Critique Le Daim

Le Daim
Porté par un excellent Jean Dujardin, Le Daim est une œuvre qui s'avère aussi jouissive que décalée.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Projeté en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes, Le Daim est la seconde production made in France du cinéaste et musicien Quentin Dupieux (alias Mr. Oizo). Une nouvelle curiosité du réalisateur qui s'entoure, après le comédien belge Benoît Poelvoorde, du charismatique Jean Dujardin et de la toujours montante Adèle Haenel. L'attachante et sanglante rencontre entre un paumé et une veste 100% daim.

Georges, 44 ans, prend la route. Si il a bien une alliance au doigt, elle ne signifie plus grand chose aujourd'hui, mais cela ne veut pas dire qu'elle est totalement inutile non plus. Au beau milieu des montagnes quelque part en France, il fait un arrêt pour acheter un nouvel habit chez un particulier : une veste en daim. Rapidement, un lien s'opère entre l'homme et la veste, un projet commun est trouvé : celui d'être le seul à posséder et porter une veste. Armé d'une caméra, il entreprend mettre son plan à exécution avec l'aide d'une serveuse / monteuse de film passionnée par les images de Georges.

Récit minimaliste sur une identité en crise, imbriqué dans l'univers si créatif de son singulier réalisateur, Le Daim est une œuvre qui progresse crescendo. La folie du personnage s'intensifie et les actions deviennent alors de plus en plus violentes. Une animalité retrouvée pour l'homme qui, au fil de meurtrières péripéties, possède toujours plus d'habits en daim. Et ensuite ? Pas grand-chose. Globalement court (1H17, générique compris) et obnubilé par son postulat, le film ne manque pourtant ni de souffle, ni de trouvailles visuelles. Cet atypique plongeon dans la folie, on la doit surtout à l'humour de son principal interprète, Jean Dujardin, parfaitement à l'aise dans ce rôle sauvage. Adèle Haenel, qui a déjà vécue la loufoquerie d'un homme dans En Liberté, complète efficacement le tableau.

Attaché à l'idée du décalage et du non-sens, Quentin Dupieux apprécie notamment dans son dernier film jouer de son registre. L'horreur se dilue tout autant dans des sonorités utilisées à contre-emploi que dans l'amusant manque total d'empathie de son anti-héros, aussi paumé que finalement dangereux. Si le cinéaste réfute généralement un second niveau de lecture de ses œuvres, des similitudes font cependant penser à un léger aspect méta vis à vis du personnage de Georges, ce dernier invitant notamment à de pertinentes réflexions sur le cinéma. Enfin en ce qui concerne la photographie, après un Au poste! confiné, on renoue avec les grands espaces, évidemment vides et esthétisés. Musicalement l'Oizo n'est pas derrière la bande originale, ce qui n'empêche pas le film de proposer un univers sonore tout à fait pertinent.

Porté par un excellent Jean Dujardin, Le Daim s'avère aussi jouissif que décalé. Histoire absurde d'une fascination, d'une folie, mais aussi de destins croisés de paumés, l'œuvre rappelle par sa violence Rubber et par son accessibilité Réalité, une heureuse rencontre dans un ensemble toujours assurément ludique.

Informations

Détails du Film Le Daim
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 77 '
Sortie 19/06/2019 Reprise -
Réalisateur Quentin Dupieux Compositeur
Casting Jean Dujardin - Albert Delpy - Adèle Haenel
Synopsis Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

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