Critique Blanche comme neige

Blanche comme neige
Bonne pioche pour la réalisatrice Anne Fontaine qui nous propose avec son Blanche comme neige une relecture originale du conte des frères Grimm. Narrant avec une certaine légèreté l'émancipation contemporaine d'une jeune femme à la conquête de...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Contemporaine et quelque part érotique relecture du conte des frères Grimm, le singulier Blanche comme neige de la réalisatrice Anne Fontaine surprend. Récit d'un réveil heureux où s'entrechoquent, loin d'un quelconque esprit moralisateur, les désirs et les plaisirs, l'œuvre se croque réellement à pleines dents... à condition d'adhérer à son étrange parcours initiatique.

Bonne pioche pour la réalisatrice Anne Fontaine qui nous propose avec son Blanche comme neige une relecture originale du conte des frères Grimm. Narrant avec une certaine légèreté l'émancipation contemporaine d'une jeune femme à la conquête de ses désirs, l'œuvre s'entoure notamment d'un casting de choix pour faire vivre cette sensuelle relecture.

La beauté de Claire rend malade Maud, sa belle-mère. La jeune femme attire le regard du compagnon de Maud, attiré par ses charmes. Jalouse et en colère, Maud décide de se débarasser d'elle. Alors que la tentative de meurtre de sa belle-mère, par procuration et donc intraçable, échoue, Claire se réveille dans un village niché dans les montagnes. Le commencement pour Claire d'une nouvelle vie, libérée : la fin d'un long sommeil. Découpé en trois chapitres, Blanche comme neige reprend les grands traits du conte des frères Grimm. On y retrouve la pomme, aussi belle que fatale, mais aussi le miroir, reflet de l'éphémère. Plus que les objets, ce sont les figures, rendues actuelles, que l'on découvre sous un nouveau jour : Blanche-Neige (Claire), incarnée par l'étonnante Lou de Laâge, est par exemple une jeune femme moderne à l'écoute de ses envies. Après s'être oubliée, cet épisode va l'amener à prendre conscience de ses désirs, tout en sensualité. Face à elle, une rivale pleine de malice, la fameuse reine-sorcière (Maud) incarnée par la très juste Isabelle Huppert. La beauté de sa belle-fille (que l'on peut prendre, à juste titre, comme un élément comique en soi) est une douleur, l'âge gâtant les corps et les esprits. Cette plaie ouverte tend à sensibiliser un minimum ce personnage que l'on sent porté par une troublante ambiguïté. Enfin, l'aspect initiatique est l'affaire des sept hommes que va rencontrer Claire durant le film : ils s'inspirent vaguement des traits des nains du conte. Si les personnalités sont diverses, l'essentiel est à trouver dans la sensibilité de ces personnages masculins. Bien que la finesse ne soit pas toujours au rendez-vous, notamment dans sa scolaire première partie, l'écriture brille surtout par ses multiples portraits. La jalousie, la timidité, la protection, l'animalité, la soumission, mais aussi la sensibilité artistique (avec un drôle et touchant Vincent Macaigne) se rencontrent, donnant un joyeux cosmos social qui gravite autour d'une électrique et charnelle Claire.

A ce jeu du choix, une liberté assumée : celle justement de ne pas choisir. Le rôle du prince charmant est délaissé au profit d'un plaisir, celui de Blanche-Neige. Et c'est peut-être là que réside le manque de subtilité du film, l'équilibre renversé des sexes ne jouant toujours pas en la faveur d'un finalement chimérique équilibre. L'émancipation sexuelle et féminine du personnage, confrontée à sa grande liberté, amène d'ailleurs à considérer une lacune dans la démonstration de cette libido débridée : elle reste en effet malgré tout captive du regard qu'on lui porte et des personnalités qui l'entourent. Cette gravité, le film n'en rend finalement que peu compte, une planante légèreté entraînant le récit. Pas si subversif donc, mais suffisamment original et inventif pour convaincre et divertir. La réalisation, à ce titre, mêle efficacement les références, jouant autant des traits du conte que des registres cinématographiques. Une photographie maîtrisée que la musique originale de Bruno Coulais accompagne avec réussite. Un travail esthétique et sonore à la hauteur de son atypique univers, plongé dans la brume d'une magnifique - et dangereuse - vallée montagneuse.

Bonne pioche pour la réalisatrice Anne Fontaine qui nous propose avec son Blanche comme neige une relecture originale du conte des frères Grimm. Narrant avec une certaine légèreté l'émancipation contemporaine d'une jeune femme à la conquête de ses désirs, l'œuvre s'entoure notamment d'un casting de choix pour faire vivre cette sensuelle relecture, aussi fantaisiste qu'intime.

Informations

Détails du Film Blanche comme neige
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 112 '
Sortie 10/04/2019 Reprise -
Réalisateur Anne Fontaine Compositeur
Casting Benoît Poelvoorde - Isabelle Huppert - Charles Berling - Jonathan Cohen - Vincent Macaigne
Synopsis Claire, jeune femme d’une grande beauté, suscite l’irrépressible jalousie de sa belle-mère Maud, qui va jusqu’à préméditer son meurtre. Sauvée in extremis par un homme mystérieux qui la recueille dans sa ferme, Claire décide de rester dans ce village et va éveiller l’émoi de ses habitants... Un, deux, et bientôt sept hommes vont tomber sous son charme ! Pour elle, c’est le début d’une émancipation radicale, à la fois charnelle et sentimentale…

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