Critique Mon tissu préféré

Mon tissu préféré
Fiction et réalité s’entremêlent dans cette touchante oeuvre, portée par un casting réussi.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Pierre LARVOL

Critique du Film

Comédienne et désormais réalisatrice, la syrienne Gaya Jiji capte dans Mon Tissu préféré l’inévitable rencontre entre la sphère privée et politique à Damas au début de la guerre civile de 2011. Fiction et réalité s’entremêlent dans cette touchante oeuvre, portée par un casting réussi.

Nahla vit aux côtés de sa mère et de ses deux soeurs à Damas en Syrie. Alors qu’elle s’ennuie dans sa vie, sa rencontre avec Samir lui apporte un nouvel espoir : de retour des Etats-Unis, il souhaite trouver une épouse. Alors qu’elle pensait avoir les faveurs de Samir, la jeune femme découvre avec tristesse que c’est finalement Myriam, sa cadette, qui se mariera avec lui. Nahla se rapproche alors de Madame Jiji, une voisine propriétaire d’une maison-close : sa rencontre va alors l’amener à parcourir ses fantasmes, mais aussi ses doutes et peurs. Un quotidien incertain, alimenté par des discours inquiétant à la télévision. C’est dans ce climat que Nahla doit se construire. Mon tissu préféré mêle les registres, quittant tantôt la réalité pour le réconfort d’un rêve, avant de revenir sur la complexité d’une situation qui paraît alors incompréhensible. Les temps changent, les valeurs aussi. Une histoire qui aborde de multiples thématiques (la sexualité notamment) et dresse, plus qu’un portrait d’une jeune femme en quête de soi, la brève radiographie d’une société en proie à la guerre, où les repaires sont brouillés.

Pour distinguer le vrai du faux dans cette oeuvre plutôt confinée, la musique : des notes viennent en effet accompagner les passages oniriques, moments où Nahla s’imagine être une femme désirée. Elle se répète des mots qui endorment ses craintes, un trait qu’elle partage avec les autres personnages, une peur sourde planant au-dessus de ces derniers. Un récit qui, en plus d'ouvrir peut-être un peu trop de portes, tombe malheureusement à quelques rares moments dans la facilité avec un aspect manichéen. Cela n’enlève en rien l’incontestable sincérité de l’écriture. Manal Issa (Nocturama), qui incarne le rôle de Nahla, se montre d’ailleurs très juste dans son rôle.

Si plus de concision aurait pu bénéficier à la compréhension de son personnage principal, il reste que le premier film de Gaya Jiji propose un juste portrait d’une jeune femme en devenir dans un pays où la guerre ne pourra qu’altérer un quotidien déjà en mutation. Imparfait, mais beau et touchant.

Informations

Détails du Film Mon tissu préféré
Origine France - Allemagne - Turquie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 96 '
Sortie 31/12/2018 Reprise -
Réalisateur Gaya Jiji Compositeur
Casting Manal Issa
Synopsis Damas, mars 2011. Nahla est une jeune femme célibataire qui mène une vie morne dans une banlieue syrienne, aux côtés de sa mère et ses deux sœurs. Le jour où on lui présente Samir, un expatrié Syrien en provenance des États-Unis à la recherche d’une épouse, elle rêve d’une vie meilleure. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Contre toute attente, il décide de se marier à sa cadette, Myriam. Dès lors, Nahla se rapproche de Mme Jiji, une voisine récemment installée dans l’immeuble qui dirige une maison-close deux étages plus haut. Alors que les tensions s’intensifient dans le pays et que la famille est occupée à l’organisation du mariage de sa sœur, Nahla va explorer le monde de Mme Jiji. Un lieu rempli de fantasmes où elle sera confrontée à ses propres peurs et désirs.

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