Critique Alita: Battle Angel

Alita: Battle Angel
Tous ces éléments contribuent à faire de Alita un agréable divertissement cyber-punk, un peu superficiel et guère inoubliable, tout comme l'identité que le personnage principal a beaucoup de mal à faire revenir à sa mémoire.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Adapté du manga Gunnm de Yukito Kishiro, dont les droits ont été acquis par James Cameron à l'orée des années 2000, Alita : Battle Angel était très attendu comme le retour de James Cameron aux affaires cinématographiques. Finalement c'est Robert Rodriguez qui prend en charge cette adaptation, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'œuvre, puisque l'objectif de divertissement ludique prend nettement le pas sur les ambitions éventuelles de réflexion sur le destin de l'humanité. Elles n'ont pas pour autant disparu mais demeurent un peu en retrait derrière la prouesse technologique et l'esthétique visuelle éblouissante de l'oeuvre. 

Tous ces éléments contribuent à faire de Alita un agréable divertissement cyber-punk, un peu superficiel et guère inoubliable, tout comme l'identité que le personnage principal a beaucoup de mal à faire revenir à sa mémoire.

2563 Voila environ 300 ans que la Terre a connu l'effondrement. Dans la ville d'Iron City, infestée par le crime, le Dr Dyson Ido cherche des pièces détachées dans une décharge à ciel ouvert. Ces pièces en tout genre tombent depuis Zalem, une cité céleste où chacun rêve d'aller. Ido va alors tomber sur le corps d'une cyborg en piteux état. Il va alors la ramener dans sa clinique spécialisée pour la réparer. La jeune cyborg se réveille, amnésique. Le docteur Ido la rebaptise Alita (du nom de sa fille décédée) et lui fait découvrir les environs. Mais Alita veut toujours en savoir plus et aller plus loin. Elle fait la connaissance de Hugo, un revendeur de pièces détachées auquel elle se lie rapidement. Alita va tenter de comprendre qui elle est réellement et d'où elle vient. Elle croise la route du terrible Vector, qui contrôle les matchs du sport ultra-populaire de la ville, le Motorball.

James Cameron a donc acquis les droits de Gunnm, ce manga mythique, en 1999. Dès 2003, il a essayé de l'adapter mais entre-temps il s'est consacré à Avatar et à ses multiples suites. C'est la raison pour laquelle, au visionnage d'Alita, un décalage temporel frappe le spectateur. Le film arrive sans doute un peu tard, bien après Matrix (pour les duels et scènes d'action), Elysium (la décharge), Blade Runner, Westworld, Ex Machina, Ghost in the Shell (les cyborgs et leur quête d'humanité), Rollerball, la saga Divergente et même Dark Angel, la série TV, avec Jessica Alba, créée par un certain...James Cameron qui y avait repris beaucoup d'éléments de Gunnm. A l'arrivée, beaucoup d'éléments connus donnent un air de déjà-vu à Alita, un petit côté pot-pourri de toutes les fictions dystopiques de ces vingt dernières années, comme si Robert Rodriguez avait un peu ramassé tout ce qui traînait à la décharge des idées SF et avait décidé de créer à partir de ce mélange une nouvelle créature comme l'avait fait Frankenstein.

Car c'est Robert Rodriguez qui s'est finalement attaqué à cette légende du manga. Il en tire l'un de ses meilleurs films depuis Sin City et Planète Terreur et confirme son habileté à réaliser des films à partir d'éléments fournis par d'autres (Frank Miller pour Sin City, Quentin Tarantino pour Planète Terreur et donc James Cameron pour Alita). Le film y gagne beaucoup de légèreté mais y perd en contrepartie en profondeur. On retrouve le positionnement féministe de Cameron, déjà à l'œuvre dans Terminator, Aliens, Abyss, Titanic ou Avatar mais Rodriguez met surtout l'accent sur l'action et les combats, tous très réussis (en particulier la fameuse séquence de motorball), et l'esthétique cyberpunk, déjà vue mais toujours aussi impressionnante. En revanche, la réflexion qui aurait pu découler de l'œuvre se perd dans les limbes de la performance capture. Rodriguez montre en effet l'opposition entre la ville d'en-haut et la décharge sombrant dans la violence mais n'en déduit rien ; de même la problématique existentielle dérivant de l'humanité possible d'Alita n'est guère mise en avant. Narrativement, il s'égare un peu plus du côté de son casting de seconds rôles assez captivants, Christoph Waltz en apprenti sorcier dépassé par ses capacités, Jennifer Connelly, toujours aussi sublime en femme dépressive, et Mahershala Ali (incontournable en ce moment, après Green Book et True Detective), en entrepreneur régnant sur Iron City, et ayant séduit la femme du Docteur Ido.

Tous ces éléments contribuent à faire de Alita un agréable divertissement cyber-punk, un peu superficiel et guère inoubliable, tout comme l'identité que le personnage principal a beaucoup de mal à faire revenir à sa mémoire. On attendra sans doute les suites potentielles pour se prononcer définitivement sur la persistance rétinienne de ce personnage pourtant a priori fascinant. 

Informations

Détails du Film Alita: Battle Angel
Origine Etats Unis Signalétique Indisponible
Catégorie Film Genre Action - Science - Fiction
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 13/02/2019 Reprise -
Réalisateur Robert Rodriguez Compositeur
Casting Jackie Earle Haley - Jennifer Connelly - Christoph Waltz - Rosa Salazar - Mahershala Ali
Synopsis Durant le 26è siècle, un cyborg femelle est retrouvé dans un tas de ferrailles par un scientifique. Celui-ci va le réparer et tenter de lui redonner vie.

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Commentaires sur " Alita: Battle Angel "
  • Destiny

    Destiny le 15/02/2019 à 15:08

    Merci pour la critique \o/

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