Critique Freddy Sort de la Nuit (New Nightmare)

Freddy Sort de la Nuit
Avec Freddy Sort de la Nuit, Wes Craven nous offre un Freddy brut de décoffrage, froid, barbare et sanguinaire. Il permet à Robert Englund de démontrer qu’il n’est pas que le bouffon de service qui sait jouer d’autodérision. On frissonne réellement...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Quand la fiction dépasse la réalité. Wes Craven revient aux commandes du monstre qu’il a créé livrant un film s’inspirant des plus grands ouvrages comme Le Portrait de Dorian Gray ou, plus enfantin, Hansel & Gretel afin de nous livrer la vision du monstre qu’il aurait aimé que Freddy ne cesse jamais d’être.

Freddy Sort de la Nuit met en scène l’actrice Heather Langenkamp dans une réalité alternative de ce que pourrait être sa véritable vie. Elle est en proie à d’étranges prémonitions laissant croire que le monstre fictif qu’elle a côtoyé devant la caméra essaie de s’immiscer dans le réel pour achever son travail.

Craven s’inspire des œuvres qu’il aime pour ce septième volet.

Une fois de plus, Craven s’inspire des œuvres qu’il aime pour ce septième volet qui tient une place à part dans la saga. Il y a un côté ouvertement « kubrickien » que l’on retrouve dans le personnage de Dylan, le fils de Heather, qui sera la cible du tueur au visage brûlé. Craven ne nous donne pas ce que nous attendons d’un film Freddy. Il conceptualise au maximum sa créature dévoilant avec parcimonie un Robert Englund totalement métamorphosé au look franchement apeurant. On ne rigole pas une seconde devant ce film, la créature ressort tout ce qu’elle a de plus malsain en elle pour nous insuffler un frisson constant derrière le dos.

La discussion entre Heather Langenkamp et Wes Craven est une scène terriblement emblématique. Elle montre comment le réalisateur se sert de ses cauchemars pour agrémenter son scénario au plus proche de la réalité que ses nuits lui apportent. Il parle d’une source du mal tellement puissante qu’elle aurait la force de s’animer d’elle-même et ne pourrait être vaincue que par une magnificence de cette dernière (référence au fameux Portrait de Dorian Gray). C’est ainsi que l’amalgame entre le rôle au cinéma de Nancy qui arrive à bout de Freddy dans le premier chapitre mais qui se voit vaincu par ce dernier dans le troisième obtient un statut légitime quant au bon ressort de sa présence pour un affrontement final dans une réalité qui va au-delà de la fiction en elle-même. C’est aussi une réflexion forte sur le pouvoir d’un rôle au cinéma où comment un acteur peut se voir marquer à vie par un rôle qu’il aura campé (souvenez-vous de Linda Blair par exemple). Afin de se libérer une fois pour toute du carcan cinématographique qui l’habite depuis son rôle en 1984, Heather devra affronter une métaphore exacerbée de sa plus grande peur (celle de perdre son fils) en la personne de Freddy.

C’est une réflexion forte sur le pouvoir d’un rôle au cinéma.

Comme pour vouloir ancrer son œuvre au plus proche de notre réalité, Craven joue sur la peur vécu par l’humain face à la terreur. Les meurtres sont peu nombreux mais véritablement douloureux plaçant Freddy comme la grande faucheuse de notre conscient collectif (Destination Finale ?). D’une manière générale, le film est, une fois de plus, en avance sur son temps puisque des histoires proposées comme celle-ci auront vite fait de nourrir la créativité des auteurs par la suite (Le Fils de Chucky pour ne citer que lui). Cela dit, des films qui proposaient de voir des démêlées au sein d’une véritable équipe tout en proposant d’en faire une fiction, il y en avait eu bien avant que Wes Craven décide d’y greffer son génie créatif. D’ailleurs, Freddy Sort de la Nuit possède des similitudes plus que flagrantes avec La Nuit Américaine de François Truffaut rajoutant juste des effets violents et sanguinolents pour les besoins de son histoire. La mise en abime du besoin de questionnement quant aux bons procédés de la mise en place d’un film marquant pour la mémoire collective est un exercice de style extrêmement périlleux mais duquel Wes Craven s’en sort avec tous les honneurs.

Avec Freddy Sort de la Nuit, Wes Craven nous offre un Freddy brut de décoffrage, froid, barbare et sanguinaire. Il permet à Robert Englund de démontrer qu’il n’est pas que le bouffon de service qui sait jouer d’autodérision. On frissonne réellement devant la réalité de cette vie où tout est perpétuellement remis en question. L’annihilation de la peur par la peur, un joli tour de force plus que réussi pour Wes Craven.

Informations

Détails du Film Freddy Sort de la Nuit (New Nightmare)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 112 '
Sortie 03/05/1995 Reprise -
Réalisateur Wes Craven Compositeur J. Peter Robinson
Casting John Saxon - Lin Shaye - Robert Englund - Heather Langenkamp - Wes Craven - Miko Hughes
Synopsis Comment le monstre griffu, Freddy, va rattraper ses concepteurs qui pensaient en avoir fini avec lui et leur donner la frousse de leur vie.

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