia Quiros Ubeda nous plonge dans un parcours initiatique envoûtant, où se mêlent découverte de la vie et fascination pour la mort.

Dans un univers gouverné par la nature, les générations cohabitent tant bien que mal. D'un côté les grands-parents, garants d’une tradition ancestrale qui semble immuable, qu’elle soit culinaire, musicale ou spirituelle. De l'autre, la jeunesse, déjà touchée par le multiculturalisme, tiraillée entre les airs de rock’n’roll britannique, la danse arabe et l’arrivée encore timide de la technologie (ici figurée par une machine à pince de fête foraine). Dans un monde où les parents manquent curieusement à l'appel, la seule chose qui semble traverser les âges, c’est cette croyance en la réincarnation, dans cette idée magnifique qui voudrait que chaque souffle du vent, chaque serpent qui rampe, chaque vague violente de l’océan serait la manifestation d’une âme humaine qui s’est récemment éteinte. Toute la beauté de cette conviction se cristallise dans un sublime dernier plan, à la fois doux et inquiétant.

Malgré quelques errements, la cinéaste parvient à créer en quelques plans fixes seulement une ambiance unique, emplie de mysticisme et de poésie. Par le naturel désarmant de ses acteurs (notamment de la jeune comédienne Smachleen Gutiérrez), les thématiques philosophiques abordées et ce regard humble sur la nature qu’il met en scène, Cendre noire ressemble de très près à un cinéma asiatique contemplatif, et notamment à Still the Water, le chef-d’œuvre de la cinéaste japonaise Naomi Kawase. S’il manque de maîtrise par rapport à son modèle inconscient et qu’il se montre bien moins lumineux dans sa vision de l’humain, le film de Sofia Quiros Ubeda a tous les atouts d’une première oeuvre faite avec foi et humilité. De quoi assurer un bel avenir au cinéma d'Amérique Latine.

Informations

Détails du Film Cendre Noire (Ceniza Negra)
Origine Argentine - Chili Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 82 '
Sortie 25/05/2019 Reprise -
Réalisateur Sofia Quiros Ubeda Compositeur
Casting
Synopsis Selva, 13 ans, découvre qu’en mourant on ne fait que changer de peau. On peut se transformer en loup, en chèvre, en ombre, en tout ce que l’imagination permet.

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