Critique Simetierre (Pet Sematary)

Simetierre
Au-delà de l'aspect de film d'horreur, Simetierre est surtout un réceptacle d'émotions enfouies qui resurgissent, dures, brutes et inévitables, un requiem pour des vies qui n'ont pas su trouver une résolution satisfaisante et qui n'en trouveront...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Depuis les années 70, Stephen King est l'un des auteurs les plus adaptés au cinéma ; on ne va certainement pas s'en plaindre. Néanmoins la vogue cinématographique autour de ses romans s'était quelque peu étiolée dans les années 2000. Elle a récemment repris en raison du succès mondial de Ça et du revival autour des films d'horreur des années 70-80 : ces dernières années, nous avons eu droit soit à des suites soit à des remakes de Carrie, Halloween, etc. Ce remake de Simetierre fête donc les trente ans du film originel de Mary Lambert, surtout connue à l'époque pour ses clips de Madonna, sorti à la fin des années 80. Stephen King qui avait scénarisé le film de Mary Lambert, dit le plus grand bien de ce remake. Le King de l'horreur a-t-il forcément raison?   

Au-delà de l'aspect de film d'horreur, Simetierre est surtout un réceptacle d'émotions enfouies qui resurgissent, dures, brutes et inévitables, un requiem pour des vies qui n'ont pas su trouver une résolution satisfaisante et qui n'en trouveront jamais, ici ou ailleurs.

Fatigué de la vie urbaine trépidante, le docteur Louis Creed s'installe avec sa femme Rachel et ses deux enfants, Ellie et Gage, à la campagne dans une propriété du Maine, bordant une immense forêt. Ils font la connaissance d'un étrange voisin, Jud Crandall, qui incitera Louis à tenter de ressusciter un chat mort, Church. Cette résurrection sera la boîte de Pandore qui libérera les forces du Mal autour de cette famille...

Stephen King n'est pas forcément le meilleur juge pour les adaptations tirées de son œuvre foisonnante. Tout le monde sait qu'il a détesté l'adaptation de Shining par Stanley Kubrick, se lançant même dans une longue adaptation télévisée de son œuvre, réalisée par Mike Garris; afin de défendre sa vision de son livre. Par conséquent, son approbation d'adaptations ne représente pas forcément un gage de qualité auprès de ses lecteurs et fans. Simetierre fait en plus partie de ses romans les plus personnels, qu'il a lui-même adapté, étant l'auteur du scénario de la version de Mary Lambert. Car Simetierre est une œuvre d'une tristesse poisseuse, sur le fait de vouloir retenir nos morts au lieu de les laisser définitivement s'en aller, sur le travail de deuil qui ne parvient jamais à réellement s'accomplir.  

Alors que le film de Mary Lambert est très axé sur l'horreur pure et les frissons à bon marché, les réalisateurs de ce nouveau Simetierre ont décidé de recentrer le film sur le deuil et la tristesse afférente à ce traumatisme. Ce changement de perspective s'avère bénéfique au film, en le libérant des jumpscares intempestifs (il en reste néanmoins quelques-uns) mais finalement, le film se révèle surtout hanté dans tous les sens du terme, à combustion lente, et traversé par une angoisse existentielle tenace. Kevin Kölsch et Dennis Widmyer ont ainsi opéré des changements qui pourront faire hurler les gardiens du temple, essentiellement sur l'identité de la personne morte et le dénouement, mais ces modifications vont toutes dans le sens d'une amélioration de l'œuvre. Bien que la deuxième partie du film s'avère un tantinet plus prévisible, avec cette petite fille sortie tout droit de L'Exorciste, (hormis le dénouement totalement inédit à la manière de Je suis une légende de Richard Matheson), l'ensemble ressemble plutôt à un beau film d'atmosphère qui laisse respirer ses protagonistes, avec une distribution de haut niveau (Jason Clarke, bouleversant, pour une fois dans un premier rôle, les découvertes formidables d'Amy Seimetz, très émouvante, et de l'étonnante Jeté Laurence, sans oublier le De Palmesque John Lithgow dans un second rôle taillé sur mesure) qui contraste agréablement avec celle passe-partout, que tout le monde a déjà oubliée, de la version Lambert.

Sans en avoir l'air, le film se révèle assez traumatisant sur la durée, en faisant rejaillir des remords ou des regrets sur ce qu'on aurait dû faire par rapport à des personnes qu'on a connues. Le personnage d'Ellie, la fille de Louis et Rachel, se pose ainsi des questions sur l'au-delà et finit par y répondre dans la deuxième partie : "il y a autre chose. Mais ce n'est pas le paradis, c'est pire".  Au-delà de l'aspect de film d'horreur, Simetierre est surtout un réceptacle d'émotions enfouies qui resurgissent, dures, brutes et inévitables, comme le souvenir de la sœur de Rachel, qu'elle voudrait refouler, un requiem pour des vies qui n'ont pas su trouver une résolution satisfaisante et qui n'en trouveront jamais, ici ou ailleurs.  

Informations

Détails du Film Simetierre (Pet Sematary)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 101 '
Sortie 10/04/2019 Reprise -
Réalisateur Kevin Kölsch - Dennis Widmyer Compositeur
Casting John Lithgow - Jason Clarke - Amy Seimetz - Jeté Laurence
Synopsis Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s'installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l'aide d'un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques