Critique Red Sparrow

Red Sparrow
Avec Mother! et Red Sparrow, s'annonce le (premier?) grand tournant de sa carrière d'actrice. Suppliciée, souffrante, pantelante, Jennifer Lawrence devient un corps à la merci de ses antagonistes, un corps qui, pourtant, viendra finalement à bout...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par David Speranski

Critique du Film

Jusqu'à présent, Jennifer Lawrence s'était appuyée pour sa carrière sur deux piliers artistico-commerciaux (voire trois), les franchises pour ados (vrais ou grands) représentées par Hunger Games -où elle a trouvé le rôle-phare de Katniss Everdeen - et les X-Men, et les œuvres réalisées par David O. Russell (Happiness Therapy, American Bluff, Joy), ce qui l'a sans doute surprotégée. Avec la fin de sa participation aux franchises, commencent réellement sa carrière de comédienne adulte et peut-être les temps difficiles. Passengers était une sorte de film de transition, vers un personnage mi-ado, mi-adulte, libéré du poids de l'espace et du temps. En revanche, avec Mother! et Red Sparrow, s'annonce le (premier?) grand tournant de sa carrière d'actrice. Suppliciée, souffrante, pantelante, Jennifer Lawrence devient un corps à la merci de ses antagonistes, un corps qui, pourtant, viendra finalement à bout d'eux, inaltérable et inflexible.

Red Sparrow commence plutôt bien avec un montage parallèle assez intrigant de spectacle de ballet et de déambulation solitaire d'un espion américain, rappelant de loin Black Swan ou la séquence de ballet de Passion de Brian de Palma. Certes le trucage de substitution des corps est un peu visible, la ballerine n'ayant manifestement pas la grande taille de Jennifer Lawrence mais l'illusion fonctionne encore dans les dix premières minutes. C'est malheureusement ensuite que le bât blesse, sans jeu de mots: Dominika, danseuse classique prodige, sera blessée à la jambe et devra abandonner sa carrière. Son oncle (Matthias Schoenaerts, un peu jeune pour jouer l'oncle de Jennifer Lawrence) lui propose une mission d'escorte. Cette mission tournera mal, Dominika sera violée, l'homme assassiné et pour épargner la mort à sa nièce, l'oncle ne trouvera guère mieux que l'enfermer dans une étrange école formant les espionnes à de bien singulières pratiques... 

Avec Mother! et Red Sparrow, s'annonce le (premier?) grand tournant de sa carrière d'actrice. Suppliciée, souffrante, pantelante, Jennifer Lawrence devient un corps à la merci de ses antagonistes, un corps qui, pourtant, viendra finalement à bout d'eux, inaltérable et inflexible.

Le film va ensuite s'éterniser de manière totalement non justifiée sur deux heures vingt, entre jeux de dupes, séances éprouvantes de tortures, viols psychologiques et physiques. Pour ceux qui pensaient que Jennifer Lawrence avait trouvé en Red Sparrow le grand thriller psycho-sexuel qui allait la mettre au niveau de Sharon Stone dans Basic Instinct, ils déchanteront très vite. Le film ressemble davantage à un film d'espionnage classique de la Guerre Froide, à la manière de John Le Carré, où il s'agit de trouver et de dénoncer une taupe dans le système soviétique. On sent malheureusement Francis Lawrence (le metteur en scène de trois volets de Hunger Games, certes pas un foudre de guerre) assez peu à l'aise dans cette mécanique scénaristique de faux-semblants et d'accents russes improbables. Il parvient à mettre en scène assez convenablement le twist final mais tout le reste se traîne en d'horribles scènes de tortures se voulant réalistes et des démonstrations de voyeurisme servant de prétexte à exhiber la splendide plastique de Jennifer Lawrence sous toutes ses coutures.

Alors que Mother! est un film d'auteur, foisonnant et passionnant, qui sera sans doute réévalué fortement avec le temps, Red Sparrow n'a pour principal intérêt que d'être une sorte de documentaire sur Jennifer Lawrence, son corps et son jeu d'actrice. Pris sous cet angle, Red Sparrow peut devenir intéressant car il se concentre sur l'une des actrices les plus en vue de notre époque et sur la manière dont elle s'est réapproprié son corps et sa nudité, après le scandale de ses photos hackées par un délinquant, prodige de l'informatique. C'est sans doute la raison pour laquelle Red Sparrow est hyper-sexualisé et que Jennifer Lawrence semble vouloir, comme dans Mother!, être mise à l'épreuve, voire martyrisée dans une scène sur deux ou trois. Comme si elle avait besoin d'expier quelque chose dont elle n'est absolument pas coupable, la beauté de sa jeunesse.

Informations

Détails du Film Red Sparrow
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Espionnage
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 04/04/2018 Reprise -
Réalisateur Francis Lawrence Compositeur James Newton Howard
Casting Jeremy Irons - Jennifer Lawrence - Joel Edgerton - Matthias Schoenaerts
Synopsis Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

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