Critique Marie Stuart, Reine d'Ecosse (Mary, Queen of Scots)

Marie Stuart, Reine d'Ecosse
Trois raisons minoritaires constituent de bonnes excuses pour s'infliger à nouveau la triste histoire de Marie Stuart, celle qui s'est rêvé un destin hors normes et s'est laissée piéger par un monde d'hommes.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par David Speranski

Critique du Film

A l'heure où Yorgos Lanthimos pulvérise de son style décapant les films historiques dans La Favorite, la sortie de Marie Stuart, Reine d'Ecosse tombe on ne peut plus mal. On y a certes affaire à l'académisme le plus compassé qui ne cherche pas à renouveler une seule seconde une histoire cent fois rebattue. Néanmoins ce film ne s'avère pas franchement déshonorant, dans le style du film historique "à l'ancienne", même si ses meilleurs atouts ne figurent ni dans sa réalisation scolaire, assumée par une directrice artistique de théâtre britannique, Josie Rourke (dont c'est la première réalisation) ni dans son scénario pourtant écrit par Beau Willimon, le showrunner de House of Cards (la version américaine), que l'on a connu plus inspiré, innovant et percutant.  

Trois raisons minoritaires constituent de bonnes excuses pour s'infliger à nouveau la triste histoire de Marie Stuart, celle qui s'est rêvé un destin hors normes et s'est laissée piéger par un monde d'hommes. Mettre ici une phrase importante en début de paragraphe

Résumons une trame historique connue de la plupart : Marie, tout d'abord souveraine de France, rejoignit l'Ecosse en tant que reine catholique. Devenue Marie Stuart par le mariage et accouchant d'un fils, elle devient un danger pour la Couronne d'Angleterre détenue par sa cousine Elizabeth, Reine vierge et célibataire. Les conspirations ne vont alors cesser pour destituer Marie et la condamner à une mort certaine. 

Il existe déjà plus d'une demi-douzaine de versions cinématographiques de cette histoire de Marie Stuart. Cependant aucune n'aura réellement marqué les esprits par ses qualités de mise en scène, y compris celle de John Ford qui compte parmi les plus mauvais films du génie irlando-américain. Tout au plus, se souvient-on des interprètes de Marie Stuart : Katharine Hepburn donc dans le film de John Ford, Vanessa Redgrave dans la version de 1971 et peut-être Samantha Morton dans Elizabeth : l'Age d'or de Shekhar Kapur. La version de Josie Rourke ne marquera pas davantage les esprits. Aussitôt vue, aussi vite oubliée. Même les détracteurs de Yorgos Lanthimos ne pourront que reconnaître que sa vision burlesque, très Tex Avery, des rapports de pouvoir, a bien plus de chances de subsister que cet énième ersatz des films en costumes. D'un côté, un metteur en scène qui donne à voir une époque d'un œil neuf ; de l'autre une directrice artistique qui ne propose aucune véritable relecture d'une tragédie mille fois contée. Si l'on tient vraiment à comparer ses films, on remarquera utilement la présence de Joe Alwyn dans les deux. Devinez dans lequel il est incontestablement meilleur? De son côté, Beau Willimon construit son histoire sur un parallélisme symbolique entre deux destins féminins, sans imagination ni fantaisie. Seule la scène de confrontation entre les deux cousines, durant de longues minutes, parvient à faire naître une tension et une émotion qui s'évanouiront une fois la séquence terminée.  

Pourtant il existe trois bonnes raisons pour aller voir cette œuvre pachydermique et elles peuvent peut-être à elles seules suffire. 1) Saoirse (prononcez Sœur-chat) Ronan y tient son premier rôle d'adulte. Souveraine devant s'imposer dans un monde d'hommes, elle doit même faire face à des scènes sexuelles qu'on ne l'aurait jamais imaginée tourner. 2) Margot Robbie, méconnaissable dans le rôle d'Elizabeth, prouve qu'en dépit de sa beauté éblouissante, masquée ici par une coiffure et un maquillage très réussis, elle s'avère une excellente actrice, en volant presque la vedette à Sœur-chat. Elle aurait mérité de tourner un film dans ce rôle en vedette.  3) La très belle musique de Max Richter (Shutter Island, The Leftovers) joue un rôle de protagoniste à part entière. Cela vaut largement la peine de rester dans la salle pendant le générique de fin pour l'écouter enfin dans son intégralité. Ces trois raisons sont minoritaires mais constituent de bonnes excuses pour s'infliger à nouveau la triste histoire de Marie Stuart, celle qui s'est rêvé un destin hors normes et s'est laissée piéger par un monde d'hommes. 

Informations

Détails du Film Marie Stuart, Reine d'Ecosse (Mary, Queen of Scots)
Origine Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Historique
Version Cinéma Durée 124 '
Sortie 27/02/2019 Reprise -
Réalisateur Josie Rourke Compositeur Max Richter
Casting Guy Pearce - Saoirse Ronan - David Tennant - Margot Robbie - Joe Alwyn
Synopsis Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

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