Critique L'Illusion Verte (The Green Lie)

L'Illusion Verte
Sans fondamentalement revisiter son sujet, L’Illusion Verte semble pour autant nécessaire justement car il aborde l’actuelle et cruciale question de la consommation et de ses conséquences.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Documentaire

Dernier documentaire en date de l’autrichien Werner Boote, L’Illusion Verte pose la question d’une génération : celui de notre mode de consommation. A l’heure où l’achat responsable est vécu comme une manière de soutenir le développement durable, le documentaire enquête justement sur ces grandes multinationales qui promettent à grand renfort de logos verts un meilleur lendemain pour la planète. Désillusion au tournant, seul perdure dans le film une industrie parfaitement durable : celle du mensonge.

Rappelant, en moins virulent, l’américain Michael Moore, l’autrichien Werner Boote n’en est pas à son coup d’essai concernant l’écologie : il nous avait déjà proposé une intéressante plongée dans le monde du plastique avec Planet Planet en 2001, sorte de tragique état des lieux d’une planète fatiguée. En présence de la journaliste engagée Kathrin Hartmann, le réalisateur part aux Etats-Unis, en Indonésie ou encore au Brésil à la rencontre de ceux qui dénoncent ce que l’on pourrait appeler le mensonge vert. S’attardant notamment sur l’industrie de l’huile de palme, sur la réalité de la voiture propre ou encore les dessous du commerce équitable, le film brasse les sujets pour mieux dresser son constat : celui d’un monde sans éthique, où le consommateur est autant berné que la terre souillée et les populations locales dérangées. Rien de bien nouveau donc sous l’infatigable soleil du capitalisme, mais cela n’enlève en rien la force de la piqure de rappel. Werner joue le rôle du consommateur moyen, faussement ignorant de la situation, face à une Kathrin Kartmann documentée et particulièrement (peut-être trop) remontée.

On y découvre les travers d’une industrie opaque aussi bien dans son langage que dans ses agissements. Dans ce royaume qui se veut vert, ne compte que les apparences : la communication, l’entente gouvernementale et le profit règnent plus que l’éthique ou la responsabilité environnementale. Plus que les industriels, dans le viseur du documentaire on retrouve également le consommateur, littéralement écrasé par la masse d’informations qui l’entoure et pas toujours soucieux de la question écologique. L’argument premier du documentaire passe par lui : la consommation, même responsable, ne change en soi rien à l’existence d’industries polluantes. Ouvrant plus largement le débat, Werner Boote s’attarde alors sur notre fonctionnement démocratique, sur la possible régulation de ces industries. Le film s’engage notamment, et c’est assez unique dans ce type de documentaire, dans la voie d’une action réelle à l’encontre du système actuel, appuyée par le professeur Noam Chomsky. Le peuple comme remède donc.

Sans fondamentalement revisiter son sujet, L’Illusion Verte semble pour autant nécessaire justement car il aborde l’actuelle et cruciale question de la consommation et de ses conséquences. Face à l’illusion d’un monde plus vert, le constat amer d’une planète toujours autant exploitée. Et d’éventuelles pistes pour envisager un lendemain plus radieux. Si on regrette peut-être la virulence de Kathrin Kartmann et la passivité de Werner Boote, tous deux légèrement exacerbés dans leurs rôles, il n’en reste pas moins un intéressant et relativement optimiste documentaire abordant avec didactisme ses sujets. Photographie réussie, bande-son efficace, la forme ne fait en tout cas toujours pas défaut au réalisateur.

Informations

Détails du Documentaire L'Illusion Verte (The Green Lie)
Origine Autriche Signalétique Tous Publics
Catégorie Documentaire Genre Nature
Version Cinéma Durée 97 '
Sortie 13/02/2019 Reprise -
Réalisateur Compositeur
Casting Manu Payet
Synopsis Aujourd'hui, les industriels investissent beaucoup de temps et d'argent à "verdir" leur image : voitures électriques, huile de palme labellisée bio, ou encore produits issus du commerce équitable… tout est fait pour nous déculpabiliser et expliquer que nous pourrions sauver le monde en consommant ces produits. Une pratique dangereusement populaire nommée greenwashing ou éco-blanchiment. Mais si à défaut de sauver le monde, ces achats responsables ne faisaient qu’enrichir les multinationales ? Werner Boote et Kathrin Hartmann parcourent le monde pour révéler l’envers du décor.

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