Critique Mon Ket

Mon Ket
Toujours prompt à piéger son prochain, le comédien et désormais réalisateur tisse ici pour la première fois entre ses caméras cachées, un semblant de cohérence. Un premier tour de piste fait de hauts et de bas.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

"François l'embrouille" quitte, le temps d'un film, le petit écran. Une proposition cinématographique sous forme de retour aux sources : comme d'autres avant lui (Connasse, Princesse des coeurs ou encore Bad Grandpa), c'est un format initialement court qui s'expatrie dans les salles. Toujours prompt à piéger son prochain, le comédien et désormais réalisateur tisse ici pour la première fois entre ses caméras cachées, un semblant de cohérence. Un premier tour de piste fait de hauts et de bas.

Dany Versavel est le père de Sullivan, âgé de quinze ans. Alors que Dany purge une nouvelle peine en prison, il a peur de briser définitivement le lien son "Ket". Le choix est vite fait : ça sera l'évasion, en hélicoptère. Sullivan, à contrecœur, retrouve son père et débute alors l'école de la vie façon Dany, entre magouilles et cavales. Gravitant autour du thème de la filiation, le film s'amuse de l'irresponsabilité de son personnage principal incarné par François Damiens. Grimé, vulgaire et assurément beauf, le comédien exploite avec plus ou moins de brio l'incroyable irresponsabilité de son personnage. L'objectif recherché est connu : créer et cultiver la réaction des passants, qui ne se savent pas encore acteurs. Sans surprise, l'intrigue n'est qu'une excuse pour compiler les fameuses caméras cachées, véritable cœur du film. Dommage que l'aspect scénaristique, limité, brouille un peu les pistes vis à vis de son concept initial : là où on ne doutait finalement que peu de la véracité de ses "embrouilles" à la télévision, dans Mon Ket le dispositif cinématographique questionne sur l'envers du décor et plus généralement, sur sa sincérité. Le film est, à son tour, comme pris au piège de son ambition.

Malgré une fiction faiblarde, ce qui nous est offert de la réalité (après, on imagine, de longues attentes) distrait. Les portraits sont nombreux, flottant entre humour et gêne. François Damiens provoque et pousse le bouchon toujours plus loin : on pense notamment à cette scène, chez le buraliste, où Dany initie devant une cliente son fils à la cigarette. Le discours est particulièrement cinglant et la conséquence ne se fait pas attendre. Un récit souvent surréaliste et immoral, dans lequel la vedette est le piégé. Le succès tient surtout à sa réaction, et de ce côté on sent que "l'embrouilleur" peine parfois a atteindre le résultat escompté, l'obligeant à se servir de ficelles connues. Reste d'excellents et marquants sketchs.

Cadenassé par sa forme et limité par son fond, Mon Ket souffle le chaud et le froid. Une comédie grinçante qui ne manque pas d'humour, célébrant les piégés et les situations cocasses, mais qui pêche par une fiction décevante et un rythme étrangement ballotté. Mitigé.

Informations

Détails du Film Mon Ket
Origine France - Belgique Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 99 '
Sortie 30/05/2018 Reprise -
Réalisateur Compositeur
Casting François Damiens
Synopsis Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue.

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