Critique Climax

Climax
Nouveau trip techniquement maîtrisé de Gaspar Noé, Climax est une immersion légèrement horrifique dans la folie des corps, brulants d’une plaie ouverte.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

La sortie d'un Gaspar Noé est toujours en soi un petit événement. Cinéaste de la provocation, carburant à l'instinct, il cultive particulièrement le malaise dans ses différents films. Et Climax, comme son titre le laisse suggérer, est une œuvre qui progresse vers une folie collective : celle d'une fête dont on fait tous parti et qui peut être aussi incroyable que terrible, celle de la vie.

Dans un bâtiment isolé, un groupe de danseurs termine son ultime répétition. Sur les tables de la salle, de la sangria. Alors que les verres s’accumulent, l’ambiance change étrangement et un soupçon se faufile dans l’esprits des danseurs : est si il y avait autre chose que de la sangria dans les pichets ? Le début d’une longue nuit. Un postulat simple, pour une rude aventure dans le psyché humain. Fruit, dans ses textes, de l’improvisation des acteurs, le film capte l’éphémère : la caméra passe d’une personne à l’autre, chipant les échanges au gré des corps qui se baladent sur son chemin. On entend parler de sexe, de jalousie, des inquiétudes, des peurs, mais aussi des envies. Des plaies fermées qui s’ouvrent au fur et à mesure de la soirée, jusqu’à l’excès : les souffrances se libèrent et se confrontent. La scène d’introduction, temple explicite des références du film (Salo ou les 120 journées de Sodome par exemple), introduit bien à ce titre les personnages. La barrière sociale détruite, le vivre ensemble semble comme impossible dans ce bâtiment hanté par la souffrance. Les danseurs se tordent, se rapprochent et s’entrechoquent. La réflexion devient complexe, rendue impossible par l’agression des autres et l’ambition certaine de vouloir faire cesser cet état dérangeant. Une image amplifiée de ce qui compose les aléas de la vie, entre frénésie et hystérie.

Film évocateur, Climax se démarque notamment d’un Enter the void par sa recherche du concret. Moins psychédélique et cérébral, plus charnel. On entend ce qui veut bien se dire, mais on observe surtout de l’extérieur les actions. La course à l’extase se traduit d’ailleurs par une violence brute, une forte animalité, mais aussi par le rejet verbal. Une oeuvre intéressante visuellement, filmant avec une forme de légèreté un univers en perpétuel mouvement. La caméra plonge, flotte, semble comme danser avec les personnages, jouant ainsi d’un plan à l’autre avec les perceptions. Le plan séquence de la danse, au début du film, se montre particulièrement réussi, tout comme les différents génériques. Et cerise sur le gâteau, la musique propose une belle sélection électronique, efficace à souhait (Daft Punk).

Nouveau trip techniquement maîtrisé de Gaspar Noé, Climax est une immersion légèrement horrifique dans la folie des corps, brulants d’une plaie ouverte. Des craintes individuelles en confrontation avec la société, dans une France plurielle. Pas foncièrement le plus original dans ses thèmes, ni dans sa réflexion, mais très loin d’être inintéressant dans sa mise en scène. Du Gaspar Noé, pour le meilleur comme pour le pire.

Informations

Détails du Film Climax
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 95 '
Sortie 19/09/2018 Reprise -
Réalisateur Gaspar Noé Compositeur
Casting Sofia Boutella
Synopsis Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif

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