Critique 9 Mois Ferme

9 Mois Ferme
9 Mois Ferme d'Albert Dupontel peut faire passer un agréable moment à quiconque n’espérant pas rire. Il s’enferme dans un carcan infantile étouffant toute créativité qu’on retrouvait dans la subtilité des situations saugrenues que Dupontel...

Verdict Note : A louper sans aucun regret. A louper sans aucun regret.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Cinquième long métrage d’Albert Dupontel, 9 Mois Ferme renferme tous les ingrédients qu’il affectionne. Plaçant ses personnages dans un contexte familier pour les élever à un niveau extraordinaire, il raconte l’histoire d’un couple réunit par la force des choses six mois après une soirée trop arrosée.

9 Mois Ferme a tout ce qui fait un bon film de Dupontel…sur le papier !

9 Mois Ferme a tout ce qui fait un bon film de Dupontel…sur le papier ! Albert Dupontel ne renouvelle pas son humour, pire, il le noie dans sa propre bêtise. En fait, depuis Bernie, il n’a pas proposé grand-chose de nouveau. En effet, Le Créateur continuait sur la même lancée confirmant son génie comique. Enfermés Dehors s’apparentait à un Bernie tous public, mais restait correct dans ses démarches. Le Vilain surprenait par une technique de réalisation au summum des expérimentations qu’il avait testé sur les œuvres précédentes. Comme un musicien, il doit penser que resservir une formule qui plait est intéressant seulement 9 Mois Ferme n’est rien d’autre que le fond de la bouteille, le mégot de cigarette, la croute du fromage... Il n’offre absolument plus aucune saveur. C’est pathétiquement affligeant. Dupontel s’enferme dans son confort habituel oubliant de donner un véritable fond à ses personnages, il devient le cliché de ses critiques précédentes. Les vannes puériles peuvent faire sourire par moment, mais on sourit de dépit pensant à ce que ça aurait pu donner de loufoque et de véritablement drôle. Sandrine Kiberlain est insupportable. On ne comprend pas l’attachement que peut lui trouver le personnage de Bob si ce n’est sa progéniture qu’elle porte. Tout le reste du casting qui gravite autour de ce duo est poussif. Nicolas Marié qui marmonne sans cesse dans sa barbe tout en bégayant est grotesque ou encore Philippe Uchan en avocat poissard est aussi ridicule que les situations qu’il subit.

9 Mois Ferme n’est rien d’autre que le fond de la bouteille, le mégot de cigarette, la croute du fromage...il n’offre absolument aucune saveur.

Les délires cartoonesques, ou plutôt le seul délire cartoonesque du métrage reste l’unique moment qui n’est pas étouffant dans le film. Dans cette scène, nous sommes invités à bras ouverts au sein de l’esprit infantile mais terriblement croustillant de Dupontel. Ses théories abracadabrantesques sur les possibilités des préjudices qu’une victime a dû subir laissent percevoir comment le film aurait pu être hilarant. Il y a un mini Bernie déchaîné qui s’emprisonne dans cette débauche de non-sentiment. On n’a aucune empathie pour personne. Les vannes ne volent pas plus haut que : « Qui vole un œuf bute un bœuf ». Même une cour de récréation sait se montrer plus drôle que ce film, c’est dire la pauvreté des lignes de dialogues.

Seule la lumière de 9 Mois Ferme est intéressante. Il y a une espèce de dimension jaunâtre qui englobe le cocon dans lequel se cloitrent Dupontel et Kiberlin. Il y a un symbole évident avec cette naissance à venir et malgré un travail subtilement géré, Dupontel ne joue pas cet atout intéressant à sa juste valeur. Certains effets de réalisation sèment quelques plans riches mais ne nous offrent rien que nous ne connaissions déjà ou que nous n’ayons vu dans ses films précédents. Quitte à vouloir essayer de retrouver l’effet trash et volontairement non conforme de Bernie, il aurait mieux valu penser au public qu’il désirait toucher. C’est impensable et impossible de concilier une famille entière devant la démesure ambiante de Bernie, par conséquent, il est tout aussi impensable d’essayer de mixer deux univers qui ne peuvent coexister : le lion ne s’associe pas avec le cafard ! Et puis sérieusement, Jean Dujardin, pourquoi ? Au risque de briser les codes de la bienséance qui nous incombent au sein de l’équipe de rédaction : c’est honteux de prendre le spectateur pour un tel con !

C’est honteux de prendre le spectateur pour un tel con !

Lorsque le générique de fin apparait, on en ressort abasourdi par un tel manque de profondeur. L’effet suffoquant que dégage le film par sa lourdeur doit sûrement être la clé de notre incapacité à déclencher la boîte à zygomatiques.

Avec deux Césars (meilleur scénario et meilleure actrice), ce sera malheureusement (peut-être) le seul film d'Albert Dupontel à marquer la mémoire collective et qui restera catalogué à tort comme le summum de son auteur. 9 Mois Ferme peut faire passer un agréable moment à quiconque n’espérant pas rire. Il s’enferme dans un carcan infantile étouffant toute créativité qu’on retrouvait dans la subtilité des situations saugrenues que Dupontel nous avait déjà merveilleusement bien servi. Ni fait, ni à faire !

Informations

Détails du Film 9 Mois Ferme
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 82 '
Sortie 16/10/2013 Reprise -
Réalisateur Albert Dupontel Compositeur Christophe Julien
Casting Yolande Moreau - Sandrine Kiberlain - Albert Dupontel - Bouli Lanners - Nicolas Marié - Philippe Duquesne - Philippe Uchan
Synopsis Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend.

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