Critique Dogman

Dogman
En dépit d'un aspect caricatural et stéréotypé, Dogman possède de manière contradictoire une certaine stylisation appréciable ainsi qu'un ancrage naturaliste louable.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Mine de rien, Matteo Garrone a déjà obtenu deux Grands Prix du Jury, l'un avec Gomorra par le jury de Sean Penn en 2008, le deuxième, Réality, grandement aidé par le collègue transalpin Nanni Moretti qui en avait fait sa Palme personnelle. Il revient cette année à Cannes avec Dogman, une sombre histoire d'Italiens ordinaires en butte à la violence et la vengeance personnelle. Il ne s'agit donc pas ici d'un film sur la mafia, sujet épuisé par Gomorra, mais d'une sorte de fait divers ou de nouvelle, évoquant Des Souris et des hommes de Steinbeck, avec ce conflit entre le fort et le faible, dont le fort ne ressort pas forcément vainqueur.  

En dépit d'un aspect caricatural et stéréotypé, Dogman possède de manière contradictoire une certaine stylisation appréciable ainsi qu'un ancrage naturaliste louable.

Garrone porte cette fois-ci sa caméra du côté des banlieues italiennes déshéritées, où un toiletteur pour chiens, Marcello, va se laisser entraîner dans une spirale de violence, en raison du retour de prison de son ami Simoncino, colosse accro à la cocaïne. Vu la différence de taille entre les deux, le rapport de dominant à dominé s'établit d'emblée entre Simoncino et Marcello qui ne peut qu'obtempérer. 

D'un point de vue purement technique, il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Matteo Garrone qui sait composer des plans-séquences impressionnants, en les inscrivant dans la durée. Sur le plan graphique, le film est assez beau, allant piocher dans un spectre de couleurs froides. Pour ce qui est du fond, c'est plus délicat, tant il nous fait vivre les événements par le biais de ses personnages, sans prendre de distance ni de recul, ni encore moins donner de la résonance sociale ou universelle à ce qui leur arrive. 

On ressent l'impression qu'il a voulu filmer une sorte d'Italie profonde à travers l'étonnant visage de Marcello Fontes, étrangement cinégénique, apparaissant dans toutes les séquences. Avouons-le, on n'est guère fanatiques du cinéma de Garrone, souvent caricatural et stéréotypé. Dogman n'échappe pas à ces travers mais possède malgré tout de manière contradictoire une certaine stylisation appréciable ainsi qu'un ancrage naturaliste louable. On félicitera également Garrone d'avoir évité l'utilisation des canidés dans le règlement de comptes entre Simoncino et Marcello. Les animaux resteront des observateurs dans la démonstration de la bestialité soigneusement enfouie chez l'homme. Même si Garrone parvient à maintenir un intérêt jusqu'à la fin de son film, on ne peut s'empêcher de songer que la réflexion sur l'animalité reste au demeurant fort limitée. Dogman aura surtout servi à mettre sur orbite Marcello Fontes qui sera sans doute lauréat de nombreux prix d'interprétation, symbolisant la résilience du faible, en Italie et ailleurs. 

Informations

Détails du Film Dogman
Origine Italie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 102 '
Sortie 11/07/2018 Reprise -
Réalisateur Matteo Garrone Compositeur
Casting
Synopsis Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce...

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