Critique The Predator

The Predator
Shane Black revisite Le cultissime Predator et lui redonne ses lettres de noblesse.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Thomas ARTEMNIAK

Critique du Film

Predator, premier du nom, est un film d'action légèrement teinté de science-fiction qui a connu un énorme succès lors de sa sortie en salle. John McTiernan, son réalisateur, s'était vu remettre un scénario au pitch plus que raté: un alien arrive sur terre et massacre un commando militaire surentrainé au beau milieu de la jungle. De ce scénario simpliste, dont les producteurs ne pensaient ne tirer qu'un film de seconde zone, McTiernan en fit l'un des jalons du cinéma d'action des années 80, grâce à son génie de la mise en scène, son casting de choix (Arnold Schwarzenegger était une star incontestée du box-office à cette époque-là) et le fait d'assumer complètement le second degré de l'oeuvre et de certains dialogues.

Une suite a vu le jour en 1990, toute aussi décomplexée, remplie de punchlines fracassantes et de plans gores. La jungle est remplacée par un Los Angeles légèrement futuriste. Cet opus nous apprend notamment que les predators viennent régulièrement chasser sur Terre, et qu'il s'agit pour eux d'un sport. Puis 14 années se sont écoulées sans aucun autre film, jusqu'à la sortie d'Alien Vs Predator, un film adapté d'un célèbre jeu vidéo. Réalisé par Paul W.S. ANDERSON, l'un des plus mauvais réalisateurs qui soit, - on lui doit notamment le premier Resident Evil, - cette pseudo-suite, mettant en scène deux anciennes stars (l'Alien et le Predator), censées se combattre, est un ratage complet. Le film ne possède aucune saveur, ne respecte en rien l'univers et les caractéristiques qui nous ont fait craindre ces monstres, et pourtant une suite a vu le jour intitulée sobrement AVP:Requiem (2007). Cette suite rend un peu plus hommage aux deux monstres, mais restent loin de la qualité des films originaux.

Enfin, en 2010, il est décidé de donner une vraie suite aux deux premiers films sans tenir compte de la série des AVP, ce sera Predators. Pour ce film produit par Roberto Rodriguez, grand fan de la bestiole, nous pouvions nous attendre à une œuvre plus proche de ses origines et le fait que le premier rôle soit tenu par un acteur oscarisé, Adrien Brody, aurait pu être un gage de qualité supplémentaire. L'espoir était permis pour les fans de retrouver un film digne des deux premiers. Et pourtant, force est de constater qu'il manque encore quelque chose. Le petit truc indescriptible, qui faisait que les deux premiers films étaient si jouissifs, si badass, est encore absent cette fois-ci. Alors pourquoi tenter une nouvelle suite en 2018 ? Les fans retrouveront-ils enfin le côté fun et irrévérencieux des films?

D'autant qu'un message fort sous-tend le film: et si son fils autiste était la nouvelle évolution de la race humaine et non plus un enfant atteint d'une maladie ?
C'est un joli pied de nez fait à tous ces héros testostéronés, qui entre deux bons mots, savate de l'alien en toute décontraction.

La réponse est oui ! The Predator, millésime 2018, renoue avec tout ce qui faisait la réussite des deux premiers volets. C'est incroyablement fun, défoulatoire, gore...On se prend à frissonner avec les protagonistes et à craindre de nouveau le Predator, même si la surenchère du super-alien était peut-être superflue, mais les canons hollywoodiens sont comme ça: chaque film doit faire plus que le précédent.
Malgré cela, plusieurs bonnes idées viennent confirmer le tout.

En premier lieu le choix du réalisateur: Shane Black. Pour rappel, Shane Black jouait le soldat Hawkins dans Predator premier du nom, on lui doit également le scénario de l'Arme Fatale (écrit alors qu'il était encore étudiant) et quelques-uns des films les plus cool de ces 15 dernières années: Iron Man 3 (où l'on découvre un Tony Stark dépressif et angoissé) et surtout Kiss Kiss Bang Bang, avec déjà Robert Downey Jr, qui cassait avec brio le genre du buddy movie, qu'il avait lui-même inventé dans les années 80. Personne n'était donc plus indiqué pour reprendre la série et essayer de lui redonner ses lettres de noblesse. Et force est de constater qu'il y arrive très bien.

La seconde bonne idée, est d'avoir gardé la musique originale d'Alan Silvestri. Cette musique est partie prenante de l'atmosphère fantastique et angoissante des premiers films. Elle est un personnage à part entière et participe à définir les personnages et bien entendu le Predator. Henry Jackman prend ici parfaitement le relais de Silvestri et suit humblement ses traces, à tel point que l'on pourrait même se demander s'il a réellement fait une composition originale.
Enfin, les personnages et leurs motivations sont au premier plan. Même si la vie du personnage principal McQuenna, est assez peu développée, elle l'est suffisamment pour que l'on s'attache à lui et à ses préoccupations familiales. D'autant qu'un message fort sous-tend le film: et si son fils autiste était la nouvelle évolution de la race humaine et non plus un enfant atteint d'une maladie ?
C'est un joli pied de nez fait à tous ces héros testostéronés, qui entre deux bons mots, savate de l'alien en toute décontraction. Shane Black enfonce le clou avec ce dialogue entre père et  fils :
"Je suis désolé papa de ne pas avoir grandi comme tu le voulais... -- Je n'ai pas non plus grandi comme je le voulais..."
Alors oui, il ne faut pas se leurrer, ce film est bien ce qu'il semble être: un film cool, décontracté où un alien zigouille de l'humain dans des séquences très gores, à la limite du burlesque, le tout sur fond de vannes bien senties.

Si vous posez votre cerveau à l'entrée de la salle de cinéma, et que vous vous décidez à profiter d'un bon gros blockbuster popcorn qui tâche, il est fort probable que vous passiez un excellent moment, loin, très loin de tous vos problèmes quotidiens.

Informations

Détails du Film The Predator
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Science - Fiction - Fantastique
Version Cinéma Durée 107 '
Sortie 17/10/2018 Reprise -
Réalisateur Shane Black Compositeur Henry Jackman
Casting Thomas Jane - Olivia Munn - Boyd Holbrook
Synopsis Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

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