Critique In Fabric

In Fabric
Film des sens, In Fabric s'avère être une très divertissante expérience visuelle et sonore. Un film joueur, aussi drôle que percutant.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Présenté dans le cadre de la compétition du Festival de Cinéma Européen des Arcs, In Fabric est le quatrième long métrage du réalisateur britannique Peter Strickland. Une incroyable expérience esthétique et sonore, un plongeon unique dans un enfer teinté de désir et dégout : celui du consumérisme. Un film jouant, pour notre plus grand plaisir, jusqu’au bout la carte du genre.

Tout commence avec une robe rouge dans un magasin chic durant les soldes d’hiver 1993 : elle éveille l’intérêt de Sheilla, une mère séparée qui vit avec son fils. Après hésitation et une discussion avec l’étrange vendeuse du commerce, Miss Luckmoore, Sheilla craque et achète la robe. Un achat impulsif qui va changer le cours de sa vie, mais aussi celles d’autres : le lourd prix à payer pour posséder cette robe. Découpé en deux parties, In Fabric brille notamment par son humour et son univers rigoureux. Son jusqu’au-boutisme l’amène à proposer des scènes d’une grande intensité, facilitant le ressenti. Une manière de détourner la réflexion, l’expérience se voulant vécue sur le vif. De la (belle) scène de la masturbation du vieux gérant du magasin, totalement dans la suggestion, en passant par les apparitions de la fameuse robe, la maîtrise formelle est totale. Une œuvre référentielle jusqu’à la moelle, rappelant les films des années 70 : une approche esthétique singulière qui cultive particulièrement les effets visuels et sonores.

Avec sa palette de personnages hauts en couleurs, le film s’amuse à rompre les codes : on pense immédiatement à l’expression « l’habit ne fait pas le moine ». Un monde drôlement ordonné, où le protocole semble être roi. L’humour vient principalement de ce décalage permanent, de cette surenchère dans les rapports : la vendeuse, par exemple, pousse jusqu’au paroxysme son discours, rendant le fait d’acheter plus qu’un simple acte de consommation. Une manière de s’amuser du désir, du plaisir et plus largement du consumérisme par le prisme de la « vie » des vêtements. Une mention également à la réussie bande originale du film, contribuant très clairement au succès de l'entreprise. Dommage qu’en face de ces nombreuses qualités, l’œuvre prolonge un peu longuement son récit avec une seconde partie un peu moins convaincante.

Film des sens, In Fabric s'avère être une très divertissante expérience visuelle et sonore. Un film joueur, aussi drôle que percutant. Récit de nos désirs et plus particulièrement de notre rapport aux vêtements, allant du plaisir au dégout en passant par l'extrême, le fétichisme, le quatrième film de Peter Strickland propose une intéressante plongée dans son étrange univers. Une œuvre de genre, de bout en bout.

Informations

Détails du Film In Fabric
Origine Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Epouvante - Fantastique
Version Cinéma Durée 118 '
Sortie 31/12/2019 Reprise -
Réalisateur Peter Strickland Compositeur
Casting Marianne Jean-Baptiste - Gwendoline Christie
Synopsis La boutique de prêt-à-porter Dentley & Soper's, son petit personnel versé dans les cérémonies occultes, ses commerciaux aux sourires carnassiers. Sa robe rouge, superbe, et aussi maudite qu'une maison bâtie sur un cimetière indien. De corps en corps, le morceau de tissu torture ses différent(e)s propriétaires avec un certain raffinement dans la cruauté.

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