Critique Summerhouse (Ljetnikovac)

Summerhouse
Un récit patient et travaillé, à la frontière entre le documentaire et la fiction, où l’espace amène la réflexion.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Nouvelle oeuvre du croate Damir Cucic, Summerhouse continue sur la lancée de Spirit Diary en permettant d’observer le quotidien d'un professionnel du son. Perdu quelque part en Croatie, dans un hôtel au look impersonnel, le film ne se déroule pas comme son titre l’indique dans une maison d’été : bien au contraire, le manteau blanc de l’hiver est déjà bien installé dans le film. Un récit patient et travaillé, à la frontière entre le documentaire et la fiction, où l’espace amène la réflexion.

Vojin, aveugle, enregistre pour une émission dans un hôtel vidé par la saison de sa population. Le calme, c’est ce qu’il recherche pour capter le passé de ses différents invités : il est question de revenir sur les violences vécues durant l’enfance de ces derniers. La mémoire, dans ce cadre blanc jusqu’aux nappes et aux couloirs dépeuplés, trouve une évocation particulière. Se raconte ainsi des protagonistes, mais aussi Vojin, par sa méthode de travail. Il tâtonne autant dans le lieu, qu’il cherche à s’immerger dans l’intimité des personnes qu’il rencontre. Derrière l’histoire, Damir Cucic et les différents interprètes du film. Un scénario qui, à la manière d’un documentaire, capte un moment : celui de la confidence, du temps qui passe entre les prises, comme pour mieux observer les différentes personnalités. Le quotidien s’articule de la même manière que durant l’enregistrement, autour du partage. Un repas, un repos mérité dans un sauna, etc. Une convivialité limitée cependant : en effet, les trois protagonistes ne se rencontrent jamais. Un passé à la fois. Lorsque Damir Cucic filme un départ, cela ne prépare au final que l’arrivée d’une autre personne.

La principale qualité de ce Summerhouse réside certainement dans sa façon de montrer et d’exploiter son espace : la parole n’entre pas en collision avec une reconstitution dramatique du passé, le récit reste enfermé dans l’hôtel avec ses personnages. On est aveugle de ce qui ne se passe pas ici et là, reste alors la force du hors champ. Un récit finalement peu bavard, qui s’offre à l’écoute, à l’observation. Aussi attentif que Vojin vis à vis de son environnement, dans lequel il est d’ailleurs à l’aise. Un film soigné visuellement, composé de nombreux et très réussis plans fixes : une pertinente utilisation du cadre, figé lui aussi.

Summerhouse propose une singulière plongée au coeur des traumatismes de l'enfance, avec comme guide un aveugle minutieux. Fiction jouant avec les codes du documentaire, les genres se confondent dans cette originale oeuvre du croate Damir Cucic, qui cultive le moment.

Informations

Détails du Film Summerhouse (Ljetnikovac)
Origine Indisponible Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 73 '
Sortie 31/12/2018 Reprise -
Réalisateur Compositeur
Casting
Synopsis En cours

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