Critique La Vie d'Adèle

La Vie d'Adèle
Dans ce titre, La vie d’Adèle, il y a évidemment Adèle. Au-delà d’une simple histoire d'amour un peu naïve, La vie d’Adèle est un film sur la solitude de la déception amoureuse...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Rémy Pignatiello

Critique du Film

Dans ce titre, La vie d’Adèle, il y a évidemment Adèle. Au-delà d’une simple histoire d'amour un peu naïve, La vie d’Adèle est un film sur la solitude de la déception amoureuse. Se faire du mal, regretter ses actions passées effectuées sur une pulsion égoïste, être renvoyer à celui ou celle qui n'est plus là. Le manque habite le film, celui qui suit une passion qui s’est mal finie, mais aussi celui qui fait rechercher cette passion en 1er lieu. Cette capacité qu’a le film à convoyer cet état émotionnel, comme une sècheresse intérieure qui donne envie de s'isoler pour ressasser est probablement la plus grande force du film.

Au-delà d’une simple histoire d'amour un peu naïve, La vie d’Adèle est un film sur la solitude de la déception amoureuse.

Cependant, c'est probablement une des grosses limites visibles du film. Il n'est en effet jamais aussi fort que lorsqu'il transmet le désir : sourires gênés, douces approches précédant les brusques caresses. Et puis, donc, le manque après la rupture. Or, c'est précisément lorsqu'il parle d'amour que le film a beaucoup de mal à créer une vraie empathie devant ce couple censé s'aimer. Le désir, oui, mais y a-t’il un véritable amour entre Adèle et Emma, que tout semble opposer, renvoyer dos-à-dos à commencer par une passion chronophage d’Emma pour la peinture ?

Pourtant, plus qu'une histoire de couple lesbien, c'est une histoire de couple tout court que raconte La vie d’Adèle. Force ou faiblesse bonne question, mais le résultat est là : la volonté de n’avoir quasi aucun discours sur l'homosexualité (à 2-3 maladresses près), ce qui permet au film de rester universel : le désir, la passion, le manque, le rejet, l'isolement. Oui, on a un bar remplie de lesbiennes qui boivent des "bières de goudous", oui, on ne sait pas si Adèle traverse simplement une passe expérimentale. Au final, Adèle est avant tout une personne qui voit l'amour de sa vie s'en aller, ce que Kechiche décrivait comme "solitude que peut vivre celui qui ne sent plus aimé, ce deuil qu'il faut faire" Lesbienne, bi ou hétéro, peu importe. L'universalité des thématiques du film, c'est ça.

Mais La vie d'Adèle, c'est aussi la vie tout court.

Mais La vie d'Adèle, c'est aussi la vie tout court. L’écriture naturaliste impressionne. Même si certaines séquences paraissent inutiles ou du moins étirées, le film sonne comme une vraie tranche de vie avec une construction logique de l’épaisseur psychologique et émotionnelle d’Adèle : du désir naissant à la défensive face aux camarades (-clichés), de la solitude à la jalousie. La photo fonctionne parfaitement en ce sens, avec cette lumière magnifique, pour les extérieurs en particulier. Depuis quelques temps, les films français semblent éclairés comme des TV Films. Ca fait plaisir de voir que ce n'est pas le cas ici. Il y a bien la mise en scène tout en gros plans, mais ça fonctionne bien et on peut rapidement passer outre.

Au-delà de cette fluidité narrative (les 3h passent très bien), il y a aussi (et par contre) des actrices au charisme variable. Si Adèle Exarchopoulos est franchement excellente de naturel, avec un magnétisme et une fraicheur impressionnants, Léa Seydoux impressionne vraiment moins. Elle parait comme trop sûre d'elle, avec un jeu semblant forcé à côté de celui d'Exarchopoulos.

En bref, La vie d'Adèle, c'est beau, c'est vivant, c'est humain.

Subsistent malgré tout quelques maladresses parsemant le film. Ces personnages secondaires sans grande épaisseur. Ces camarades de classe homophobes rendues lassantes par une scène à l'écriture forcée. Ces hilarants dialogues de café de Flore entre potes des Beaux Arts ("nan mais Schiele, quoi"). Et puis, surtout, ces scènes de sexe comme hors sujet, ne renforçant nullement l'expression du désir entre Adèle et Emma, bien mieux rendue dans la très belle scène du parc. Ces scènes de sexe ne sont ni choquantes ni provocantes, elles n'ont juste pas du tout l'utilité qu'elles semblent censées avoir. Il serait par contre particulièrement dommage de se focaliser sur ces scènes tant elles ne représentent qu'une portion particulièrement courte du film (12 minutes en tout et pour tout).

Tout comme on pourra volontairement passer outre toute la (sur-) analyse d'une opposition des classes, prolétaires contre bourgeois, spaghettis bolo contre huîtres, certes présente et maladroite, mais là aussi complètement accessoire au film, et certainement pas son propos principal.

Informations

Détails du Film La Vie d'Adèle
Origine France Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Drame - Romance
Version Cinéma Durée 180 '
Sortie 09/10/2013 Reprise -
Réalisateur Abdellatif Kechiche Compositeur Aucun
Casting Aurélien Recoing - Léa Seydoux - Adèle Exarchopoulos - Salim Kechiouche - Jérémie Laheurte - Catherine Salée
Synopsis À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve.

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