Critique Tomb Raider

Tomb Raider
Au-delà d'une quête programmatique des origines qui s'imposait, Tomb Raider s'affirme comme le manifeste d'un féminisme naturel, destiné et dédié aux femmes normales, n'ayant pas besoin des atouts masculins pour s'imposer.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Le nouveau volet de la franchise Lara Croft est un peu attendu au tournant. Quinze ans après le précédent volet (Lara Croft : Le Berceau de la vie), Tomb Raider s'annonce comme un reboot total. Il s'agit de remonter vers les origines de la franchise quelques années auparavant. Une nouvelle actrice plus jeune, une autre histoire, un autre style de mise en scène. Tout change ou presque. Que reste-t-il de Lara Croft dans cette métamorphose?  

Au-delà d'une quête programmatique des origines qui s'imposait, Tomb Raider s'affirme comme le manifeste d'un féminisme naturel, destiné et dédié aux femmes normales, n'ayant pas besoin des atouts masculins pour s'imposer.

A l'origine, Lara Croft est une héroïne de jeux vidéos, la première qui ait réellement fait reculer le machisme ambiant dans ce type de productions. Grâce à elle, une femme pouvait se montrer pour la première fois dans les jeux vidéos, forte, surpuissante, bombe sexuelle. Elle en imposait à tous et Angelina Jolie, dans la lignée de cette représentation, était l'incarnation idéale au cinéma de cette "surfemme", inaltérable et invincible. 

En repartant aux origines du personnage, on découvre une Lara Croft bien différente. Elle n'est plus (ou plutôt pas encore déjà) archéologue patentée ; étudiante rebelle ayant quitté la faculté, elle vivote en livrant des plats à domicile à vélo, tout en prenant des cours de boxe. Dans aucune de ces situations, elle n'apparaît comme une future super-héroïne. Bien au contraire, elle touche le sol plus que de raison, terrassée ou déstabilisée, fragile et vulnérable. Ce n'est qu'au cours des épreuves, (aidée aussi par la chance), qu'elle révelera en définitive ses capacités exceptionnelles. 

Roar Uthaug, cinéaste norvégien auparavant spécialisé dans le cinéma d'horreur ou de catastrophe, a changé radicalement le style de la franchise, le spectateur y gagnant au change. Contrairement aux films de Simon West ou Jan De Bont, où les scènes gratuites d'action s'accumulaient sans queue ni tête, Tomb Raider, un peu à la manière de Batman begins, bénéficie d'une véritable construction scénaristique (Lara y  adopte d'abord comme arme l'arc d'Hunger Games mais on y découvrira d'où viennent les fétiches du personnage, les deux pistolets, la tresse, etc.), les scènes d'action y occupant au bout du compte peu de place, essentiellement dans la seconde partie sur l'île. Pendant une grande partie du long métrage, Lara Croft, orpheline par sa mère, avant de signer des papiers la désignant héritière de l'empire industriel des Croft, décide de partir à la recherche de son père, disparu dans une quête de la sépulture de la reine maléfique Himiko, gisant dans une île au sud du Japon.  

Même si le style de Roar Uthaug ne fait guère d'étincelles, il mène très convenablement son récit, mettant en valeur la performance de son interprète, Alicia Vikander qui parvient à réinventer complètement son personnage.  Alors qu'elle est plus âgée (29 ans) qu'Angelina Jolie (26 ans) lorsque cette dernière a endossé le rôle, Alicia Vikander rajeunit le personnage d'une bonne dizaine d'années. Elle modifie le personnage par l'âge mais également par la mise en avant de son plus grand atout qui est son intelligence, bien plus que son énergie ou sa force. Là où Angelina Jolie terrassait ses adversaires par sa force, Alicia Vikander mise sur sa rapidité, son esprit et son sens de l'anticipation. Ce faisant, elle dessine une autre représentation de Lara Croft, plus adaptée à notre époque. 

Lors de la création du jeu vidéo et des premières adaptations au cinéma, il fallait marquer le coup, rendre compte d'une femme forte, quasiment invulnérable, hyper-sexuée et physiquement impressionnante. Aujourd'hui, le féminisme n'a plus besoin de cette démonstration viriliste de la force. Il peut se contenter aujourd'hui de se faire représenter par une jeune femme au physique gracile d'adolescente, sans que cela soit le moins du monde rédhibitoire. Alicia Vikander, excellente comédienne et bonne lectrice de scénarios, s'en est bien rendu compte. Autour d'elle, à l'exception d'une Kristin Scott Thomas un peu trouble, tous les hommes sont consternants, Dominic West en père déclinant, Walton Goggins en méchant effrayant ou Daniel Wu en acolyte un peu défaillant, ce qui permet à Lara Croft de briller sans difficultés. Au-delà d'une quête programmatique des origines qui s'imposait, Tomb Raider s'affirme comme le manifeste d'un féminisme naturel, destiné et dédié aux femmes normales, n'ayant pas besoin des atouts masculins pour s'imposer. 

Informations

Détails du Film Tomb Raider
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure
Version Cinéma Durée 118 '
Sortie 14/03/2018 Reprise -
Réalisateur Roar Uthaug Compositeur Junkie XL
Casting Dominic West - Derek Jacobi - Kristin Scott Thomas - Daniel Wu - Alicia Vikander - Walton Goggins
Synopsis Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d'innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir "Tomb Raider"…

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques