Critique Sans un bruit (A quiet place)

Sans un bruit
Sans un bruit offre un beau moment de terreur intelligente et expérimentale, qui permet de remplir les deux objectifs de son contrat, sans trop faillir, à la fois proposer un hommage au cinéma muet et demeurer une série B honnête et de bonne facture.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Immense succès au box-office américain, Sans un bruit fait partie de la catégorie des sleepers, c'est-à-dire ces films que personne n'attend et qui finissent par doubler les blockbusters prévisibles. Premier film de John Krasinski, comédien repéré dans The Office aiinsi qu'une flopée de seconds rôles et époux de la ravissante Emily Blunt, Sans un bruit repose sur un concept étonnant : pour échapper à une extermination probable, une famille doit se résoudre au silence le plus total car les créatures monstrueuses qui se sont emparées de la Terre sont aveugles et tuent au moindre bruit.  A la fois œuvre conceptuelle et film de genre (épouvante-horreur), ce film répond à une cohérence totale entre des moyens restreints et une histoire minimale.

Sans un bruit offre un beau moment de terreur intelligente et expérimentale, qui permet de remplir les deux objectifs de son contrat, sans trop faillir, à la fois proposer un hommage au cinéma muet et demeurer une série B honnête et de bonne facture.

Le pitch de départ est d'ailleurs tellement fort que l'on se demande comment le film va pouvoir tenir son heure et demie sans faillir. On découvre la famille Abbott dans un magasin d'alimentation, prenant toutes les précautions possibles pour ne faire aucun bruit. Au fur et à mesure des plans, on comprendra donc que la Terre a subi une invasion de créatures monstrueuses qui exterminent les humains lorsqu'ils font le moindre bruit.  Le film de John Krasinski est donc un hommage paradoxal au cinéma muet, tout comme Le Musée des Merveilles en était un plus classique, car les personnages communiqueront entre eux essentiellement par le langage des signes. Millicent Simmonds, la jeune sourd-muette du film de Todd Haynes, tient d'ailleurs dans Sans un bruit le rôle-clé de la fille de la famille.

John Krasinski tient admirablement son pari expérimental car la grande majorité du film se passe dans le silence le plus total, en l'absence de musique, excepté à de rares moments, et sans jump-scares intempestifs. On se croirait presque revenu à l'ère du cinéma muet, sauf qu'il s'agir de cinéma éminemment sonore, où le moindre son vient troubler la paix du silence. Si sur le plan formel, Sans un bruit tient ses promesses, il n'en est peut-être pas de même sur le plan narratif. Dès le premier quart d'heure, on se demande pourquoi Krasinski n'a pas montré la lente dégradation de l'humanité, décimée par les monstres. Il ne l'a pas fait, sans doute, par manque de moyens mais il est possible de déplorer que tout un pan de l'histoire soit évacué. Car il ne reste donc à l'écran que quatre personnages, hormis une apparition et un personnage épisodique dans le prologue, ce qui diminue fortement le risque que l'un ou l'autre disparaisse, éradiqué par l'une des créatures.

On sent d'ailleurs un peu cette faiblesse narrative du film qui aurait pu être raccourci sans dommage en moyen métrage. Le scénario se permet alors des invraisemblances : pourquoi prendre le risque d'une grossesse alors que le moindre bruit peut être fatal? pourquoi la petite fille abandonne-t-elle sa mère enceinte dans une grande maison? Idem pour la résolution de certaines séquences, lorsque certains personnages sont laissés en mauvaise posture, ils parviennent à s'en sortir miraculeusement. Progressivement le film, d'œuvre conceptuelle, dérive en série B, dans le style de Mimic de Guillermo del Toro.  Krasinski, atteint du syndrome Affleck, s'est affublé d'une barbe pour crédibiliser son jeu mais laisse la part belle dans la dernière partie du film à son épouse, Emily Blunt, toujours aussi remarquable actrice, qui, en gros plan, parvient à communiquer de belles émotions et à transmettre instantanément le frisson.  Il faut quand même noter que la résolution se trouve à la hauteur du début du film, en faisant appel à l'intelligence des humains, seule capable de vaincre les monstres. En dépit de quelques faiblesses scénaristiques, Sans un bruit offre un beau moment de terreur intelligente et expérimentale, qui permet de remplir les deux objectifs de son contrat, sans trop faillir, à la fois proposer un hommage au cinéma muet et demeurer une série B honnête et de bonne facture.

Informations

Détails du Film Sans un bruit (A quiet place)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 90 '
Sortie 20/06/2018 Reprise -
Réalisateur John Krasinski Compositeur
Casting Emily Blunt - John Krasinski - Millicent Simmonds - Noah Jupe
Synopsis Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.

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