Critique Les Animaux fantastiques : les Crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald)

Les Animaux fantastiques : les Crimes de Grindelwald
Il est même possible de déplorer que David Yates, grand faiseur devant l'Eternel, soit classé parmi les cinq cinéastes les plus rentables de l'histoire du cinéma, tant sa mise en scène se déploie encore une fois de manière toujours aussi impersonnelle....

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par David Speranski

Critique du Film

Pour tous les fans fort nombreux de J.K. Rowling, le deuxième volet de la saga des Animaux fantastiques était incroyablement attendu. Ce deuxième chapitre (sur cinq prévus) intitulé Les Crimes de Grindelwald s'annonçait nettement plus noir, étant donné le titre. En dépit du succès du précédent film, on pouvait espérer donc un changement de ton qui aurait permis à l'histoire d'amorcer une tournure infiniment plus passionnante que le simple divertissement proposé par David Yates, dans la foulée de ses quatre Harry Potter. Or, un tel film peut permettre aussi de s'interroger sur ce qu'est devenue la magie au cinéma.

Il est même possible de déplorer que David Yates, grand faiseur devant l'Eternel, soit classé parmi les cinq cinéastes les plus rentables de l'histoire du cinéma, tant sa mise en scène se déploie encore une fois de manière toujours aussi impersonnelle. Mais que ceci n'empêche pas les fanatiques de J.K. Rowling de se ruer en masse pour voir Les Crimes de Grindelwald, ils y trouveront certainement le plaisir d'une soirée sans lendemain.

Rappelons un peu les faits. Les Animaux fantastiques est en fait une sorte de "prequel" (même si J.K. Rowling renie le terme et préfère parler d'"extension de l'univers des sorciers") à la franchise Harry Potter, une franchise en succédant à une autre dans l'univers hollywoodien. Elle se passe pour l'instant dans les années 20, soit bien des années avant que le petit Harry ne naisse, et se déroulera dans une ville différente par épisode. Exit cette fois-ci Colin Farrell et bienvenue aux superstars Johnny Depp (déjà apparu à la fin du premier volet) et Jude Law pour encadrer notre joyeuse bande de magiciens qui, dans cette franchise, sont de jeunes adultes plutôt que les enfants-adolescents d'Harry Potter.

L'intrigue est relativement manichéenne et assez simple à suivre: il s'agira de contrer les agissements du célèbre sorcier Gellert Grindelwald (Johnny Depp) qui s'attaque aux humains "normaux". Seuls son ancien ami Albus Dumbledore (Jude Law) aidé de son ancien élève Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) ont le courage de relever le défi.

Techniquement, ce film est remarquablement réalisé. On ne peut que s'incliner devant une direction artistique de tout premier ordre. Les Oscars techniques sont sans doute déjà prêts pour récompenser les prouesses des responsables des décors et des effets spéciaux, voire aussi la très belle photographie de Philippe Rousselot, toute en teintes froides, brunes-bleues-vertes. Du côté artistique, un certain nombre d'acteurs tirent leur épingle du jeu: Johnny Depp qui semble trouver un second souffle dans sa carrière en jouant les méchants (comme si le côté Dorian Gray de sa vie laissait enfin apparaître son côté négatif à l'écran), Jude Law qui, tout en autorité naturelle, dans la lignée de son Dr Watson, paraît fait pour porter les costumes du XIXème-début du XXème siècle, Zoé Kravitz, électrique comme souvent et on se félicite toujours de voir des actrices aussi singulières que Katherine Waterston (Inherent Vice) percer dans des blockbusters, se constituant une petite rente pour une dizaine d'années.  

Par conséquent, où le bât blesse-t-il? Dans l'histoire et le manque général de vision. Comme on l'a indiqué, Les Crimes de Grindelwald demeure tout à fait divertissant ; néanmoins aucune vision personnelle ne s'exprime à l'écran, ce qui rend difficile au spectateur de se passionner un tant soit peu, pour ces histoires emberlificotées de sorciers rivaux.  On pourrait même presque dire qu'on a rarement vu un film parlant autant de magie, qui se révèle aussi dénué de cet élément premier. Dans les classiques hollywoodiens, il suffit de se référer au Magicien d'Oz, pour se rendre compte, avec dix fois moins d'effets spéciaux, ce film dégageait bien plus de poésie et de sublime que Les Crimes de Grindelwald. Il est même possible de déplorer que David Yates, grand faiseur devant l'Eternel, soit classé parmi les cinq cinéastes les plus rentables de l'histoire du cinéma, tant sa mise en scène se déploie encore une fois de manière toujours aussi impersonnelle. Mais que ceci n'empêche pas les fanatiques de J.K. Rowling de se ruer en masse pour voir Les Crimes de Grindelwald, ils y trouveront certainement le plaisir d'une soirée sans lendemain.

Informations

Détails du Film Les Animaux fantastiques : les Crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 134 '
Sortie 14/11/2018 Reprise -
Réalisateur David Yates Compositeur James Newton Howard
Casting Johnny Depp - Jude Law - Katherine Waterston - Eddie Redmayne
Synopsis 1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s'évade comme il l'avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l'origine d'attaque d'humains normaux par des sorciers et seul celui qu'il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l'arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L'aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais.

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