Critique Shazam! (Shazam !)

Shazam!
L'absence totale de profondeur (volontaire?) de Zachary Levi, cabotinant au maximum, fait alors sombrer l'œuvre d'un film de super-héros relativement classique style origin story à une parodie de film de super-héros, ce qui représente quasiment un...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par David Speranski

Critique du Film

L'ironie du sort veut qu'en l'espace d'un mois, deux Captain Marvel sortent sur les écrans. Car Shazam, avant d'être racheté par D.C. Comics en 1972 et rebaptisé en 2011, s'est d'abord appelé Captain Marvel, ce qui aurait sérieusement prêté à confusion. On n'attendait plus grand'chose artistiquement de D.C. Comics, seul univers capable de rivaliser avec Marvel Comics dans le royaume des super-héros, après les Batman V. Superman et Justice League, bouffis de prétention de Zach Snyder, le Wonder Woman faussement féministe de Patti Jenkins et l'Aquaman de James Wan qui se noyait dans ses tornades d'effets spéciaux. Et voici pourtant un autre réalisateur de film d'horreur, David F. Sandberg (Annabelle 2) qui propose un Shazam! fun et décomplexé, qui, selon certains avis autorisés, serait le meilleur film de D.C. Comics, mais est-ce vraiment le cas? 

L'absence totale de profondeur (volontaire?) de Zachary Levi, cabotinant au maximum, fait alors sombrer l'œuvre d'un film de super-héros relativement classique style origin story à une parodie de film de super-héros, ce qui représente quasiment un sous-genre en soi.

Shazam! montre en fait deux enfants issus de familles dysfonctionnelles : l'un en 1974, Thaddeus Silvana, mal-aimé par son père et son frère, échoue à être désigné par le vieux sorcier Shazam comme son successeur pour lutter contre les forces du Mal ; de nos jours, l'autre, Billy Batson, perd la trace de sa mère dans une fête foraine et n'a de cesse de la retrouver. Il atterrira dans une famille adoptive et sera choisi par le vieux sorcier pour prendre la relève... 

L'exposition du film, assez maligne, intrigue, en présentant d'abord l'histoire de Thaddeus Silvana puis en nous plongeant dans celle de Billy Batson. Sans prétention excessive, Sandberg parvient à nous plonger avec une certaine habileté dans un univers fantastique, rappelant les productions Spielberg des années 80 sur l'enfance dans des familles dysfonctionnelles. Le talent réel des deux comédiens adolescents mis en vedette, Asher Angel (Billy) et Jack Dylan Grazer (Freddy, le frère adoptif handicapé), ainsi que celui déjà réputé de Mark Strong (Thaddeus Silvana) y sont pour beaucoup. Le film ne se départit pas alors d'une dimension dramatique globale de bon aloi qui laisse présager du meilleur. 

Hélas, trois fois hélas! Tout se gâte avec la transformation de Billy en Shazam (Zachary Levi) où le spectateur échoue à trouver la connexion possible entre l'adolescent sensible et provocateur et le grand dadais nigaud et immature devenu super-héros. L'absence totale de profondeur (volontaire?) de Zachary Levi, cabotinant au maximum, fait alors sombrer l'œuvre d'un film de super-héros relativement classique style origin story à une parodie de film de super-héros, ce qui représente quasiment un sous-genre en soi. Cependant, contrairement à Kick-Ass (aucun pouvoir mais l'attitude), Shazam a tous les pouvoirs mais n'affiche aucune attitude digne d'un super-héros. A partir de là, le film stagnera dans un esprit parodique, en faisant des clins d'œil à Big de Penny Marshall ou Superman (plutôt celui de Richard Donner que celui de Zach Snyder), en dépit de quelques jolies scènes réussies venant de Asher Angel ou Jack Dylan Grazer. On aura alors l'impression étrange que certains jouent dans un autre film que les autres. Ce côté métafilmique à la Deadpool (en moins réussi) arrive comme un cheveu sur la soupe d'un film qui, pourtant, promettait une nouvelle visite des problématiques à l'œuvre dans le Peter Parker de Spider-Man. On aurait pu ainsi avoir une réflexion sur les enfants abandonnés et les destins divers qui en découlent, selon le potentiel des personnes, et montrer que tous les enfants perdus sont des super-héros en puissance, s'ils ne deviennent pas des anges déchus. Malheureusement, Shazam (le personnage) apparaît beaucoup trop niais pour être finalement crédible dans sa lutte contre les forces du Mal, sans même mentionner le reste de la distribution, composé à l'évidence de seconds couteaux. Alors, oui, peut-être, Shazam est-il le meilleur film de D.C. Comics grâce à une première heure prometteuse, mais uniquement en raison d'un niveau très faible dans le reste de la franchise. Comme Shazam le résume dans sa dernière réplique de la deuxième scène post-générique, finalement, "ce n'est pas si cool". 

Informations

Détails du Film Shazam! (Shazam !)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Fantastique
Version Cinéma Durée 132 '
Sortie 03/04/2019 Reprise -
Réalisateur David F. Sandberg Compositeur
Casting Mark Strong - Zachary Levi
Synopsis On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d'accueil, il suffit de crier "Shazam !" pour se transformer en super-héros. Ado dans un corps d'adulte sculpté à la perfection, Shazam s'éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n'importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l'insouciance d'un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques