Critique L'enfant du Cauchemar (A Nightmare on Elm Street 5 : The Dream Child)

L'enfant du Cauchemar
L’enfant du Cauchemar de Stephen Hopkins divise encore les fans aujourd’hui. Il renferme une réelle volonté de vouloir pousser un simple gimmick amusant vers un niveau supérieur de forme artistique à l’univers gothique qui propose une vraie...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

L’enfant du Cauchemar est probablement l’épisode de la saga Freddy qui possède la force visuelle la plus forte. Confié aux mains, peu expérimentées à l’époque, de Stephen Hopkins (Predator 2, Blown Away), il en ressort un film à l’esprit volontairement gothique pour une naissance hors du commun.

Au-delà de la naissance du fils de Freddy, on assiste surtout à la renaissance du monstre au début des années 90.

Au-delà de la naissance du fils de Freddy, on assiste surtout à la renaissance du monstre au début des années 90. Son maquillage est nettement mieux soigné. Il jouit d’une image terrifiante qui le renvoi aux intentions premières élaborées par Craven. Seulement, ses pitreries ne relèveront pas le niveau, quoiqu’il y a tout de même un peu plus de retenues dans les vannes graveleuses. Ce cinquième volet est aussi le premier à concentrer toute son histoire en tenant compte des événements du précédent film. Il y a une véritable continuité dans les péripéties rencontrées par Alice et le tout ajoute un véritable galon positif à l’œuvre. Freddy s’octroie son délire Rosemary’s Baby et déboussole quant aux réactions qu’il propose. Il semble s’assagir voulant clairement retrouver sa puissance dans ce bébé désiré. En contre parti il offre tout de même de beaux meurtres anthologiques comme l’auto-cannibalisme ou le personnage transformé en héros de bande-dessinée.

Il y a un attrait « cronenbergien » qui découle de ce film.

Il y a un attrait « cronenbergien » qui découle de ce film. Une espèce de fascination sur la mutation des corps. A commencer par Alice et sa grossesse qui amènera forcément un changement physique mais également dans la manière d’aborder le personnage de Freddy. Il renferme un mystère à la limite du pudique dans sa façon d’être et c’est d’autant plus troublant que sa gestuelle et sa posture générale perd le spectateur qui ne retrouve pas les codes qu’il connaissait avec lui. Et il y a surtout la fameuse mécanisation de l’homme en général au travers probablement l’une des plus belles scènes meurtrières que la saga nous ai offerte jusqu’alors. L’homme qui fusionne douloureusement avec sa moto renvoie aux changements que connaissait la société à l’aube des 90’s. Les années 80, période atypique pleine de promesses et de léthargie qui distillait ses progrès au compte-goutte, se sont envolées laissant la nouvelle décennie éclater tous les progrès au grand jour. Il y a une vraie valeur philosophique derrière cette fusion des corps qui surprend puisque c’est la première fois qu’un film Freddy essaie d’avoir une valeur morale. L’enfant du Cauchemar surprend par sa dimension riche qui joue à fond la carte des métaphores bibliques que Renny Harlin essayait de ne pas trop mettre en avant sur le quatrième volet. En ce sens, l’envie nettement plus conceptualisée d’élever le niveau n’a pas du tout plu à bon nombre de spectateurs (c’est en général l’épisode préféré des personnes aimant les films un peu plus cérébraux). C’est ce qui pose le problème d’insatisfaction soulevé lors du quatrième film : on n’avance pas dans l’histoire du détracteur mais quand on le fait avec un tant soit peu d’originalité, ça ne plait pas.

Ce coup critique dur sonnera la fin de la série télévisé de Freddy, après deux saisons, puisque les bouffonneries du personnage se seront noyées dans les intentions parfaitement sincères et belles de Hopkins. Ce cinquième épisode prouve la grande originalité de la saga qui s’est toujours attribuée la personnalité de l’auteur qui officiait derrière la caméra. L’univers de Freddy s’étend parfaitement au-delà du simple plaisir qu’il y a à créer un divertissement horrifique : l’horreur peut être magnifiée et preuve en est avec cet enfant du cauchemar.

L’enfant du Cauchemar divise encore les fans aujourd’hui. Il renferme une réelle volonté de vouloir pousser un simple gimmick amusant vers un niveau supérieur de forme artistique à l’univers gothique qui propose une vraie forme de création. Surprenant et beau, ce cinquième volet se rapproche beaucoup des films d’horreur à ambiance comme peuvent l’être Shining de Stanley Kubrick ou plus récemment The Lords of Salem de Rob Zombie. Décidemment, ce Krueger a plus d’un tour sous son chapeau.

Informations

Détails du Film L'enfant du Cauchemar (A Nightmare on Elm Street 5 : The Dream Child)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 90 '
Sortie 05/08/1990 Reprise -
Réalisateur Stephen Hopkins Compositeur Aucun
Casting Robert Englund - Lisa Wilcox - Danny Hassel - Whitby Hertford - Kelly Jo Minter
Synopsis L'ignoble Freddy a encore trouvé un moyen pour venir hanter les cauchemars des enfants de Elm Street : il se réincarne dans le bébé qu'attend Alice, celle qui l'avait pourtant vaincu dans le précédent épisode. Il arbore à nouveau crânement son chapeau, son pull rayé et ses longues griffes aiguisées et Alice aura fort à faire pour le ramener dans le sinistre asile psychiatrique où il fut conçu.

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