Critique Le lac aux oies sauvages (Nan Fang Che Zhan De Ju Hui)

Le lac aux oies sauvages
Avec ce polar sec et nerveux, comme on aimerait en voir plus souvent, digne d'un Fritz Lang, ce qui n'est pas peu dire, Diao Yinan se place désormais parmi les maîtres de la mise en scène du cinéma chinois.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par David Speranski

Critique du Film

Avec son Ours d'or remporté au Festival de Berlin en 2014, Black Coal avait déjà inscrit le nom de Diao Yinan sur les tablettes des metteurs en scène à suivre. Le Lac aux oies sauvages, présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes, fait mieux que les confirmer. Avec ce polar sec et nerveux, comme on aimerait en voir plus souvent, digne d'un Fritz Lang, ce qui n'est pas peu dire, Diao Yinan se place désormais parmi les maîtres de la mise en scène du cinéma chinois. 

Avec ce polar sec et nerveux, comme on aimerait en voir plus souvent, digne d'un Fritz Lang, ce qui n'est pas peu dire, Diao Yinan se place désormais parmi les maîtres de la mise en scène du cinéma chinois.

Deux chefs de gangs se font concurrence. L'un est en quête de rédemption, Zhao Zenang, l'autre cherche à prendre le contrôle, Hua Hua. Entre les deux, une femme, Liu Aiai, prostituée, qui va dénoncer l'un pour servir les desseins de l'autre. 

L'histoire du Lac aux oies sauvages est très classique, contrairement au scénario assez complexe et alambiqué de Black Coal. Mais l'on se trouve devant un de ces cas où la mise en scène transcende absolument ce qui pourrait apparaître comme un polar banal. Il ne s'agit pas tant ici de refléter la société chinoise, quoique le film reflète bien d'une certaine manière l'économie souterraine qui fait vivre la Chine, que de faire vibrer le spectateur par la jubilation de la mise en scène. Diao Yinan fait ici flèche de tout bois et parvient à rendre abstrait le moindre accessoire (le chapeau blanc de la protagoniste féministe, un parapluie zébré de sang) grâce à un découpage absolument virtuose qui utilise à plein les ressources expressionnistes du décor et de la lumière.

Dans cette chasse à l'homme (et à la femme), Diao Yinan parvient à rendre haletant le moindre plan, en utilisant le minimum d'effets. Toutes les scènes d'action sont ainsi mises en scène de manière exceptionnelle, rendant la violence extrêmement sensible, jusqu'à l'abstraction des gestes et des postures. On pense évidemment à Fritz Lang pour la précision de ce qui apparaît dans le cadre, du montage et des mouvements d'appareil mais également à Raoul Walsh, en particulier High Sierra, pour le côté abrupt, sec et efficace de la mise en scène. On pourrait reprocher à Diao Yinan de ne pas avoir extrêmement caractérisé ses personnages mais en fait le personnage de la prostituée (mention spéciale à l'actrice Gwei Lun Mei, véritable révélation en protagoniste aux cheveux courts) porte avec sa lassitude mélancolique beaucoup de l'émotion du film. Le couple d'amants tragiques, le chef de gang Zhao Zenang et la prostituée Liu Aiai, figure déjà en bonne place au panthéon du film noir chinois, voire international. 

 

Informations

Détails du Film Le lac aux oies sauvages (Nan Fang Che Zhan De Ju Hui)
Origine Chine Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller
Version Cinéma Durée 117 '
Sortie 25/05/2019 Reprise -
Réalisateur Yi'nan Diao Compositeur
Casting Tang Wei - Ge Hu - Liao Fan
Synopsis Un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Ensemble, ils décident de jouer une dernière fois avec leur destin.

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