Critique Glass

Glass
Sous les atours d'un film méta, Glass a parfois des allures un peu trop bourrines pour briller aussi haut.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

C'était l'un des plus beaux serpents de mer narratifs du cinéma contemporain, la suite d'Incassable et la conclusion d'une éventuelle trilogie autour des super-héros signée M. Night Shyamalan. Depuis que Split, nouvel énorme succès de Shyamalan au box-office, a montré dans son dernier plan, Bruce Willis accoudé à un bar, cette rumeur a repris consistance et a fini par se concrétiser. Glass est donc à la fois la conclusion d'Incassable et de Split. Dans ce deux-en-un, Shyamalan boucle sa trilogie de manière peut-être non programmée et assez opportuniste, en retrouvant Bruce Willis et Samuel L. Jackson et en les confrontant à la terrifiante Bête campée par un James McAvoy déchaîné.  

Sous les atours d'un film méta, Glass a parfois des allures un peu trop bourrines pour briller aussi haut.

Le synopsis est, avouons-le assez alléchant, évoquant une sorte de match de catch à trois. Peu de temps après les événements relatés dans Split, on retrouve David Dunn - l’homme incassable - traquant La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre, Elijah Price revient avec des révélations fracassantes...

Disons-le tout de suite, ceux qui espéraient retrouver un peu de la sombre mélancolie d'Incassable, l'un des plus beaux Shyamalan, en seront pour leurs frais. Pendant tout le film, Bruce Willis est inscrit aux abonnés absents et n'est clairement plus le centre d'intérêt principal de Shyamalan. Place à la Bête aka James McAvoy qui, dans un rôle à transformations multiples et à la violence surpuissante, éclipse sans mal tous ses partenaires. Ce qui explique que Glass est bien davantage la suite de Split qu'un éventuel développement d'Incassable. Certes Shyamalan reprend des plans entiers de son film séminal mais dans une œuvre où l'efficacité commerciale prime. Là où Incassable perdait somptueusement du temps, Glass le consomme en duels pyrotechniques, entre un combattant qui a peur de l'eau et son adversaire qui craint les flashs. 

Car au bout de la vingtième minute, après un affrontement titanesque, David Dunn et Kevin Crumb se retrouvent enfermés dans un asile psychiatrique, décor qu'on ne quittera quasiment plus de tout le film. Ils n'interagiront pas entre eux mais avec une psychiatre incarnée par l'excellente Sarah Paulson (American Horror Story) qui recueillera leurs confidences. L'affaire se compliquera encore davantage lorsque l'homme aux os de verre débarquera à l'asile avec sa maman, ainsi que la précédente victime séquestrée de Kevin (la formidable Anja Taylor-Joy, hélas sous-utilisée). Ce dispositif peut faire penser à Batman Returns de Tim Burton, un autre film animal, où chaque personnage, le Pingouin, Catwoman, Batman, s'exprimait davantage dans des espèces d'arias isolées. Néanmoins Batman Returns possédait une grandeur funèbre et tragique dont Glass est absolument privé. 

Entre deux combats surpuissants, le film est donc en fait un prétexte pour une relecture critique du mythe des super-héros et des comics que vénère Shyamalan. A ce titre, le personnage principal est presque la psy de l'histoire qui s'interroge sur les liens unissant ces trois personnages dissemblables. Du point de vue de la mise en scène, plus que l'image, le son assourdissant prime et impose sa loi. 

Quant aux twists que nous n'aurons pas la cruauté de révéler, ils confirment l'approche très frontale et commerciale de Shyamalan dans Glass. Contrairement à Incassable, tout est assez prévisible, dans le style "Batman et Joker se sont mutuellement créés". Comme Elijah, Shyamalan apparaît ici plus comme un petit maître manipulateur qu'un créateur de grands vertiges. Le twist principal, plus révélation que twist d'ailleurs,  se double d'une deuxième révélation quant à un personnage a priori secondaire, sur fond de complot gouvernemental et d'équilibre métaphysique difficile à réussir à l'échelle d'une planète. 

Pour autant, Glass est relativement intéressant et a le mérite de conclure définitivement trois histoires en une. Mais la douceur cotonneuse d'Incassable laisse définitivement la place à la violence outrancière de Split. Sans doute avons-nous changé d"époque, comme Shyamalan a changé de style. Dans Glass, Shyamalan atteint-il la grâce mystique de ses films les plus réussis? On a le droit de penser que sous les atours d'un film méta, Glass a parfois des allures un peu trop bourrines pour briller aussi haut. 

Informations

Détails du Film Glass
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Fantastique
Version Cinéma Durée 129 '
Sortie 16/01/2019 Reprise -
Réalisateur M. Night Shyamalan Compositeur
Casting Bruce Willis - Samuel L. Jackson - James McAvoy - Sarah Paulson
Synopsis Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn - l’homme incassable - poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l’intérêt des forces de l’ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes…

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