Critique After - Chapitre 1 (After)

After - Chapitre 1
After est le type de film qui ne nous fera pas regretter de ne pas avoir fréquenté en période de faculté des personnes aussi peu intéressantes que celles que l'on y voit. C'est une sorte de piètre et médiocre refoulé du puritanisme américain,...

Verdict Note : Monumentale Erreur ! Monumentale Erreur !

Par David Speranski

Critique du Film

Annoncée à grands renforts de publicité, After est la nouvelle franchise romanesque et cinématographique destinée à succéder à Cinquante nuances de Grey. D'une certaine manière, le marketing ne vous ment pas cette fois-ci. Vous y retrouverez les mêmes caractéristiques de niaiserie et d'autosuffisance scénaristique que vous avez pu apprécier dans la franchise SM de E.L. James. Néanmoins il s'agit d'une version post-ado donc déjà bien plus sage - les héros sont en première année de faculté -et en plus édulcorée par rapport aux romans d'Anna Todd, que par inconscience ou sagesse, nous nous sommes bien gardés de lire. On se prend presque à regretter les clins d'œil légèrement coquins de Dakota Johnson dans les Cinquante nuances qui n'avaient pourtant de nuancées que le titre et sombraient infiniment dans un abîme sans fond. A nullité, nullité et demi.

After est le type de film qui ne nous fera pas regretter de ne pas avoir fréquenté en période de faculté des personnes aussi peu intéressantes que celles que l'on y voit. C'est une sorte de piètre et médiocre refoulé du puritanisme américain, au même titre que la saga 50 nuances, où la provocation se vit sur le mode drogue et tatouages, sans basculer vers la véritable subversion révoltée des esprits.

After se concentre sur le destin d'une jeune vierge, Tessa (Joséphine Langford, sorte de Reese Witherspoon ado), en couple avec son meilleur ami Noah, qui commence sa première année de faculté, synonyme de tentations diverses, dont un beau séducteur ténébreux et tatoué, Hardin le bien-nommé. Avec lui, elle va découvrir bien des horizons insoupçonnés...

Jeunes femmes en quête de romantisme, hommes plus ou moins jeunes à la recherche de sensations frelatées, vous pouvez tous passer votre chemin. Même si Joséphine Langford parvient à faire passer tant bien que mal (plutôt mal que bien) quelques rares émotions, le style téléfilmique avec longs ralentis à l'appui et image digne d'un roman-photo ne vous proposera guère de cinéma digne d'être apprécié. Au départ, lorsque Tessa croise un de ses condisciples noirs, on a quelque espoir que, dans l'Amérique trumpiste d'aujourd'hui, ce film présente une romance interraciale quelque peu transgressive. Que nenni! Tessa sera par la suite attirée par un mauvais garçon qui n'a de voyou que l'apparence superficielle. Heureusement pour lui (et pour elle), il est capable de réciter du Emily Brontë dans le texte et a lu en long et en large les œuvres complètes de Jane Austen, en particulier Orgueil et préjugés. C'est ainsi l'occasion pour les réalisatrice et scénariste du film (la scénariste s'est vouée d'ailleurs à adapter son propre roman) d'afficher leur culture littéraire et pour le spectateur de se demander comment ces lectrices et fans féministes de ces œuvres ont pu dégrader à ce point l'objet de leur admiration. 

Car, hormis un petit twist qui donne à l'ensemble un léger parfum de Liaisons dangereuses, on vogue dans le produit calibré ado qui ne prend surtout pas de risques pour oser montrer des scènes sexualisées. Vous en verrez ici certainement moins qu'à la télévision ou sur Internet. Vous pouvez même y emmener vos parents ou beaux-parents en toute confiance. After est le type de film qui ne nous fera pas regretter de ne pas avoir fréquenté en période de faculté des personnes aussi peu intéressantes que celles que l'on y voit. C'est une sorte de piètre et médiocre refoulé du puritanisme américain, au même titre que la saga 50 nuances, où la provocation se vit sur le mode drogue et tatouages, sans basculer vers la véritable subversion révoltée des esprits. On peut pousser un triste soupir quand l'on s'aperçoit malheureusement que des femmes se trouvent aux commandes du projet (Anna Todd au scénario, Jenny Gage à la réalisation). On y aperçoit Selma Blair, Peter Gallagher, Jennifer Beals, devenus presque méconnaissables, tristes fantômes de leur passé. A côté de cet ectoplasme, les films de la saga Twilight deviendraient presque acceptables et la franchise Hunger Games, un chef-d'oeuvre, c'est dire l'inanité du produit. Seule 50 nuances de Grey peut lui être comparée défavorablement (et encore au moins Dakota Johnson, actrice peut-être sous-estimée, y donne davantage de sa personne). En tout cas, le spectateur ne sera pas arrivé au bout de ses peines cinématographiques car After-Chapitre 1, comme son titre l'indique, annonce une ou plusieurs suites, que nous espérons éviter cette fois-ci, en courant.  

Informations

Détails du Film After - Chapitre 1 (After)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Romance
Version Cinéma Durée 106 '
Sortie 17/04/2019 Reprise -
Réalisateur Jenny Gage Compositeur
Casting Selma Blair - Jennifer Beals - Peter Gallagher - Joséphine Langford - Hero Fiennes-Tiffin - Samuel Larsen
Synopsis Depuis son plus jeune âge, Tessa était promise à un avenir tout tracé : une vie rangée, une brillante carrière, un mariage tranquille avec son fiancé de toujours. Jusqu’à sa rencontre avec Hardin à son arrivée à l’université.Grossier, provocateur, cruel, c’est le garçon le plus détestable qu’elle ait jamais croisé. Et pourtant, ce bad boy tatoué pourrait bien lui faire perdre tout contrôle…

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