Critique Dans l'Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney (Saving Mr. Banks)

Dans l'Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney
Dans l’Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney de John Lee Hancock est un film qui ne manque pas de bonnes intentions. Il ne sait juste pas évaluer le sens des priorités et manque cruellement de consistance malgré un casting au summum. Le film...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Arrivé comme un cheveu sur la soupe, Saving Mr. Banks (oui parce que c’est moins long à écrire que Dans l’Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney) raconte l’histoire de la création de Mary Poppins à l’écran de ses premières lignes de scénario à son avant-première. Plongé au cœur de l’industrie Disney, le film nous emmène dans les années 60 et est fortement porté par Tom Hanks et Emma Thompson.

Le souci général avec les biopic c’est qu’ils n’ont souvent d’intéressant que l’envie de mettre en image une période de la vie d’une personne ne suscitant uniquement l’intérêt des fans de celle-ci. Il est souvent difficile d’arriver à émouvoir et toucher un public autre. La curiosité peut être un bon faire valoir pour se décider à aller voir ce genre de film mais c’est un coup de poker beaucoup trop tendu pour réussir à s’assurer une bonne promo et se persuader que l’œuvre marchera. Et pourtant, les biopic continuent d’émerger puisque, malgré tout, certains énergumènes ont une personnalité et / ou un vécu tellement forts qu’ils valent tout autant qu’une histoire originale. C’est ainsi que Saving Mr. Banks décide de se concentrer sur l’auteure du roman Mary Poppins, Pamela Lyndon Travers.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, Walt Disney n’est en aucun cas le sujet du film de John Lee Hancock.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, Walt Disney n’est en aucun cas le sujet du film de John Lee Hancock. Certes il a sa place dans le récit et d’ailleurs Tom Hanks habite bien le personnage montrant habilement l’être possessif et déterminé qu’était l’homme. Loin de la promesse faite à ses filles (que nous ne verrons d’ailleurs jamais dans le film), John Lee Hancock décide d’explorer toutes les réticences de Travers à ce que Disney adapte son roman. Ainsi, nous apprenons qu’en définitive Mary Poppins n’était qu’un plaidoyer de son auteure pour réussir à chercher une thérapie dans son vécu empli de souffrance. La recherche d’un père absent, sujet principal du récit, prend alors tout son sens dès lors qu’on en apprend plus sur Travers.

Le problème est que le film ne se construit qu’autour des souvenirs de Travers.

Le problème est que le film ne se construit qu’autour des souvenirs de Travers. Les flashbacks incessants perdent l’intérêt premier que nous avions à connaitre les coulisses de ce classique Disney. D’autant plus qu’il nous faut un certain temps pour réussir à comprendre que Colin Farrell incarne en réalité le père de la jeune Travers. La temporalité trop linéaire de l’ensemble est extrêmement floue, un petit carton n’aurait pas été de refus. Autre point négatif, production Disney oblige, le ton beaucoup trop jovial dans le traitement global du film qui apporte un pathos ambiant relativement de mauvais goût. Ce n’est pas une histoire facile et pourtant nous n’avons pas l’illusion qu’elle prend réellement aux tripes, aussi talentueuse soit-elle, d’Emma Thompson. En ce sens, Tom Hanks qui ne lâche rien, coûte que coûte, qui semble complètement indifférent aux cris de souffrances de sa consœur se permettant de la harceler pendant près de 20 ans pour qu’elle daigne accepter de lui céder les droits de son roman remplit bien sa mission. Seulement, la production Disney rattrapera l’évidence des agissements de l’homme Disney offrant un climax débordant de bons sentiments pour qu’on ne retienne que cette facette de l’homme une fois le générique apparut. Seulement, Walt Disney n’était pas éminemment aussi angélique que son univers veut le laisser croire : Mickey Mouse n’est pas issu de son imaginaire ! C’est l’ex associé de ce dernier, Ub Iwerks, qui a dessiné les traits de la fameuse souris pour la première fois. Après avoir remis à sa place l’une des plus grosse imposture de l’histoire du cinéma d’animation, revenons à Saving Mr. Banks.

Le film souffre du même syndrome que le Hitchcock de Sacha Gervasi : il ne va pas assez loin.

Le film souffre du même syndrome que le Hitchcock de Sacha Gervasi : il ne va pas assez loin. Il préfère s’attarder sur les gros moments clés en survolant brièvement les petits détails qui, pourtant, auraient pu augmenter le potentiel de l’histoire. On n’en apprend pas assez sur la création du métrage. La séance d’écriture occupe tout le film qui choisit de mettre complètement entre parenthèse toute la partie tournage. Nous aurions souhaité voir comment Disney a tenu parole de ne pas dénaturer au maximum l’ouvrage original par respect pour Pamela Lyndon Travers tout en y incorporant ses exigences. On voit de manière générale l’avant et nous entre-apercevons le résultat, il manque cruellement le gros plat consistant entre ces deux hors d’œuvre.

Dans l’Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney est un film qui ne manque pas de bonnes intentions. Il ne sait juste pas évaluer le sens des priorités et manque cruellement de consistance malgré un casting au summum. Nous aurions aimé moins de flashbacks qui insistent sur la place du père et beaucoup plus de coulisse. Le film est un très bel apéritif autour de la création d’une œuvre qui aura bercé plus d’une personne, mais n’étanche pas pleinement notre soif. Un peu de piment aurait été souhaitable pour sublimer le tout.

Informations

Détails du Film Dans l'Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney (Saving Mr. Banks)
Origine Etats Unis - Angleterre - Australie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 131 '
Sortie 05/03/2014 Reprise -
Réalisateur John Lee Hancock Compositeur Thomas Newman
Casting Tom Hanks - Colin Farrell - Jason Schwartzman - Emma Thompson - Bradley Whitford - Paul Giamatti - Ruth Wilson
Synopsis Lorsque les filles de Walt Disney le supplient d’adapter au cinéma leur livre préféré, “Mary Poppins”, celui-ci leur fait une promesse qu’il mettra vingt ans à tenir ! Dans sa quête pour obtenir les droits d’adaptation du roman, Walt Disney va se heurter à l’auteure, Pamela Lyndon Travers, femme têtue et inflexible qui n’a aucunement l’intention de laisser son héroïne bien aimée se faire malmener par la machine hollywoodienne.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire
Commentaires sur " Dans l'Ombre de Mary : la Promesse de Walt Disney "
  • Robin98

    Robin98 le 08/03/2014 à 10:26

    Malgré ta critique mitigée, j'irai voir ce film juste pour Tom Hanks, un acteur que j'admire beaucoup.

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques